Ils sont de plus en plus nombreux. Fin 2024, les Urssaf recensaient 4,8 millions de travailleurs indépendants en France. Un chiffre en hausse de 5,6 % en un an qui illustre une dynamique forte… mais qui s’accompagne d’une réalité plus fragile. Pour beaucoup, la retraite reste une zone d’ombre, souvent synonyme d’incertitudes, notamment sur le plan financier.
Dans ce contexte, anticiper devient presque une nécessité. Et parmi les outils disponibles, le Plan d’épargne retraite, ou PER, s’impose comme un levier structurant.
Le PER, héritier d’un ancien modèle
Pour comprendre son intérêt, un détour par son origine s’impose. Créé en 2019 dans le cadre de la loi Pacte, le PER a vocation à simplifier et unifier les dispositifs d’épargne retraite existants. Il remplace notamment le contrat Madelin, longtemps utilisé par les travailleurs non salariés (TNS) pour se constituer un complément de revenu une fois à la retraite, sous forme de rente.
Le PER, lui, va plus loin. Concrètement, il s’agit d’un produit d’épargne à long terme : l’épargnant alimente son plan tout au long de sa vie active, dans l’objectif de récupérer, au moment du départ à la retraite, un capital, une rente… ou un mélange des deux. Selon les cas, il prend la forme d’un compte-titres ou d’un contrat d’assurance, mais l’idée reste la même : lisser l’effort d’épargne dans le temps pour sécuriser ses revenus futurs.
Pourquoi le PER est particulièrement pertinent pour les indépendants
Si le PER concerne tous les actifs, il prend une dimension particulière pour les travailleurs non salariés. Contrairement aux salariés, dont les cotisations retraite sont relativement stables, celles des indépendants dépendent directement de leur niveau d’activité. Or, ce dernier peut varier fortement d’une année à l’autre.
Résultat : des droits à la retraite souvent moins élevés, et plus difficiles à anticiper. C’est précisément là que le PER trouve toute sa pertinence. Il permet de reprendre la main sur la préparation de sa retraite, en se constituant une épargne complémentaire, indépendante des aléas de son activité, d’où l’intérêt croissant pour des solutions spécifiquement pensées pour ces profils, comme le PER TNS.
À cela s’ajoute un avantage non négligeable : la fiscalité. Les sommes versées sur un PER peuvent, sous certaines conditions, être déduites du revenu imposable. Pour les travailleurs non salariés, ce mécanisme est particulièrement avantageux. À titre d’exemple, en 2024, pour un revenu net professionnel inférieur à 46 368 €, les versements étaient déductibles dans la limite de 4 399 €. Au-delà de ce seuil, le plafond devenait plus favorable : 10 % des revenus jusqu’à 46 368 €, puis 25 % de la part qui dépasse ce montant, contre 10 % seulement pour un salarié.
Un produit souple… malgré un horizon long terme
Le PER individuel se décline en plusieurs formes, qu’il s’agisse de solutions d’investissement ou de contrats d’assurance, proposés par des établissements spécialisés. Certains vont même plus loin en intégrant des supports d’investissement responsables, permettant d’aligner épargne et convictions.
Pensé pour la retraite, le PER n’est toutefois pas totalement verrouillé. Dans certaines situations exceptionnelles (décès d’un proche, invalidité, surendettement, liquidation judiciaire), il est possible de débloquer les fonds de manière anticipée. Une soupape de sécurité, bienvenue pour un produit de long terme.
Comment bien choisir son PER ?
Reste une question clé : comment s’y retrouver parmi les offres ? Là encore, tout dépend du profil de l’épargnant. Certains privilégieront une gestion pilotée, où les investissements sont ajustés automatiquement en fonction de l’horizon de placement. D’autres opteront pour une gestion plus libre, avec davantage de contrôle.
Le PER se distingue aussi par sa flexibilité : chacun peut adapter le montant et la fréquence de ses versements, les suspendre si nécessaire, ou effectuer des apports ponctuels. Une souplesse précieuse, notamment pour les indépendants aux revenus irréguliers.