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Cinq conseils pour vraiment réussir son compost

Une fois mûr, le compost constitue un véritable engrais naturel.
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Nous avons doublé le nombre de nos ordures ménagères en 40 ans en France. S’il s’avère urgent de les réduire en amont, on peut prendre une nouvelle habitude en aval, celle de faire du compost avec nos déchets organiques. En cette Semaine nationale du compost, ID fait le point.

Pour rappel, le compostage consiste en une transformation biologique de déchets biodégradables tels que nos ordures ménagères organiques – restes de fruits et légumes, épluchures entre autres – et nos déchets verts tels que la tonte de gazon ou les branchages. Ceux-ci deviennent ce que l’on appelle "un produit stabilisé", le compost, riche en humus et semblable à un terreau : un véritable engrais biologique prêt à nourrir tous nos végétaux. A noter que faire du compost peut nous amener à réduire de 20 à 30 % nos déchets ménagers et qu’il peut être utilisé dans le potager ou pour les plantes en pot.

Si l’on dispose d’un jardin, on peut réaliser son compost soit en formant un tas dans un endroit caché, à l’abri du vent, que l’on retourne à la fourche une fois de temps en temps, soit en utilisant un bac à compost (idéal pour une cour). La transformation naturelle s’opère en présence d’eau et d’oxygène, par le biais de micro-organismes tels que des champignons et des bactéries et de plus gros organismes tels que des vers, des petits insectes ou des acariens.

©Gaël Nicolet/ID

En appartement ou sur son balcon, on peut passer par le lombricompostage : cette technique consiste à composter ses déchets grâce à des vers de terre. On tapisse le fond du bac avec trois à cinq couches de papier journal surmontées d’une couche de terreau de quelques centimètres. On y dépose ensuite environ 250 g de vers. On découpe du carton humidifié en fines lamelles et on le place sur le lit de terreau. Environ 5 à 10 jours plus tard, on dépose ses déchets organiques découpés en petits morceaux. D’autres façons de procéder existent, on peut se référer au guide du réseau Les Amis de la Terre par exemple.

Quelque soit la méthode utilisée, pour bien réussir son compost, il est important de :

Composter ce qui se composte vraiment

Gaël Nicolet/ID

Attention, on ne composte pas les os, les restes de soupe et de sauce, les huiles et autres matières grasses, la terre, le sable, le charbon de bois, les litières chimiques, le bois traité, les magazines, les mégots, les sacs d’aspirateur et la poussière, les couches de bébé, les tissus synthétiques, le verre, les produits chimiques…

Mettre un peu de tout dans son compost

Il est important de mélanger des catégories opposées de déchets, évidemment en fonction des déchets dont on dispose. L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (Ademe) conseille soit de les brasser au préalable, soit de les disposer en couches alternées, et nous indique quelles sont ces catégories à mêler (plus de détails dans son guide) :

-les déchets carbonés (branches, paille, carton, sciure, copeaux, papiers, écorces…) et les déchets azotés (déchets de cuisine, pousses vertes et tontes de gazon);

-les déchets humides (déchets de cuisine, tonte de gazon, pousses vertes) et les déchets secs (branches, paille, papier, sciure)

-les déchets grossiers (tailles et déchets fibreux broyés) et les déchets fins (déchets de cuisine, tonte de gazon, sciure…).

Surveiller l’aération et l’humidité

Un compost ne doit pas être trop ni trop peu humide : il nécessite une surveillance régulière pour savoir s’il faut l’arroser légèrement ou y rajouter des matières humides comme des épluchures, ou plutôt l’assécher en rajoutant des déchets bruns ou secs. Pour le compostage en quantité importante particulièrement, l'Ademe rappelle qu'il ne faut pas oublier au préalable de mettre "des matières grossières favorisant l’aération" dans son mélange et de brasser régulièrement le compost, surtout au début puis une fois tous les un à deux mois.

Le lombricomposteur doit être également surveillé : les vers ont besoin de beaucoup d’oxygène, d’une température comprise entre 15 et 25°C et d’une humidité importante mais pas excessive, ce qui implique de faire attention au froid l’hiver et à la chaleur l’été.        

Savoir reconnaître lorsque son compost est mûr

Utiliser son compost comme engrais avant qu’il ne soit mûr peut s’avérer néfaste pour ses plantes : au bout de 8 à 12 mois, si celui-ci a une couleur presque noire, qu’il ressemble presque à du terreau de commerce, que l’on n’y reconnaît pas les résidus de nos déchets et qu’il sent bon la terre, c’est bon signe. Pour avoir la certitude que son compost est prêt, l’Ademe conseille de semer des graines de cresson dans des petits pots remplis de compost : si elles germent, c’est qu’il est prêt.

Un lombrithé, avec cela ? Dans le cas du lombricompostage, le compost sera mûr au bout de deux à trois mois et les mêmes indices permettront d’en être sûr. A savoir que le lombricompostage génère également une sorte de thé de vers dans le bac du bas, aussi appelé “lombrithé” : on le dilue à 10 % pour l’utiliser ensuite comme un bon fertilisant pour les plantes en pot.

Garder le compost humide jusqu’à son utilisation

Le compost doit absolument rester humide jusqu'à son utilisation, sinon ses organismes décomposeurs mourront et il risque de se déminéraliser : il faut donc encore une fois veiller à ce qu’il ne s’assèche pas. C’est ce que rappelle Réseau Compost Citoyen, organisateur de la Semaine nationale du compostage de proximité du 24 mars au 8 avril 2018. On retrouve d’ailleurs quelques conseils pour épandre efficacement son compost sur le site dédié à cette Semaine (cliquer ici).

Où ramener ses biodéchets si l’on ne souhaite pas faire de compost chez soi ? Rien ne nous empêche de mettre nos déchets organiques de côté et de les amener sur un site de compostage de proximité. On se renseigne auprès de sa mairie pour connaître le site le plus proche de chez soi ou l’on se réfère à la carte de la plateforme semaineducompostage.fr, qui regorge de bonnes adresses un peu partout en France (et d’événements dédiés au compostage).

Le saviez-vous ?

La loi de transition énergétique pour une croissance verte prévoit une généralisation du tri à la source des biodéchets d'ici 2025 "pour que chaque citoyen ait à sa disposition une solution lui permettant de ne pas jeter ses biodéchets dans les ordures ménagères résiduelles, afin que ceux-ci ne soient plus éliminés, mais valorisés."