Une véritable mobilisation générale du public et du privé est lancée. Alors que les prix du pétrole flambent depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement ambitionne de réduire sa dépendance aux hydrocarbures importés. L'objectif : passer de 60 à 30 % de l'énergie consommée en France à l'horizon 2035. Pour y parvenir, l'exécutif veut accélérer la sortie des énergies fossiles dans les transports, le logement et l'industrie. Une stratégie qui repose autant sur les investissements publics que sur l'engagement des grandes entreprises françaises.
Dans ce contexte, l'État accélère sa stratégie de sortie des énergies fossiles avec un plan annoncé il y a un mois. Ce mardi 26 mai, Emmanuel Macron a réuni et mis à l'honneur "l'équipe de France de l'électrification" composée de 200 entreprises, à l'occasion d’une réunion de travail à l'Élysée. Devant plusieurs chefs d'entreprise, le président de la République martèle que "réindustrialisation et décarbonation sont totalement compatibles". Comme le rappelait déjà son entourage un mois plus tôt, il veut massifier l'usage de l'électricité "en mobilisant la sphère privée".
Les acteurs privés suivent
Cette stratégie se traduit déjà par des annonces concrètes de la part des industriels. Dans son discours, le locataire de l'Élysée annonce un investissement à venir du groupe Stellantis pour fabriquer une nouvelle gamme de véhicules électriques en France, sur leur site de Mulhouse, dès 2029. "Nous serons en capacité de fabriquer en France pas moins de 400 000 véhicules électriques par an à compter de 2027 et nous allons accélérer dans les prochaines années", affirme-t-il. Une annonce qui permet également de conforter l'emploi industriel dans l'est de la France.
Pour accompagner la transition du parc automobile, Emmanuel Macron souhaite également s’appuyer sur des distributeurs comme Electra, Lidl ou Leclerc. L'objectif est de considérablement augmenter le nombre de bornes de recharge pour rassurer les automobilistes. Les distributeurs soutiennent pleinement cette stratégie : "Nous allons utiliser la crédibilité de Leclerc pour convaincre que l'électricité sera moins chère si on multiplie les bornes", défend Michel-Édouard Leclerc, peu après. Ce dernier annonce vouloir en déployer "10 000 de plus d'ici à 2035".
Des offres commerciales pour accélérer l'adoption
Au-delà des infrastructures, les énergéticiens veulent eux aussi encourager les Français à modifier leurs habitudes de consommation. EDF va notamment lancer cet été une nouvelle offre de marché, baptisée "Zen Estival". Concrètement, l'entreprise promet des "super heures creuses" à prix très bas. Chez Engie, une offre permet de bénéficier tout l'été du remboursement de 50 % de sa consommation d'électricité l'après-midi (entre 13h et 17h).
Octopus Energy propose de son côté 16 heures creuses par jour l'été et 10 heures l'hiver, avec une électricité jusqu'à 24 % moins chère. Ce dernier fournisseur va investir "jusqu'à 150 millions d’euros" pour une usine de pompes à chaleur (PAC) en France "dès que les volumes d'installation se matérialiseront". Une réponse forte qui s'inscrit dans l'engagement de la filière à produire un million de PAC par an d'ici 2030. Reste désormais à convaincre durablement les ménages. Car le coût des équipements et les inquiétudes sur le pouvoir d'achat continuent de freiner une partie des consommateurs.