Le groupe d'experts mandatés par l'ONU sur climat, le Giec, a achevé une réunion marquée par des tensions entre pays.
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Climat

Giec : tensions lors d'une réunion de scientifiques

Le groupe d'experts mandatés par l'ONU sur climat, le Giec, a achevé vendredi à Bangkok une réunion marquée par des tensions entre pays, plus que jamais divisés sur le calendrier du prochain grand rapport de l'organisation.

"Au Giec nous faisons de notre mieux pour atteindre le consensus. Parfois, malgré nos meilleurs efforts, nous avançons dans des directions légèrement différentes", a déclaré Jim Skea, le président du groupe de scientifiques, reconnaissant à demi-mot des divisions. "Mais je crois que l'esprit de compromis et de flexibilité propre au Giec s'est finalement manifesté", a-t-il assuré, en clôture de la session de travail des experts à Bangkok, selon un communiqué de l'organisation.

La réunion de scientifiques et représentants des gouvernements, de mardi à vendredi, devait être essentiellement technique pour ce groupe rassemblant des experts du monde entier. Ils publient des rapports d'évaluation tous les cinq à sept ans, servant d'état des lieux de référence de la science climatique. Mais un sujet litigieux de calendrier a été ajouté cette semaine à l'ordre du jour à la demande de l'Arabie saoudite et de l'Inde, au risque de bloquer la réunion, selon des sources diplomatiques. Ce calendrier divise profondément les pays.

La publication encore discutée

Certains souhaitent que le prochain rapport du Giec soit publié d'ici 2028 afin d'informer la COP33, qui aura probablement lieu en Inde, et qui doit produire le crucial deuxième "bilan mondial" des efforts climatiques réalisés depuis l'accord de Paris. Leur argument: que les décideurs politiques disposent des meilleures informations scientifiques pour prendre des mesures ambitieuses. Mais d'autres pays comme l'Inde, l'Arabie saoudite ou la Chine s'y opposent et préfèrent que le rapport soit publié en 2029, faisant valoir le besoin de prendre le temps d'intégrer de nouvelles données scientifiques et des travaux de chercheurs issus de pays en développement.

"Certains des arguments sont de toute évidence des arguties", déplorait en décembre une source gouvernementale d'un pays développé. Ce décalage entre les cycles scientifique et politique empêcherait la COP33, "un moment important pour le climat", de "disposer des dernières recommandations de la science", s'inquiète vendredi un diplomate auprès de l’AFP. Afin de clore ces disputes, le Giec a indiqué dans son communiqué vendredi soir que "les gouvernements membres ont clairement indiqué qu'ils souhaitaient que le calendrier soit arrêté lors de la prochaine session", dont les dates ne sont pas encore annoncées.

Avec AFP.