ID D'AILLEURS

Pérou : un camp militaire pour protéger l'Amazonie des mines d'or illégales

Vue aérienne du camp de mineurs installé dans la région Madre de Dios, réinvesti par l'armée durant l'opération "Mercury".
©CRIS BOURONCLE / AFP

Le 5 mars dernier, une première base militaire a été inaugurée dans la région Madre de Dios au Pérou. Les militaires qui l'occupent auront pour mission de surveiller la région et de mettre un terme aux activités de minage illégales qui s'y déploient et comptent parmi les causes de la pollution au mercure et de la déforestation.

Une nouvelle base militaire, inaugurée le 5 mars, se situe dans une réserve du sud-est du Pérou dans la région Madre de Dios, réputée pour être la capitale du minage illégal dans le pays. Sa mission : protéger les environs de ces activités clandestines. Chacune des quatre bases prévues accueillera 100 militaires, 50 policiers, 1 procureur, tandis que la surveillance de la zone sera effectuée par des drones, un avion militaire et un satellite. 

Ces hommes ont réinvesti un ancien camp minier, déserté par ses 350 occupants. Plusieurs emplacements de ce type, des "villages sauvages", ont été recensés par les autorités : ils seraient habités par près de 6 000 mineurs illégaux comme le rapporte Ouest France. Le camp est occupé par les militaires depuis l'opération "Mercury" du 19 février qui visait à expulser les mineurs. Cette opération portait le nom du mercure qui est un élément chimique toxique utilisé lors de l'extraction de l'or et qui contamine les sols et l'eau. Il s'agissait d'une opération sans précédent dans le pays.

La forêt amazonienne menacée par ces activités illégales

Les mines d’or illégales implantées dans la région sont une des principales causes de la déforestation de l’Amazonie. 9 000 hectares de forêts ont été détruits en 2018 à cause de ces mines, d’après le rapport du Monitoring of the Andean Amazon Project (MAAP). Si ces activités illégales sont responsables de la pollution au mercure et de la déforestation, elles ouvrent également la porte à l’exploitation des enfants, au trafic sexuel et aux règlements de comptes entre mafieux.