Abonnez-vous

En vous abonnant, vous acceptez notre politique de confidentialité.

Environnement

Greta Thunberg débarque à Paris, la bio progresse en France et l'État bientôt devant les tribunaux... Le débrief de la semaine

©MICHEL STOUPAK/NURPHOTO

Au programme de l'actualité durable cette semaine : la jeune militante suédoise Greta Thunberg défile avec la jeunesse parisienne en faveur du climat, les produits bio s'installent dans les habitudes de consommation des Français et le directeur de Greenpeace annonce être prêt à attaquer l'État pour inaction climatique. 

La tournée européenne de Greta Thunberg se poursuit. Vendredi 22 février, la militante suédoise de 16 ans, connue notamment pour sa grève scolaire entamée l'été dernier et ses prises de parole remarquées à la COP24 puis à Davos, est arrivée à Paris accompagnée d'une trentaine d'étudiants européens membres du mouvement "Fridays for Future". Dans la capitale, elle participe à la deuxième journée de mobilisation en France de la jeunesse pour le climat, marquée par une marche au départ d'Opéra puis un débat à la Bourse du travail à partir de 18h30.

Présente hier en Belgique, où la mobilisation des étudiants en est déjà à sa septième semaine consécutive, l'adolescente a rappelé les motifs de son action : "Je n'ai entendu aucune promesse concrète de la part de dirigeants et de responsables politiques, ils disent simplement qu'ils vont essayer de faire de leur mieux". Vendredi 15 février, pour la première opération du genre dans l'Hexagone, quelques centaines de collégiens et lycéens s'étaient rassemblés devant le ministère de la Transition Écologique et Solidaire, appelant le gouvernement à prendre des mesures d'urgence en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique. Ce vendredi, ils étaient environ un millier autour de Greta Thunberg, rapporte l'AFP. 

L'État français bientôt devant les tribunaux ? 

La réponse apportée par le gouvernement n'aura apparemment pas convaincu. Mardi 19 février, au micro de RTL, le directeur général de Greenpeace France, Jean-François Julliard, a annoncé le dépôt dans les prochaines semaines d'un recours contre l'État pour inaction climatique. Alors que les quatre ONG à l'origine de la pétition historique "L'affaire du siècle" ont été reçues le 14 février par le Premier ministre Édouard Philippe et le ministre de la Transition écologique François de Rugy, l'argumentaire déployé par l'exécutif, assurant notamment que "l’État français est parmi les plus actifs pour lutter contre le dérèglement climatique, et l’un des moins émetteurs par habitant et par unité de PIB des pays développés", n'aura pas suffi à faire reculer ces dernières. "Le gouvernement nous dit que la trajectoire empruntée par la France est la bonne pour lutter contre le dérèglement climatique, ce avec quoi nous ne sommes pas d'accord", a notamment déclaré M. Julliard, formulant le souhait qu'une telle action puisse "provoquer quelque chose", et "contraindre (le gouvernement) à rehausser son ambition" par l'intermédiaire des tribunaux.

Ces derniers jours, d'autres ont opté pour une solution différente afin d'interpeller l'État sur cette thématique : jeudi 21 février, une vingtaine d'activistes climat appartenant à l'organisation Action non violente-COP21 ont pénétré dans des mairies françaises afin d'en décrocher les portraits officiels d'Emmanuel Macron. "La réponse du gouvernement français, rendue publique ce 15 février, à l’interpellation pour 'inaction face aux changements climatiques' signée par plus de 2 millions de citoyens est jugée inacceptable par les militants d’ANV-COP21", peut-on lire sur le site du mouvement, qui a renouvelé son opération vendredi 22 février dans la mairie du Ve arrondissement de Paris. "Tant que le président Macron ne sera pas au rendez-vous de l'Histoire, nous laisserons dans chaque mairie ce vide illustrant si bien sa politique face au péril climatique", explique Pauline Boyer, porte-parole de l'association. 

La bio progresse en France

Les Français sont désormais 71 % à consommer des produits bio au moins une fois par mois et 12 % tous les jours, selon le baromètre annuel de consommation de l'Agence Bio dévoilé jeudi 21 février. Une habitude alimentaire qui s'explique en particulier par la volonté de préserver leur santé, pour 69 % d'entre eux, et par la qualité et le goût des produits (58 %). 84 % des sondés estiment toutefois que les produits bio sont encore trop chers. Autre point problématique, la transparence autour de ces produits : ils sont ainsi 51 % à déclarer ne pas avoir assez d'informations sur l'origine des produits bio, tandis que ce chiffre monte à 63 % quand il s'agit de la réglementation en agriculture bio. 

Donnée intéressante : les plus gros demandeurs de produits bio sont les 18-24 ans, dont la proportion de nouveaux consommateurs de bio depuis moins d'un an s'élève à 27 %, contre 17 % pour l'ensemble du panel. Un intérêt porté notamment par la question du bien-être animal, pour 37 % d'entre eux. 

Le plastique au centre des attentions

Alors qu'un amendement prévoyant le report de l'interdiction de certains objets en plastique à usage unique (pailles, couverts, bâtonnets mélangeurs) à 2021 - soit un an plus tard que la date initialement prévue - était examiné cette semaine à la Commission mixte paritaire, six ONG - Zero Waste France, Surfrider Foundation Europe, Cantine sans Plastique France, Bas les pailles, No Plastic in my sea et la FCPE - ont adressé aux parlementaires, lundi 18 février, une lettre ouverte dans laquelle elles réclament le rejet de ce texte, jugé "incompréhensible face à l'urgence de la crise de la pollution plastique" laquelle elles réclament le rejet de ce texte, jugé "incompréhensible face à l'urgence de la crise de la pollution plastique". 

Jeudi 21 février, d'autres acteurs se sont signalés en signant un pacte avec le gouvernement et des ONG pour réduire les emballages plastique. Des enseignes telles qu'Auchan, Carrefour, Casino, Coca Cola Europe, Danone, Système U, Franprix, Monoprix, Unilever, L'Oréal, Nestlé France, "représentant au moins la moitié du volume d'emballages plastique utilisés en France", précise l'AFP, se sont ainsi engagées notamment à cesser de recourir au PVC dans les emballages ménagers ou industriels d'ici 2022 et à "prendre des mesures pour éliminer les autres emballages problématiques d'ici 2025".