Le Salon de l'agriculture démarre fort : après un premier week-end, beaucoup de choses se sont déjà produites à la Porte de Versailles. La plus grande ferme de France a ouvert ses portes le samedi 21 février et animera la capitale jusqu'au 1er mars. 1 100 exposants attendent plus de 600 000 visiteurs cette année. Sur 16 hectares, sept pavillons dédiés à l'élevage, aux cultures ou encore à l'artisanat ravissent petits et grands.
Mais, en deux jours, les tensions se font déjà sentir. Dans un contexte de colère agricole, le bon déroulement du SIA est fragile. L’accord UE-Mercosur, la taxe carbone européenne ou encore la dermatose nodulaire contagieuse cristallisent les tensions. En réaction, les agriculteurs manifestent et bloquent certains axes routiers depuis décembre. C’est dans ce climat tendu qu'Emmanuel Macron s'est rendu au salon avec un important dispositif de sécurité.
Un défilé politique
Sans bovins et avec un président sous cloche, l'ambiance est quelque peu étrange. Déambulant dans les allées, entouré d'une véritable armée, le locataire de l'Élysée ne fait pas de bain de foule. Il n'est pas le centre de l'attention : une partie des syndicats agricoles le boudent. À son arrivée le samedi matin, seuls Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, et Pierrick Horel, président des Jeunes Agriculteurs, sont présents pour lui serrer la main.
La Coordination rurale, syndicat proche de l'extrême droite, boycotte l'inauguration en signe de protestation. Il en va de même pour la Confédération paysanne, classée à gauche. "Son seul intérêt, c’est de sauver son petit show présidentiel", s’agace Thomas Gibert, porte-parole de la Confédération paysanne, dans les colonnes du Monde.
Si Emmanuel Macron est resté douze heures au salon, de nombreuses figures politiques de tous bords s’y sont également succédé. De la candidate à la mairie de Paris Sarah Knafo, à l'ancien Premier ministre Gabriel Attal, les prises de parole politiques se sont enchaîné sous l’œil des caméras. Ce dernier a d'ailleurs profité de sa présence au salon pour parler d'un tout autre sujet que celui des agriculteurs : "Je lutte contre La France Insoumise et je lutte contre le Rassemblement national", répond-il aux attaques récentes de Jordan Bardella.
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Une rixe pour du nougat
Alors que les personnalités politiques s'invitent au SIA, un incident a particulièrement marqué ce week-end d'ouverture. Coups de poing, insultes, chaises volantes… Le dimanche 22 février, en fin d’après-midi, une rixe éclate au niveau d'un stand de nougat. Au sein du pavillon 4, une bagarre oppose visiteurs et exposants, nécessitant une intervention policière. Sur des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, on peut voir une dizaine de personnes, pour la plupart des hommes, se porter des coups.
Plusieurs objets ont été utilisés pendant cette bagarre : un homme frappe un autre avec une planche en bois, un autre brandit une lame servant à découper le nougat. Il n'en a pas fait usage, selon la préfecture de police. Sur place, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, évoque un événement "marginal". Outre cet incident, cette édition du SIA s'annonce comme un révélateur des fractures qui traversent le monde agricole. Reste à savoir si, au-delà des coups d'éclat, des réponses émergeront d'ici la fermeture du salon.