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Environnement

Quand des plantes absorbent les métaux lourds d’anciennes mines

Ancienne mine dans l'Oural, Russie.
©Mishainik/Shutterstock

La phytostabilisation serait-elle l’avenir de la dépollution des sols ? Les expériences menées semblent prometteuses, en particulier dans une commune des Cévennes, où les industriels ont laissé vivre les habitants avec les conséquentes persistantes de l’activité minière d’autrefois.  

Le procédé semble relever de la magie. À Saint-Laurent-le-Minier, où se trouvait une des plus grandes mines de métaux d’Europe, des végétaux sont mis à contribution pour dépolluer les sols. Dans la commune du Gard, située à 50 kilomètres de Montpellier, on a extrait du plomb et du zinc jusque dans les années 1990. La conversion de ces anciens terrains d’extraction est discutée depuis, comme dans beaucoup d’autres régions minières. Si un réaménagement "extérieur" des sites désormais abandonnés peut se faire sans difficulté, des traces de pollution y subsistent et ne sont que rarement visibles. Face à ces risques sanitaires potentiels, les pouvoirs publics ne peuvent ou ne veulent pas toujours agir.

Comme le rapportait à Ouest France Claude Grison, chercheuse en chimie à l’université de Montpellier, les sols de la commune contenaient 500 à 800 fois les seuils autorisés par la législation européenne en cadmium, zinc, et autres métaux lourds. Alors, la chercheuse et son équipe du laboratoire ChimEco y ont mis en application une technique de dépollution par les végétaux. Ce procédé, appelé phytostabilisation, a déjà été exploré depuis quelques années, notamment dans le Massif Central. Et apparemment, cela fonctionne.

Une expérience encore expérimentale mais concluante

En particulier, le test a été concluant pour deux plantes, le tabouret des bois (Noccaea caerulescens) et l'anthyllide vulnéraire (Anthyllis vulneraria). Celles-ci se sont montrées capables de survivre dans un environnement très hostile, chargé en substances chimiques, et de "digérer" les métaux lourds qui y sont présents. Mieux encore, les métaux peuvent alors en être extraits pour être réemployés a posteriori, par exemple en réduisant en poudre le végétal en question.

Les premiers pas de cette phytotechnologie sont donc prometteurs. En effet, les méthodes de dépollution classiques sont parfois très énergivores, au cas où elles nécessitent de l’électricité, voire elles-mêmes polluantes, lorsqu’elles emploient des solvants chimiques, comme la chaux, pour extraire les substances du milieu pollué. De plus, des scandales de pollution des sols et des milieux naturels français éclatent régulièrement, rappelant le pays à son passé industriel. Ce ne sont donc pas les applications concrètes qui devraient manquer à cette innovation, qui n’en est toutefois qu’à ses premiers pas.

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