Monique Barbut accueille ce jeudi 23 avril les ministres de l'Environnement du G7.
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Politique

Au G7 de l'environnement, la France met le climat de côté

Réunis à Fontainebleau, les ministres de l'Environnement du G7 se retrouvent pour deux jours de discussions… sans aborder le climat, pourtant au cœur des enjeux.  

Ce jeudi 23 avril, Monique Barbut accueille ses homologues à Fontainebleau à l'occasion du G7. La ministre de la Transition écologique pourra échanger pendant deux jours sur les thématiques environnementales avec les représentants de six puissances mondiales (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Italie, Allemagne et le Japon). Au programme : la préparation du rendez-vous des chefs d'État prévu en juin prochain et des discussions sur l'environnement. Mais derrière cette organisation, le climat est aux abonnés absents.

"Préserver l'unité du G7"

Comment parler environnement et biodiversité sans évoquer le climat ? Une question à laquelle le gouvernement a du mal à répondre. "La priorité de la présidence, c'est de préserver l'unité du G7. Si l'on commence à parler de climat, il n'y a plus de G7", explique le ministère de la Transition écologique au Monde. Une concession accordée à Washington, dont l'administration freine la lutte contre le dérèglement climatique. "Les positions américaines sur ce sujet sont bien connues", explique l'entourage de la ministre Monique Barbut au Figaro.

Dès lors, le réchauffement climatique ou encore la sortie des énergies fossiles seront scrupuleusement écartés au profit de leurs seules conséquences. Biodiversité, pollution, protection des océans… Comment aborder de tels sujets en omettant la responsabilité des activités humaines ? Un vrai défi pour les ministres de l'Environnement qui participent aujourd'hui à une "discussion libre", sans communiqué commun à la clé.

Un choix diplomatique contesté

Si le gouvernement souhaite "se concentrer sur des sujets moins conflictuels", c'est parce que l'administration Trump se détourne de plus en plus de la lutte contre le réchauffement climatique. Les États-Unis se sont notamment retirés de l'Accord de Paris et de plusieurs instances scientifiques sur le climat. Cela marque une rupture nette avec les engagements internationaux pris les années précédentes.

Face à cette stratégie française, les réactions des ONG ne se sont pas fait attendre : le Réseau Action Climat dénonce une "faute politique" auprès de Challenges. Plusieurs organisations pointent également le risque d'un G7 vidé de sa substance, incapable de répondre aux défis environnementaux globaux. À défaut d'accords concrets, cette réunion pourrait ainsi illustrer les profondes divisions internationales sur le climat, au moment même où l'urgence s'accélère.