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Entreprises

Quand des Normands se lancent le défi de relocaliser le lin bio !

Paul Boyer, directeur général de LINportant, et Morgane Ermeneux, responsable commerciale et marketing.
©LINportant

Près de Caen, une nouvelle coopérative est bien décidée à réinventer l’industrie du textile en lançant la première usine de fabrication industrielle de tee-shirts en lin bio et local.  

C’est à Évrecy, en Normandie, que l’usine de la coopérative de fabrication locale de tee-shirts en lin baptisée "LINportant" devrait s’implanter dans les prochains mois. Une équipe y travaille plus globalement à la mise en place d’un un outil industriel visant à relocaliser la filière du lin bio dans la région.  

"Je travaille dans la mode éthique depuis longtemps : quand j’ai déménagé en Normandie, j’ai découvert la culture agricole du lin et je suis tombé encore plus amoureux de cette matière que je ne l’étais, raconte Paul Boyer, directeur général de LINportant. J’ai rejoint l’association ‘Lin et Chanvre bio’, qui souhaitait alors constituer une filière pour que les agriculteurs qui faisaient traditionnellement du lin dans leur exploitation et souhaitaient se tourner vers l’agriculture bio puissent trouver un débouché pour le lin certifié bio. Progressivement, j’ai pris conscience de l’absurdité de la situation où un agriculteur normand produit du lin mais n’a aucune visibilité sur sa destination. En fait, son lin part à 90 % en Asie. Le fait qu’il n’y ait plus de transformation locale était de plus en plus choquant."

L’association ‘Lin et Chanvre bio’ a, dans ce contexte, créé un lieu où peuvent se rencontrer tous les acteurs de l’amont jusqu’à l’aval. "C’est extraordinaire de pouvoir donner du sens à un vêtement en maîtrisant toute la filière, précise Paul Boyer. Mais dans cette filière, nous avions un trou sur la transformation industrielle. Vu que la demande pour le bio et le local se rejoint au moins en termes de population concernée, c’était intéressant de construire quelque chose autour de cela. En tricotage, ça manquait d’acteurs : après une étude de faisabilité, j’ai décidé de lancer LINportant pour faire non pas une marque, mais un fabricant qui puisse, avec des tee-shirts, représenter rapidement des volumes significatifs. Cela permet de constituer une brique pour la filière."

C’est un projet pour que des grandes marques puissent avoir une fabrication bio, locale, à un prix qui rentre dans leur modèle économique.

Revaloriser la filière

La Société Coopérative d’Intérêt Collectif LINportant s’est ainsi formée avec un peu plus de soixante coopérateurs représentant tous les acteurs du milieu. Le but étant de créer un outil au service de la filière du lin et du lin bio plus significativement, "pour la renforcer, pour lui donner des débouchés locaux, pérennes et transparents". "C’est un projet pour que des grandes marques puissent avoir une fabrication bio, locale, à un prix qui rentre dans leur modèle économique", précise le directeur général.

Derrière cette initiative, l’équipe de LINportant souhaite par ailleurs éveiller les consciences dans l’industrie de la mode, un secteur très polluant : le lin est un basique indispensable, souple, pratique et confortable, sain pour la peau et l’environnement. "C’est une matière naturelle que la nature est capable de recycler et c’est la seule fibre locale en France, disponible en quantité industrielle : on a 100 000 tonnes de lin chaque année issues des champs de France, fait remarquer Paul Boyer. Le lin est une culture très sensible qui nécessite un sol très profond et d’une très bonne qualité de terre, et aussi un climat très tempéré. C’est pour cela que la Normandie est le meilleur endroit au monde pour faire du lin, ajoute-t-il. Sur ces très bonnes terres, l’agriculture bio a du retard." La coopérative compte ainsi non seulement contribuer à relocaliser la filière de transformation du lin, mais également encourager la conversion à l’agriculture bio dans la région.

Plus on est nombreux à participer à cette campagne et à soutenir la création de ce projet, plus on envoie un signal très fort aux financeurs qui vont voir qu’il y a un marché, mais aussi aux marques, qui constatent également la demande des clients, et aux acteurs de la filière !

Dernière ligne droite pour soutenir le projet

Pour financer ce projet, l’équipe de LINportant a lancé une campagne sur Ulule, à laquelle il est possible de contribuer à partir de 35 €, jusqu’au 7 mai. Actuellement, 3000 préventes ont déjà été recensées sur un objectif de 100. Mais 8000 contributions supplémentaires sont nécessaires (en contrepartie d’un certain nombre de tee-shirts, selon le montant) afin de pouvoir ouvrir la totalité de la manufacture et de permettre à l’équipe d’être autonome. "Plus on est nombreux à participer à cette campagne et à soutenir la création de ce projet, plus on envoie un signal très fort aux financeurs qui vont voir qu’il y a un marché, mais aussi aux marques, qui constatent également la demande des clients, et aux acteurs de la filière !", remarque Paul Boyer.

Le projet est aujourd’hui pensé pour une capacité de 100 000 tee-shirts par an, soit 20 tonnes de lin et une douzaine d’emplois.

©campagne Ulule LINportant

En partenariat avec LINportant.

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