Le tableau de bord du JRC couvre les 2 000 premières entreprises mondiales investissant en R&D et détaille les 800 premières entreprises basées dans l'UE.
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Finance durable

R&D verte : la France parmi les moteurs de l'Europe

Leader sur certains investissements liés à la transition écologique, l'Union européenne tente de verdir son économie par la recherche. Mais derrière cette dynamique, un constat s'impose : la domination technologique reste largement hors du continent.

L'Europe continue d'investir massivement dans la recherche et le développement (R&D), année après année. Le tableau de bord du Centre de recherche conjoint (JRC) s'inscrit dans le contexte de l'objectif de l'UE d'investir 3 % du PIB dans ce domaine. Si les investissements mondiaux ont progressé en 2024, le taux de croissance de la R&D européenne est, lui, le plus faible depuis la pandémie de COVID-19 en 2020.

Le tableau de bord 2025 couvre les 2 000 premières entreprises mondiales investissant en R&D et détaille les 800 premières entreprises basées dans l'UE. Il consacre également un chapitre aux technologies vertes. Ces investissements se concentrent sur trois thématiques, dont l'automobile, véritable fer de lance de la transition énergétique. 

L'automobile, moteur stratégique de la transition 

Dans ce paysage, le secteur automobile s'impose comme l'un des principaux moteurs de l'investissement européen. Il représente 87 milliards d'euros en 2024, soit deux fois plus que les investissements japonais et américains, même si la dynamique connaît quelques ralentissements. Véhicules électriques, bornes de recharge, batteries… Les 27 s'imposent comme de véritables pionniers dans l'électrification du parc automobile. 

Parallèlement, les domaines des énergies renouvelables et de la santé connaissent une hausse significative des investissements. Avec des objectifs climatiques ambitieux, l'UE doit donc décarboner de nombreux secteurs. En vertu de la loi européenne sur le climat, le Vieux continent s'engage à adopter la neutralité carbone d'ici 2050. Cette orientation confirme le rôle central de la R&D, à la fois levier politique et économique dans la transformation du continent.

Un retard structurel face aux grandes puissances

Même si la R&D européenne a le vent en poupe, elle reste sérieusement en retard par rapport aux États-Unis. En 2024, les entreprises américaines affichaient une intensité de R&D moyenne de 8,4 %, contre 4,4 % pour les entreprises de l'UE. La Chine conserve également une large avance dans les technologies vertes : solaire, éolien, batteries… Un écart qui traduit autant des différences d'investissement que des stratégies industrielles plus offensives hors d'Europe.

Dans ce contexte, la France se classe tout de même au deuxième rang en termes d'investissements, derrière l'Allemagne. L'Hexagone abrite 119 des 800 plus grandes entreprises d'investissement en R&D de l'UE. Elle s'impose ainsi comme l'un des principaux contributeurs européens dans de nombreux domaines technologiques stratégiques. Reste à savoir si cette dynamique suffira à combler le retard européen, ou si elle ne fera que confirmer sa place d'outsider dans la course mondiale à l'innovation.