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Entretiens

Finance durable : qu’est-ce que la double matérialité ?

Mesure, acteurs concernés, prise en compte… Pour ID, Coline Pavot, responsable de la recherche investissement responsable pour La Financière de L’Échiquier, revient sur les grands enjeux du concept de double matérialité.

Alors que plusieurs textes européens ont vu le jour pour définir un cadre règlementaire autour de la finance durable, le principe de double matérialité a commencé à émerger ces dernières années. Distinguant la matérialité financière de la matérialité d’impact, cette notion vise à étudier conjointement l’impact de l’environnement sur les entreprises et l’impact de l’entreprise sur l’environnement.

La "colonne vertébrale" de plusieurs réglementations

Défini par Coline Pavot, responsable de la recherche investissement responsable pour La Financière de L’Échiquier comme "la colonne vertébrale de plusieurs réglementations", le concept de double matérialité s’inscrit dans le cadre de la réglementation CSRD, qui vient "encadrer le reporting extra-financier des entreprises", mais aussi dans celui de la réglementation SFDR, qui exige "de la transparence de la part des sociétés à l’égard des investisseurs."

La mesure de la double matérialité

Si la mesure de la matérialité financière constitue un exercice commun pour les acteurs, celle de la matérialité d’impact demeure quant à elle plus complexe. "Concrètement, cela nécessite de mettre un prix sur des dommages qui sont commis à la nature. Par exemple, quel prix mettre sur une rivière qui a été polluée par une entreprise avec ses différents impacts sur la biodiversité", explique Coline Pavot, qui ajoute que le cadre réglementaire peut toutefois constituer un élément de réponse. "Les différentes réglementations ont pour objectif d’établir un socle de critères et d’indicateurs utilisés à la fois par les entreprises et par les investisseurs qui permettrait d’avoir un socle de reporting commun pour tous, et permettre la mesure de cette double matérialité".

À l'heure actuelle, la prise en compte de la double matérialité reste cependant "partielle", juge Coline Pavot. "Il y a même aujourd’hui des vents contraires qui s’opposent à l’intégration de cette notion de double matérialité avec différents travaux qui font encore cette promotion de la matérialité financière uniquement, comme ceux de l’ISSB".