Le ministre de l’Économie et des Finances Roland Lescure lors de la séance de questions au gouvernement, pendant les débats sur le projet de loi de finances pour 2026, à l’Assemblée nationale à Paris, le 13 janvier 2026.
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Politique

Budget 2026 : l’écologie sacrifiée ?

Faute d’accord en commission mixte paritaire sur le budget de fin 2025, les députés ont repris, ce mardi 13 janvier, l’examen du projet de loi de finances pour 2026. Dans un contexte de contraintes budgétaires et d’incertitudes persistantes, que reste-t-il des ambitions environnementales affichées par la France ?

"Le budget est à portée de main", assure le ministre de l’Économie, ce mardi 13 janvier en plein hémicycle. Pour la deuxième fois, l'Assemblée nationale travaille sur le projet de loi de finances (PLF) pour 2026. La commission mixte paritaire n’ayant pas abouti à la fin du mois de décembre, le gouvernement a reporté les débats à janvier tout en votant une "loi spéciale" pour assurer la continuité de l'État.

Les députés vont travailler sur la version du texte votée par le Sénat. La gauche est de nouveau divisée pendant que le Rassemblement national annonce déjà ne pas voter le PLF. Derrière ce désordre institutionnel, les questions environnementales sont en suspens. La version initiale comportait quelques avancées, mais aussi des reculs. MaPrimeRénov', agriculture biologique, véhicules décarbonés… tour d’horizon des principales mesures environnementales toujours en suspens.

Où est le projet de loi sur les emballages plastiques ?

Lors du passage du PLF 2026 au Sénat, le projet de taxe sur les emballages plastiques a été retiré. La mesure visait à compenser en partie les pénalités que la France paye à l'Union européenne en raison de son manquement aux objectifs de recyclage des emballages plastiques. La proposition était de mettre à contribution les entreprises qui mettent sur le marché des emballages plastiques. En plus de l'impact sur l’environnement de cette pratique, la sanction est salée pour le pays : plus d'1,5 milliard d’euros en 2023.

MaPrimeRénov’ dans l’impasse 

Lancé en 2020, le dispositif est populaire pour les personnes souhaitant effectuer des rénovations énergétiques dans leur logement. Faute de budget voté en décembre, MaPrimeRénov' a été suspendue dès le 1er janvier. Tant que le Parlement n’aura pas adopté de budget, "aucune subvention ne peut être attribuée", précise l'Agence nationale de l'habitat (Anah).

En octobre 2025, le gouvernement proposait une baisse de 500 millions d’euros de ses crédits dans le projet de loi initial. Le texte actuel prévoit une baisse de 800 millions d’euros pour l'Anah : un impact important sur les particuliers qui rénovent leurs logements, mais aussi les artisans qui voient déjà une baisse de leur chiffre d’affaires.

Le retour du double malus sur les véhicules

Après le retour en arrière sur le tout électrique de l'UE, c’est un nouveau coup de massue pour la transition énergétique dans le secteur des transports. Les députés avaient voté la suppression du système de plafonnement du montant d'imposition d’un même véhicule lorsqu’il cumule un malus CO2 et un malus poids. Alors que le PLF initial maintenait la volonté d'inciter les particuliers et les entreprises à décarboner leurs véhicules, le Sénat a retiré la mesure de son texte. La députée écologiste Lisa Belluco a déposé un amendement pour rétablir cette proposition qui s'attaque aux SUV. 

Le Fonds vert cambriolé

Destiné à la transition écologique des collectivités, le Fonds vert est en mauvaise posture. En décembre, le Sénat a confirmé l'important rabotage du dispositif. Il passe de 2,5 milliards d'euros de budget en 2025, à seulement 650 millions en 2026. Cela risque d'impacter les initiatives des collectivités, alerte François Thomazeau, directeur de programme à l'institut I4CE : "Ce fonds a été créé pour envoyer le signal aux collectivités que l'État soutenait leurs efforts en matière de décarbonation et d'adaptation aux impacts du changement climatique."

Plus de soutien pour l’agriculture biologique

Malgré de nombreux reculs environnementaux sur ce budget 2026, il y a aussi de bonnes nouvelles. Les deux chambres se sont mises d'accord sur la hausse du crédit d'impôt pour l’agriculture biologique. Cette mesure permet aux entreprises agricoles percevant au moins 40 % de leurs revenus du bio de bénéficier d'une baisse des impôts sur leurs bénéfices. Si les députés ne touchent pas à cette mesure, le crédit d'impôt sera prolongé de trois ans et passera à 6 000 euros (4 500 avant le texte).