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Environnement

Jardinage : comment vérifier l’état de santé des sols ?

©Syda Productions/Shutterstock

 À l’heure du confinement, chacun s’occupe comme il peut : tri des placards, rangement, ménage, petits travaux... Et si l’on profitait de ce temps en suspens pour faire un état des lieux du sol de son jardin ?

Sous nos pieds, les sols que nous foulons chaque jour abritent mille et une merveilles insoupçonnées. Sanctuaires de la biodiversité, garants du bon fonctionnement des écosystèmes, ils sont pourtant bien souvent malmenés... À l’heure où le monde entier est à l’arrêt, pourquoi ne pas profiter de ce temps de confinement pour vérifier la qualité du sol de son jardin ?  

Qu’est-ce qui se cache sous nos pieds ? 

Depuis la surface jusqu'à plusieurs mètres de profondeur, les sols sont indispensables au bon fonctionnement de la vie terrestre. Si l’on connaît bien certaines de leurs vertus (régulation du climat, production d’alimentation pour les bêtes et les hommes...), la partie immergée de l’iceberg est encore trop souvent méconnue. Composés de plusieurs couches, les sols abritent tout un écosystème dont les activités nous sont indispensables : environ 10 milliards d’organismes vivants par gramme de sol s’y cachent et travaillent en permanence à plusieurs tâches, purifiant l’eau ou stockant deux à trois fois plus de carbone que l’atmosphère, entre autres.

Une capture du carbone encore plus efficace que l’atmosphère

Les sols peuvent capturer entre 1500 et 2400 tonnes de carbone. Comment ? Grâce aux plantes et à la photosynthèse qui capte le CO2. Lorsque les feuilles des arbres, les fleurs et les fruits tombent, les organismes du sol consomment et décomposent cette matière organique riche en carbone et l’enfouissent dans le sol. Ces éléments nutritifs seront ensuite à nouveau utilisés par la plante et d’autres êtres vivants, et ainsi de suite, participant au cycle du carbone

Pourtant, les sols terrestres sont bien souvent maltraités : surexploitation, érosion, pollution... Selon l’ADEME, on estime à 60 % les surfaces actuellement dégradées dans le monde. Lorsque l’on sait qu’un centimètre de sol met entre 200 et plusieurs milliers d’années pour se former, celui-ci ne peut être considéré comme une ressource renouvelable à l’échelle des vies humaines. 

En bref, quelques fonctions des micro-organismes cachés dans les sols 

  • Ils rendent les sols poreux, permettant de retenir l’eau  
  • Ils filtrent, purifient et rendent l’eau potable 
  • Ils régulent les germes néfastes pour les cultures alimentaires et le bétail 
  • Ils fortifient la terre, permettant sa résistance à la pluie, évitant l’érosion et les glissements de terrain 
  • Ils aident les plantes à se nourrir 

À quoi ressemble un sol sain ?

Les sols se composent de différentes couches dont l’épaisseur de chacune d’elles peut varier de quelques centimètres à plusieurs mètres. On en distingue cinq : la première, celle que l‘on connaît à la surface, est composée de végétation et abrite des animaux vivants. La deuxième, appelée "humus", désigne la décomposition des matières organiques de la surface, feuilles, fruits, fleurs, écorces, plantes mortes, qui sont ensuite transformées en nutriment. La troisième couche est dite "arable" et se compose de matières organiques et de minéraux. Enfin la quatrième "couche profonde" est plus pauvre en matière organique et la vie s’y fait rare, collée à la cinquième et ultime couche dépourvue d’air et de vie qui elle est entièrement composée de roche.  

En résumé, un sol en bonne santé est un sol riche en micro-organismes. Si la vie s’y maintient, ses qualités pourront perdurer pendant des milliers d’années - et ce, même s’il est exploité par l’Homme, à condition que le modèle agricole soit durable. 

Alors dans son jardin, comment observer la vie de son sol ?

De l’autre côté de l’Atlantique, un procédé pour le moins original a vu le jour il y a quelques années. En 2015, des agriculteurs canadiens ont eu la bonne idée d’enterrer un sous-vêtement en coton pour vérifier l’état de leur sol. Depuis, l’initiative a fleuri un peu partout dans le monde agricole, jusqu'en France où l'ADEME a emboîté le pas l’an passé en lançant l’opération "Plante ton slip".  

Accessible à tous, le principe est simplissime : on enterre une culotte ou un slip en coton bio pendant deux à trois mois à environ 10 centimètres sous la terre. Au fil de l’expérience, plus le vêtement se dégrade rapidement, présente de nombreux trous, voire se décompose totalement, plus l’activité du sol est intense. En résumé, si l’on se retrouve avec un slip en guenille, cela révèle une intense activité biologique.

Les bonnes pratiques pour un sol sain dans son jardin

Pour préserver son sol, il existe plusieurs bons gestes à adopter dans son jardin.  

  • Composter ses déchets. Les déchets de cuisine, épluchures, marc de café, trognons de pommes, seront d’excellents engrais naturel pour le jardin. De même que les déchets verts, tels que les branchages, feuilles mortes où les résidus de tonte. Avec ces derniers, il est également possible de limiter l’évaporation et d’éviter le désherbage en s’en servant de paillage aux pieds de plantes.
  • Bannir les produits chimiques. La guerre aux pesticides a été déclarée à l’échelle nationale depuis maintenant plusieurs années. Alors que les distances d’épandage en agriculture ont fait débat en décembre dernier, l’utilisation par les collectivités, notamment pour l’entretien des espaces verts, des pesticides chimiques sont bannis depuis le 1er janvier 2017. Et depuis 2019, les jardiniers amateurs doivent également rentrer dans les rangs : seuls les produits dits "de bio-contrôle" sont autorisés, c’est-à-dire ceux basés sur des mécanismes naturels (insectes auxiliaires, extraits de plantes...). Quoi qu’il en soit, il est tout à fait possible de profiter d’un jardin verdoyant sans aucun produit chimique.
  • Connaître les "mauvaises" herbes. Elles ont mauvaise réputation et pourtant, certaines d’entre elles ont quelques qualités et peuvent s‘avérer bien utiles, comme pour attirer les pollinisateurs et les insectes auxiliaires ou nourrir les oiseaux par exemple... Mais certaines ont également des vertus insecticides pour les plantations, nutritives pour le sol ou encore médicinales pour l’Homme. Enfin, d’autres comme le pissenlit, le fenouil, les orties, sont aussi comestibles

Pour en savoir plus sur l’opération #PlanteTonSlip (mode d’emploi et référencement de son observation sur la carte interactive), rendez-vous ici.

Avec l'ADEME.

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