Plus de 6 % des adultes français vapotent quotidiennement, soit 3 millions de personnes, selon le Baromètre de Santé publique France de 2024.
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Santé

Cigarette électronique : quels dangers pour la santé et l'environnement ?

Présentée comme une alternative au tabac, la cigarette électronique n’est pas sans risques. Dans une note très attendue, l’Agence nationale de sécurité sanitaire reconnaît l’intérêt d’un usage transitoire, tout en alertant sur de possibles effets sanitaires liés au vapotage. On fait le point.

C'était une publication très attendue, mais dont les conclusions n'étonnent pas vraiment. L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a publié le mercredi 4 décembre une note sur les risques du vapotage pour la santé. Après l'examen de plus de 2 800 études scientifiques, l'établissement public alerte sur cette pratique qui prend de plus en plus de place dans le quotidien des Français.

Depuis son arrivée en 2006, le produit a convaincu de nombreuses personnes, fumeuses ou non. Plus de 6 % des adultes français vapotent quotidiennement, soit 3 millions d'individus, selon le Baromètre de Santé publique France de 2024. Fraise, barbe à papa, pêche… Les nombreux goûts des e-liquides attirent petits et grands. Mais derrière la richesse de saveurs, l'Anses juge que 106 substances sont "particulièrement préoccupantes", sur les 1775 présentes dans les aérosols.

Entre risques cardiovasculaires et cancérogènes

Même si l'organisme reconnaît l'intérêt d’un usage transitoire pour les fumeurs, il pointe les risques sanitaires à moyen et long terme du vapotage. Les produits contenant de la nicotine sont plus précisément visés pour leurs effets cardiovasculaires, notamment l'augmentation de la pression artérielle. L’agence précise néanmoins que ces modifications sont réversibles et n’établit pas de lien formel avec les coronaropathies, l'hypertension ou des accidents vasculaires.

De possibles conséquences "sur les voies respiratoires" et sur la "cancérogenèse" pour les produits avec et sans nicotine sont également relevées par l'Anses. Les substances mises en cause sont les aldéhydes, reconnues pour "leurs effets toxiques, notamment cancérogènes". L’agence reste tout de même prudente car les connaissances sur le vapotage sont moins fournies que celles sur le tabac.

Au-delà des questions strictement sanitaires, les motivations liées à la cigarette électronique soulèvent des inquiétudes. Outre le sevrage du tabagisme, les raisons pour lesquelles les Français vapotent sont multiples : coût moins élevé, plaisir sensoriel et même protection du fœtus durant la grossesse. Néanmoins, l’Anses rappelle que la vape peut troubler son développement. Les jeunes sont également sensibles à l’effet de mode et à la nicotine, ce qui crée une dépendance précoce. 

Quid de l'environnement ?

Si l'organisme alerte sur les risques sanitaires du vapotage, l'impact environnemental de la pratique est également non négligeable. Selon l'antenne britannique de Greenpeace, 5 millions de vapoteuses finissent à la décharge chaque semaine dans le pays. Le problème majeur : en plus de la présence de plastique à usage unique, les cigarettes contiennent des batteries en lithium. Ces déchets électroniques nécessitent un traitement particulier, sans quoi un risque d'incendie et de déversement de lixiviats toxiques est probable. 

Même si le vapotage émet moins de gaz à effet de serre que le tabac, il pollue tout de même. La cigarette électronique ne produit pas de combustion, mais chaque bouffée rejette du formaldéhyde et des métaux lourds. Selon une étude publiée dans Air Quality, Atmosphere and Health, les pièces en plastique libèrent également des substances chimiques dans l'atmosphère sous l'effet de la chaleur. Présenté comme une alternative saine au tabac, le vapotage apparaît ainsi comme un phénomène aux conséquences préoccupantes.