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Agriculture urbaine : les légumes des villes sont-ils pollués ?

Jardin sur le toit de Peas&Love
©Peas&Love

Les tomates qui poussent sur les toits sont-elles aussi polluées que l’air citadin ?... La question revient comme une ritournelle dès qu’on parle d’agriculture urbaine. C’est-à-dire de plus en plus souvent alors qu’elle est en plein essor. La réponse est double.

Loin des voitures, ça va

À Paris, sur le toit de l’école AgroParisTech, des chercheurs font pousser un somptueux potager depuis 2011. Des analyses faites en 2013 montraient qu’au sommet de l’immeuble, les végétaux étaient à l’abri des pots d’échappement. Les taux de contaminants mesurés (cuivre, zinc, cadmium, mercure et plomb), à la fois dans les légumes et dans le substrat de culture, s’avéraient largement en dessous des limites fixées par les normes européennes. Une équipe d’AgroParisTech a fait d’autres mesures de ces mêmes métaux lourds en 2016, sur différentes productions de quatre toits potagers en zone périurbaine parisienne. Le résultat est toujours positif.

Ce constat rassurant, concernant la production sur les toits potagers, vient d’être fait aussi par Peas&Love. La société a installé trois jardins en hauteur à Paris et deux à Bruxelles. Les parcelles y sont louées aux riverains, qui en font la récolte, et sont entretenues par un "Community farmer". Laitues, courgettes, radis persil plat et shiso pourpre ont été testés en laboratoire, pour y déceler des traces de métaux lourds (arsenic, cadmium, cuivre, mercure, plomb, zinc) ou autres polluants (naphtalène, acénaphtène, acénaphtylène, etc.). Les résultats sont très positifs. "L’ensemble des analyses se trouvent sous les seuils fixés par la Commission Européenne à l’exception de la concentration en zinc du shiso (plante aromatique japonaise : 13 mg/kg au lieu de 9 mg/kg), conclut l’étude. Un dépassement qui ne présente aucun danger et n’est pas lié à son environnement mais s’explique par la composition même du shiso, riche en zinc (13mg/kg) et par son métabolisme."

"La pollution due aux poussières et particules présentes dans l’air en milieu urbain existe bien mais ne se retrouve pas à l’intérieur des légumes - qui pour en être débarrassés, doivent bien être nettoyés à l’eau claire", poursuit Peas & Love.

Une étude allemande publiée en 2012 à Berlin tempère cependant cet enthousiasme. Des chercheurs de l’Université technique (TU) de Berlin ont mesuré des taux de concentration en métaux lourds dépassant les limites fixées par l’Union européenne, dans certains légumes cultivés dans la capitale allemande. Les plus touchés sont ceux qui poussent près du trafic routier. L’étude berlinoise montre que cette contamination est en revanche limitée dans les zones protégées par des bâtiments, des végétaux denses, des allées d’arbres…

Gare au sol

Sur les toits de Peas & Love, l’agriculture biologique est pratiquée dans un substrat garanti sans polluant. Et sur les sommets de l’AgroParisTech, les plantes s’épanouissent sur un terreau maison de qualité bio. Dans les deux cas, cela limite le risque de contamination par le sol. Mais sur de nombreuses zones urbaines, les sols peuvent être pollués par une activité industrielle passée ou même actuelle. De nombreux jardins des villes décident pour cela de cultiver non pas à même le sol, mais de créer des bacs qu’ils remplissent d’une terre venue de l’extérieur et enrichie en compost maison.

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