Le président de la République Emmanuel Macron.
©Alberto Pizzoli/AFP
Politique

Un bilan environnemental contrasté pour Emmanuel Macron

Du "Make our planet great again" à l'abandon d'EuropaCity ou la volte-face sur le glyphosate, le bilan environnemental d'Emmanuel Macron brille plus à l'international qu'en France, où il reste contrasté, jugent des experts.

"Nous devons forger un nouveau modèle de production et inventer de nouvelles façons de nous déplacer, de nous nourrir, de produire", disait le programme du candidat Macron en 2017. Cinq ans plus tard, le gouvernement aura fermé trois des quatre dernières centrales à charbon françaises. Il a imposé une part d'aliments bio dans la restauration collective, renoncé à de grands projets symboliques, mais consommateurs de terre comme l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ou EuropaCity. Il a aussi promu l'usage du vélo dans les déplacements du quotidien ou encore financé largement la rénovation partielle de logements.

Le gouvernement a également adopté une loi pour l'économie circulaire, qui vise à réduire les plastiques à usage unique et à lutter contre le gaspillage, alimentaire comme d'objets, et la loi "Climat et résilience" face au changement climatique. "L'écologie a été un des moteurs importants de l'action de l'Etat pendant ces cinq ans", assurait récemment la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili. Après son élection, Emmanuel Macron a riposté au retrait annoncé des Etats-Unis de l'Accord de Paris et lancé "make our planet great again" ("Rendons sa grandeur à notre planète"), se plaçant en champion du climat sur la scène internationale. La France est "en fer de lance" sur le climat et la biodiversité et a pu "porter des coalitions, faire avancer les négociations" internationales, estime Gilles Kleitz, de l'Agence française de développement (AFD). Elle pousse pour la protection de 30 % de la planète.

Un bilan critiqué 

Pour autant, "il est impossible de dire que le président est écologiste", commente Simon Persico, professeur à Sciences Po Grenoble. Emmanuel Macron "s'inscrit dans la lignée de ses prédécesseurs avec des politiques environnementales très modérées, faisant une grande confiance à des innovations technologiques futures", poursuit-il. La France s'est engagée à réduire ses émissions de CO2 de 40 % d'ici à 2030 comparé à 1990. Mais le "budget carbone" pour 2015-2018 a été dépassé, ce qui a valu une condamnation de l'Etat en justice dans l'"Affaire du siècle". Le gouvernement a rehaussé les plafonds pour 2019-2023, reportant de fait l'effort à accomplir, rappelle Anne Bringault de Réseau action climat (RAC), une coalition d'ONG.

Le Haut Conseil pour le climat (HCC), organe indépendant voulu par Emmanuel Macron, relève que la France n'est pas sur la bonne voie pour respecter ses engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre. En revanche, le plan de relance post-pandémie "est bien positionné à l'échelle mondiale", avec un tiers (28 milliards d'euros) destiné à la baisse des émissions, relève-t-il.

Des tentatives avortées 

Le début du quinquennat été marqué par plusieurs initiatives de consultation - Assises de la mobilité, Etats généraux de l'alimentation - jusqu'à la Convention citoyenne pour le climat, dont une majorité de propositions ont été retenues. Mais "dès que des propositions ambitieuses ont été faites, Emmanuel Macron n'en a pas tenu compte", reproche Anne Bringault. Pour la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), "rarement un chef de l'Etat aura fait autant de cadeaux et accordé de passe-droits au monde de la chasse".

En août 2018, Nicolas Hulot justifiait par le poids de lobbys sa démission de son poste de ministre de la Transition écologique où quatre ministres se sont succédé. Emmanuel Macron a, de son propre aveu, échoué à sortir du glyphosate, désherbant classé "cancérigène probable". Il "a perçu qu'il existe une forte attente sociétale" sur l'environnement, constate Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, mais, pour lui, "ce quinquennat a été celui des promesses trahies et des opportunités manquées". A chaque tentative de parler de sobriété, "nous sommes systématiquement taxés d'être décroissants", dit-il. Le "modèle Amish", avait ironisé Emmanuel Macron.

Avec AFP.

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