question de la semaine

Deux plats végétariens à la cantine chaque semaine : on en est où ? 

©ercan senkaya / Shutterstock

Ce début de semaine, ID vous a demandé votre avis concernant l'instauration de deux repas végétariens dans les cantines scolaires chaque semaine, une mesure voulue notamment par Greenpeace. Si aujourd'hui, les plats "végé" s'invitent peu à peu dans les selfs de nos enfants, où en est-on vraiment ? 

"Il faut revenir à une consommation raisonnée et raisonnable de viande animale, nous en consommons en moyenne trop et c’est néfaste à la fois pour notre santé et pour la planète", selon l'une de nos lectrices. Ce début de semaine, nous vous avons posé la question suivante : "Faut-il rendre obligatoire, non pas un, mais plusieurs repas végétariens par semaine dans les cantines scolaires ?". Sur plus de 165 votants, vous avez été une large majorité à répondre par la positive : "oui, un repas végétarien par semaine ce n’est pas assez pour réduire sa consommation de viande" (87 % des votants, à date de publication de cet article).

Faut-il rendre obligatoire non pas un mais plusieurs repas végétariens par semaine dans les cantines scolaires ?

Choix

Mais où en est-on dans ce débat ? 

En septembre dernier, l’Assemblée nationale a donné son feu vert à une expérimentation de deux ans, imposant un menu végétarien par semaine à la cantine et ce, malgré l’avis défavorable du gouvernement et notamment l’opposition farouche du ministre de l’Agriculture. En octobre dernier, Didier Guillaume arguait sur C-News que "dans la restauration collective, les gens doivent manger ce qu’ils veulent. Moi, je suis opposé aux repas de substitution, je suis opposé à une journée de repas végétarien."

Depuis, les municipalités mettent en place les unes après les autres ces "menus végé" dans leurs selfs scolaires. L’expérimentation imposant cette mesure dans toutes les écoles du pays d’ici le mois de novembre prochain. Grenoble, Limoges, Montpellier, entre autres ont déjà enclenché le mécanisme, tandis que certaines communes vont plus loin comme Lille par exemple qui propose depuis juin dernier, non pas un, mais deux repas végétariens par semaine à ses jeunes Lillois. Dans les cantines strasbourgeoises, le choix est plus large : la ville est l’une des rares à proposer chaque jour quatre menus, et ce depuis les années 90. Un repas "standard", un repas Halal, un repas sans porc et enfin un repas végétarien sont laissés au choix des élèves.

Que veut Greenpeace ?  

Actuellement en plein "Veggie tour", l’ONG de défense environnementale Greenpeace plaide la mise en place de deux repas végétariens par semaine dans les cantines scolaires.  

La pétition de l’ONG, "Moins de viande et plus de bio", a recueilli près de 170 000 signatures. "Aujourd’hui, deux fois trop de viande et de produits laitiers sont servis aux enfants dans les cantines scolaires, en comparaison des quantités recommandée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), dénonce le texte de Greenpeace. Cette aberration a des effets dévastateurs sur la planète (l’élevage est responsable de 14,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre), mais aussi sur la santé des enfants, entraînant entre autres surpoids et obésité."

L’ONG a, par ailleurs, mis au point une carte interactive pour connaître les régimes établis dans les cantines de chaque ville.

Pourquoi le débat divise-t-il ?

En 2016, l’ANSES écrit "d’après une étude menée en 2005-2006" sur l’offre alimentaire des établissements scolaires : "les produits riches en graisses sont limités en entrée et en dessert et des fruits, des légumes ainsi que des féculents sont régulièrement proposés. Cependant, des efforts restent nécessaires sur la qualité des plats principaux : manque de poisson, de viandes rouges, trop de plats riches en graisses…"

Mais en 2017, un texte actualisé précise que "l’Agence insiste sur la nécessité de réduire considérablement la consommation de charcuteries (telles que le jambon, saucisson, saucisse, pâté, etc.) afin qu’elle ne dépasse pas 25 g par jour. La consommation de viandes hors volailles (telles que le bœuf, porc, agneau, etc.) devrait quant à elle ne pas dépasser 500 g par semaine. L’intérêt d’une consommation bihebdomadaire de poissons, dont un poisson gras (tel que la sardine, le maquereau, etc.), est réaffirmé."

De son côté en septembre dernier, Greenpeace expliquait la controverse notamment par le poids des lobbysauprès de Libération : "Les maires gèrent la restauration de leurs écoles. Ils sont confrontés à des textes et des recommandations complexes qui les incitent à proposer des protéines animales à chaque repas”, selon Laure Ducos de l'ONG, "les lobbys de l’agroalimentaire interviennent dans les instances qui rédigent les recommandations nutritionnelles".

Avant cela, Delphine Ducoeurjoly, auteure du Guide pratique pour une restauration collective bio, appelait à la précaution quant aux repas végétariens dans une tribune publiée sur le Figarovox : "Quant à l’assiette végétarienne, encore faudrait-il qu'elle soit bio pour être bonne ! Les engrais et pesticides chimiques de synthèse nécessitent le recours massif aux énergies fossiles pour leur fabrication. Ils polluent les captages d'eau potable, diminuent la fertilité naturelle des sols et fragilisent de très nombreuses espèces animales et végétales. Les produits phytosanitaires sont tout aussi dangereux pour la santé des agriculteurs et des consommateurs."

Et vous dans tout ça ?

Un aspect que l’un des lecteurs d’ID n’a d’ailleurs pas manqué de souligner : "bonne idée, mais attention à ne pas transformer les produits carnés par des produits ultra-transformés. À Lille, il y a deux repas végétariens par semaine, mais la composition laisse parfois à désirer". 

Auprès de notre lectorat, les avis divergent malgré une majorité favorable à ces doubles menus végétariens : "Les repas sans protéine animale sont plus adaptés le soir. Donc je ne suis pas favorable à cette proposition", à un autre internaute de répondre, "les végétariens n’ont pas de problème de carence donc pourquoi ce serait problématique de remplacer deux repas le midi par de la protéine végétale ?”. Si certains d'entre vous sont totalement contre - "Non ! Pensez aux allergies aux légumineuses" -, d’autres considèrent qu’un repas végétarien par semaine est déjà un pas en avant - "déjà un repas avec la pédagogie qui va avec serait une grande avancée".

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