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DOSSIER

Ecovillages : un choix de sens pour répondre à l’enjeu climatique

La permaculture est une forme d'agriculture respectueuse de l'environnement.
©Vincent Erhart/Unsplash

Les écovillages se dressent de plein pied face à la menace pesante du changement climatique. Ils réinventent des modèles de sociétés durables, qui tiennent compte des prérogatives pour le maintien d’une planète soutenable.   

Le choix d’habiter un écovillage découle au départ d’une prise de conscience citoyenne face à l’ampleur du dérèglement climatique. Animés par la volonté d’un retour à l'essentiel, au plus près du vivant, les habitants se rejoignent autour d’une vision commune de sobriété et d’une empreinte carbone faible. Leur devise : “Intégrer l’habitat humain dans l’écosystème naturel”. Pour cela, ils mettent en place une agriculture respectueuse du vivant comme la permaculture et des infrastructures durables (habitat léger, toilette sèche, four solaire…) de façon à dérégler le moins possible l'équilibre naturel du lieu. En cherchant à tendre vers l’autonomie, ils engagent une diminution de la dépendance aux produits issus des ressources non-renouvelables. 

Un choix de vie écologique revendiqué 

Pour Adam Béjaoui, auteur de l’essai Bâtir des communautés résilientes face au changement climatique, “il y a des facteurs que l’on ne peut pas empêcher et les enjeux climatiques nous dépassent. La véritable question est : comment s'adapter face à cette urgence écologique ? Les écovillages y répondent assez bien et sont un exemple pour le futur”, admet-il, désireux de voir le modèle se développer en plus grand nombre. 

Lionel Montoliu est le directeur de 0,6 planète, un organisme, à l’origine de plusieurs projets expérimentaux de villages durables et écologiques à grande échelle. "Notre mission est de chercher, tester et valider un mode de vie à la fois durable et désirable, avec un objectif de 0,6 planètes”, résume-t-il. En comparaison, un Français moyen utilise 2,9 planètes, contre 0,67 pour un indien, selon les données de l'organisation WWF calculées par le Global Footprint Network.

Permaculture : s’inspirer de la nature pour mieux la préserver 

“Alors que les surfaces d’herbes riches en biodiversité, ont diminué de 7,5 % en France, en dix ans”, d’après le dossier L’avenir des sols en 10 questions, publié par l’ADEME en 2019, le mode d’agriculture a un rôle à jouer dans l’urgence climatique. “Une exploitation trop intensive bouleverse les couches les plus superficielles. Ces bouleversements affectent la vie des résidents du sol et tous ces organismes ne jouent plus aussi efficacement leurs rôles”, relate le dossier. En réponse, les écovillages expérimentent d’autres modèles comme la permaculture, basée sur la reproduction des interactions de la nature. C’est ainsi que les carottes côtoient les radis sur une même surface et que les pois font de l’ombre aux courges. Chaque membre de l’écosystème a un effet bénéfique sur son compagnon de terre. En imitant les lois de la nature, les maraîchers qui pratiquent la permaculture préservent le vivant et œuvrent pour la sauvegarde d’une terre saine. 

Des habitats durables : bâtir sans détruire 

L'industrie du béton est responsable de 7 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon un rapport de l’association mondiale du béton et du ciment (GCCA). En profond désaccord avec la bétonisation des sols, qui altère la biodiversité, les membres des écovillages font appel à l’écoconstruction. Ils rénovent et construisent leurs habitats à partir de matériaux naturels et bio-sourcés. Autre facteur important dans le choix des matériaux : le localisme. “Nous utilisons une scierie mobile sur certains chantiers, lorsqu'il y a un bosquet sur le terrain. Le bois récupéré est utilisé dans la construction de la charpente”, confie Guillaume Gourdon, artisan en écoconstruction. La deuxième option réside dans le choix d’habitats légers. Un habitat léger répond au moins à l’un des quatre critères suivants : démontable, mobile, transportable et compostable, d’après l’analyse de Cristo Corbeau et Romane Rostoll dans leur ouvrage Vivre en écolieux. Son emprise réduite au sol permet la conservation de la biodiversité qui siège.

En plus de la rénovation d’une vieille longère et d’une maison dans un corps de ferme, les membres de l’écovillage du Bel-air, situé en Bretagne, vivent dans leur habitat léger respectif. “Nous avons des yourtes, des caravanes, des mobil-homes. Ces espaces individuels permettent de garder une certaine intimité”, justifie Pierre-Elie Dubois, cofondateur de l’écovillage.

Tendre vers l’autonomie 

Dans une démarche écologique et dans un rejet de la dépendance aux industries pétrolières, les écovillages se rejoignent par la vocation d’une autonomie alimentaire et énergétique. Bien qu’une autonomie totale soit inatteignable, comme l'expliquent les acteurs interrogés, l’objectif est de subvenir aux besoins du collectif. Les habitants cultivent et fabriquent des produits transformés (soupes, bières, fromages, cosmétiques) et produisent, dans la mesure du possible, leur propre électricité, généralement à partir de panneaux photovoltaïques.  

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