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Tribune

"La décarbonation du secteur de la santé doit devenir une priorité"

©sfam_photo/Shutterstock

Sensible aux questions de santé environnementale depuis sa création en juillet 2020, le collectif Santé en danger a recensé toutes les initiatives menées sur le territoire français qui contribuent à réduire l’empreinte carbone des établissements de santé. Dans cette tribune, l'association fait part de ses propositions pour que le secteur de santé oeuvre pour lutter contre le réchauffement climatique.

Selon le rapport concernant l’impact du secteur de la santé sur l’environnement réalisé par The Shift Project (novembre 2021), le secteur de la santé, à lui seul, est responsable de 8% des émissions de gaz à effet de serre (GES), soit 50 millions de tonnes de CO2 par an, de notre pays. 54% de ses émissions sont provoquées par l’achat de médicaments et de dispositifs médicaux, 20 % le sont par les transports (de soignants et de patients) et 8% par l’alimentation.

Le secteur de la santé dépend “d’énergies fossiles qui se raréfient et aggravent un problème climatique majeur à travers les émissions de GES que génèrent leur combustion (CO2) ; d’un approvisionnement en denrées alimentaires et donc un lien important avec l’agriculture ; de mobilités et de flux de matières sur de longues distances qui dépendent aujourd’hui à 95% du pétrole et l’exposent par ailleurs particulièrement à de nouveaux chocs sanitaires ou géopolitiques”.

Les hôpitaux français, à eux seuls par exemple, consomment environ 800 litres d’eau et émettent en moyenne 87,5 kg d’équivalent CO2 par lit et par jour. Ce chiffre, avancé par le Comité pour le Développement Durable en Santé (C2DS), est à comparer avec les 20 kg par habitant émis quotidiennement en France.

Il est donc nécessaire dès aujourd’hui de mettre en œuvre d’importantes transformations. Notre système de santé doit s’adapter afin de répondre aux enjeux environnementaux et les professionnels de santé ont un rôle à jouer.

Des initiatives à l'échelle locale

En tant qu’acteurs de prévention et de promotion de la santé, ils ont un rôle d’exemplarité et d’ambassadeur auprès des usagers. D’aucuns ont initié la démarche en changeant en profondeur leurs pratiques en santé et leurs comportements professionnels afin de devenir des exemples institutionnels. Les leviers d’action sont connus. De simples mesures telles que la mise en place d’éclairages basse consommation avec détecteurs de présence jusqu’aux projets plus complexes tels que la révision complète des politique d’achats ont vu le jour ces dernières années dans nos établissements de santé.

Mais à ce jour, les initiatives sont personnelles ou associatives, locales, voire à l’échelle d’un établissement isolé. Leur mise en place et pérennité dépendent largement des bonnes volontés individuelles. Elles sont souvent portées par des soignants, sensibilisés à l’épargne écologique et économique, mais peu répliquées par défaut de logistique nationale et de volonté politique. Il paraît nécessaire, pour commencer, que chaque établissement sanitaire désigne un référent développement durable pour coordonner ce projet ambitieux et initie un état des lieux en réalisant son propre bilan carbone.

"Santé sans environnement n'est que ruine humaine"

Il pourra ensuite agir sur les différents aspects suivants : l’écoconception des bâtiments, la gestion de l’énergie, le tri, la collecte, la valorisation et la diminution des déchets, une alimentation issue d’un système de production durable et de qualité, la formation initiale et continue de ses professionnels, la qualité de l’air et l’entretien des locaux, une politique d’achats responsable et durable, ou encore un plan mobilité ambitieux.

Les faits sont clairs, déclare Christophe Cassou, climatologue, directeur de recherche au CNRS et coauteur du rapport du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat ).

Ne pas être à la hauteur est aujourd’hui irresponsable. Il faut réduire nos émissions de gaz à effet de serre de manière immédiate, soutenue dans le temps et dans tous les secteurs. Pas dans trois ans, maintenant !”

Santé sans environnement n’est que ruine humaine. Réduire notre empreinte climatique permettra une épargne économique et écologique. Sans délai, une mutualisation des bonnes pratiques s’impose. A l’instar de la santé, l’environnement impose que l’on dépasse l'esprit partisan de nos politiques souvent contraire à l’intérêt général. Préserver l’environnement, c’est préserver notre santé.

Collectif Santé en danger.

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Merci ! #TousActeurs.