Organisé par la Délégation au Numérique en santé, le Comité citoyen qui réunit une vingtaine de personnes représentatives de la société française a réfléchi pendant trois week-ends au rôle que doivent jouer les pouvoirs publics en matière de lutte contre la désinformation en santé. Leur "objectif principal" est de "valoriser la diffusion d'informations en santé fiables et de qualité plutôt que d'essayer de vider l'océan des fausses informations", résume leur avis, présenté mercredi au ministère de la Santé.
Ces citoyens appellent à développer une communication "fiable, compréhensible par tous et innovante", qui distingue clairement une "information scientifique validée" d'un "fait" (tel qu'une guérison non expliquée par la science) ou "une pratique fondée sur un ensemble de témoignages". Ils souhaitent voir créé un "indice de fiabilité en santé", aux contours encore flous, qui évaluerait "la méthode de production de l'information".
"Risques importants de confusion"
Cet indice permettrait de "clarifier l'information sur les pratiques non-conventionnelles" - non validées par la science, telles qu'hypnose, acupuncture, naturopathie... - avec un message clair : on peut y recourir "en complément, mais jamais à la place du traitement conventionnel", écrivent-ils. Les citoyens ont en effet constaté des "risques importants de confusion" entre pratiques conventionnelles et non conventionnelles, notamment au sein des maisons de santé. Car, dans ces dernières, se côtoient parfois médecins et praticiens aux méthodes non validées: elles devraient s'intituler "maison de santé et de bien-être", estime le Comité.
Pointant un "manque de coordination" entre les acteurs -agences sanitaires, sociétés savantes... - le rapport propose de créer une "base nationale des intervenants et des ressources en information et prévention en santé". Etablissements scolaires, structures de formations ou acteurs associatifs pourraient l’utiliser. Côté juridique, le Comité appelle à davantage réguler les plateformes et à sanctionner la désinformation, tout en protégeant les professionnels de santé lorsqu'ils font l'objet de harcèlement ou de menaces.
Il propose aussi d'envisager la création d'une "infraction spécifique de fausse information sanitaire mettant en danger la vie d’autrui". Ces recommandations vont être "analysées et intégrées autant que possible" dans la stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé, annoncée début janvier par le gouvernement, a assuré à l'AFP la Délégation au Numérique en santé.
Avec AFP.