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Chronique

Établissement français du sang : en Bretagne, objectif zéro bouteille en plastique dès 2020

Bruno Danic, directeur de l'EFS Bretagne
©Etablissement français du sang

Plus une seule bouteille en plastique à compter du 1er janvier 2020 sur l’ensemble des collectes de sang, tel est l’objectif de l’EFS Bretagne. Bruno Danic, directeur de l’établissement de transfusion sanguine de Bretagne raconte à ID cette démarche répondant à une ambition internationale au sein de l’Établissement français du sang.

Vous avez lancé une expérience pilote dans le but de supprimer progressivement les bouteilles en plastique sur l’ensemble des collectes de don, par quoi vont-elles être remplacées ?

Ce qu’il faut préciser au préalable, c’est que nous avons l’obligation de veiller à une bonne hydratation des donneurs, et nous devons les faire boire avant et après le don. Ce qui était vécu comme un avantage pour le personnel de santé, c’était que la bouteille en plastique pouvait avoir un volume d'eau qui était identifié, en l'occurrence le 500 ml. Et la réflexion qu’on a du avoir et qui a mobilisé l’ensemble des équipes, c’est qu’il fallait garantir cette sécurité. Trouver des contenants permettait de mesurer le volume avec un impact favorable sur l'environnement. Donc on a fait dans un premier temps une expérience pilote qui était d’utiliser du plastique recyclable, du polypropylène, pour que ce soit à la fois réutilisable et recyclable. Quand on a interrogé aussi bien le personnel, que les donneurs, sur cette première expérience pilote, ils ont dit qu’à leurs yeux, ce n’était pas suffisant, ça restait du plastique. Donc là, pour la généralisation en janvier, on envisage de passer à des contenants en verre.

Le président de l’EFS, François Toujas, a vraiment l’ambition de ne plus avoir de bouteilles plastiques sur toutes les collectes à la fin 2020

Quelles sont les nouvelles contraintes, et comment s’organise ce type de transition ?

Cela mobilise beaucoup de services, parce qu’il faut l’adhésion du personnel pour être sûr qu’il n’y ait pas de régression d’un point de vue sécurité, même si on gagne en éco-responsabilité. Il a fallu l’intégrer dans notre organisation, donc y va progressivement. Les bouteilles d’eau données à un donneur à l'accueil rendaient visible pour le médecin le volume qui était bu. Il a fallu intégrer dans le dispositif, des fontaines à eau qui soit relié au réseau d’eau de ville, avec un volume d’eau automatique distribuable pour garantir le volume minimum à boire, et un contrôle à toutes les étapes. L’enjeu va être un peu plus important et compliqué, car il va falloir trouver ce système de fontaine qui soit relié au réseau d’eau de ville et on ne va pas l’avoir systématiquement sur l’ensemble de nos lieux de collecte. Le président de l’EFS, François Toujas, a vraiment l’ambition de ne plus avoir de bouteille plastique sur toutes les collectes à la fin 2020, et le challenge pour nous va vraiment être sur les collectes mobiles.

Qu'est-ce que cela représente à votre échelle et à l’échelle nationale ces bouteilles en plastique ?

À l’échelle nationale, nous avons 3 millions de dons chaque année. Concrètement, c’est entre 3 et 5 millions de bouteilles plastiques utilisées chaque année à l’ESF. Si vous prenez à l’échelle de la Bretagne, on est pas loin de 300 000 bouteilles en plastique utilisées chaque année. Et sur les maisons du don déjà, on va diminuer de 30 à 40 % selon les établissements, très rapidement début 2020, mais l’ambition c’est que ces 3 à 5 millions de bouteilles en plastique soient supprimées partout d’ici fin 2020. En Bretagne au 1er janvier, on aura une diminution de 100 000 bouteilles en plastique, par rapport à l’année 2019.

Remplacer un matériau par un autre ne se fait pas du jour au lendemain, c’est un premier pas significatif, mais il y a énormément de travail, on en est conscient.

Quel a été le cheminement de cette décision ? 

L’établissement français du sang est un établissement public, donc il est tenu également à mettre en place une politique de développement durable, conformément au PMAE qui est demandé à chaque ministère et aux entreprises publiques et administration qui dépendent de ces ministères. Aussi, il y a une politique de développement durable, ici par exemple l’EFS en Bretagne, nous sommes déjà certifiés dans ce domaine, pour autant cela ne suffit pas, ce n’était pas forcément les priorités qu’on avait identifié au démarrage dans notre politique, mais il y a eu une forte demande des donneurs eux-mêmes qui déclarent que ce n’est pas compatible avec l’image qu’on l’on a de l'établissement français du sang. C’est donc la conjonction des deux, une démarche continue et progressive dans le temps mais une forte pression montante également des donneurs de sang, et des personnels en interne sur laquelle on peut s’appuyer à la fois pour avoir de nouvelles idées, mais aussi pour avancer rapidement sur ces questions.

Y a-t-il d'autres aspects sur lesquels l'EFS travaille ? 

Il y a d’autres aspects sur lesquels on travaille et qui sont importants, étant donné qu’on a énormément de collectes mobiles. On utilise donc beaucoup de véhicules et là aussi on a une politique de remplacement d’une flotte récente qui soit la moins polluante possible, et de remplacement progressif de cette flotte par des véhicules. Sur la question des plastiques, on est également très dépendant des fournisseurs. On a du matériel stérile dont il faut garantir la sécurité, et cela veut dire que les contenants sont en plastique, les poches de sang aussi, qui sont eux-mêmes enveloppés de plastiques qui génèrent des déchets. Nous avons deux axes par rapport à ça : mettre en place les filières qui garantissent tant que possible le recyclage avec un choix de matériaux qui intègrent ces politiques de développement durable et puis nous pouvons faire pression mais c’est plus long, car très concrètement dans ce domaine, on a des fournisseurs qui sont souvent internationaux et sur lesquels la pression qu’on peut avoir est limitée. Remplacer un matériau par un autre ne se fait pas du jour au lendemain, c’est un premier pas significatif, mais il y a énormément de travail, on en est conscient.

Pourquoi est-ce votre région qui a été désignée comme pilote dans cette évolution ?

Il y a d’autres initiatives qui sont dans d’autres régions, mais nous avons été les premiers à dire qu’au 1er janvier il n’y en aura plus du tout sur l’ensemble des maisons du don. On a peut-être été un peu le symbole de cette démarche au niveau national, mais elle n’est pas initiée uniquement en Bretagne, elle est également initiée dans la région Grand-Est, Auvergne-Rhônes-Alpes, en Haute-France, Normandie, Bourgogne-Franche-Comté… Donc c’est vraiment une démarche très générale au sein de l’EFS. Il n’y a pas de particularité de la Bretagne dans ce domaine, c'est une question de semaine ou de mois pour les autres. 

Une interview réalisée en partenariat avec France Inter : pour écouter la chronique Social Lab, c'est par ici :

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