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Pour être éco-responsable au travail, on évite d'imprimer... mais encore ?

120 à 140 kg de déchets par an sont produits par un salarié du secteur tertiaire dont 3/4 de papiers, selon l'Ademe.
©Rawpixel.com/Shutterstock

Si éviter d'imprimer un rapport de 60 pages dont on sait qu'on ne lira que le résumé pour une réunion est une première manière de polluer moins au bureau, d'autres gestes auxquels on ne pense pas toujours ont aussi leur importance au quotidien.   

L'éco-responsabilité ne s'arrête pas à la porte de notre domicile. Les Français qui travaillent dans un bureau ou un open space, soit environ 13 millions de personnes, y passent en moyenne 200 jours par an, estime l'Agence de la Maîtrise de l'Environnement et de l'Energie (Ademe). D'où l'importance d'y adopter les bons gestes pour respecter notre environnement. Les sources de pollution sont diverses au travail, entre l'informatique, le chauffage, la climatisation, la mobilité...

Moins imprimer est donc un réflexe à avoir parmi tant d'autres – qui demeure d'ailleurs important, puisque la consommation de papier n'a pas diminué dans nos bureaux, et ce malgré la présence accrue du numérique.  A savoir par ailleurs que seulement "35 % des entreprises recyclent le papier", selon Zero Waste France et Riposte Verte, et que 25 % des papiers sont jetés cinq minutes après avoir été imprimés. Petite astuce à ce niveau : lorsque l'on n'a pas d'autre choix que d'imprimer un document, s'il comporte de la publicité, on utilise la plateforme Print Friendly pour s'en débarrasser et économiser du papier.

Paradoxalement, le développement du numérique ne s’est pas accompagné d’une diminution de la consommation de papier, qui représente 75 % des déchets de bureau", estime l'Ademe. 

D'autres gestes à privilégier :

1. Eviter d'envoyer 1000 mails à tout-va 

Faire des recherches sur Internet, stocker des données, envoyer un courriel : ces actions du quotidien nous paraissent anodines mais représentent une pollution bien réelle. Selon certaines estimations, "la pollution générée par l’industrie du net et son impact sur le climat sont équivalents à ceux du secteur de l’aviation", pointe Greenpeace.

On supprime les spams, on limite les envois collectifs qui multiplient l'impact environnemental du mail, on n'envoie pas un mail à un collègue alors qu'on peut lui donner l'information oralement, on supprime un maximum de pièces jointes enregistrées dans ses mails et dont on n'a plus besoin, on envoie des pièces jointes aussi légères que possible. Plus globalement, en surfant sur Internet, on ferme autant que possible les onglets inutilisés, on vide son historique de navigation et le cache de son navigateur, on supprime les téléchargements que l'on n'a plus besoin de stocker sur son ordinateur et on fait des listes de favoris pour éviter de refaire plusieurs fois la même recherche. On éteint son ordinateur en quittant le bureau au lieu de le laisser en veille.

Pour davantage de conseils, direction le site "Pour un internet qui respire": allegerleweb.com

2. Faire des pauses café et déjeuner zéro déchet et anti-gaspi

Des gobelets en plastique près de la fontaine à eau ? D'autres gobelets en plastique dans le distributeur à café ? On les boycotte, tout simplement. Pour cela, rien de plus facile : on amène son propre verre et son mug au travail. A noter que plusieurs entreprises proposent des solutions pour éviter l'utilisation de verres jetables, notamment Newcy, qui commercialise des gobelets réutilisables pour la pause café.

Durant la pause déjeuner, on emmène son tote bag pour éviter de revenir avec un sac en plastique ou en papier contenant son repas qu'on jettera systématiquement. En cantine d'entreprise, on évite d'avoir les yeux plus gros que le ventre pour ne pas gâcher, on ne prend pas ce morceau de pain que l'on ne mangera pas, ni ce sachet de sucre ou ce biscuit avec son café si c'est pour qu'ils finissent jetés. Un travailleur jette en moyenne entre 150 et 200 grammes de nourriture à chaque repas dans son restaurant d'entreprise, estime l'Ademe.

On se renseigne sur la provenance des produits proposés et on privilégie les produits de saison et locaux. Avoir un réfrigérateur collectif au bureau est l'occasion d'y placer les aliments que l'on n'a pas consommés le jour-même et de les garder pour le lendemain ou de les proposer à ses collègues, suggère l'Ademe. On évite aussi les plats préparés et les collations en portion individuelle.

Et ce qu'il y a à jeter ? On se renseigne sur la politique de tri de son lieu de travail, si celle-ci n'est pas clairement indiquée, pour éviter de jeter au mauvais endroit les mauvais contenants par simple manque d'information. Un petit rappel général sur le tri :

©Gaël Nicolet

3. Dire non à la clim' autant que possible

La climatisation en entreprise peut représenter jusqu'à 20 % de consommation d'énergie dans les grands immeubles de bureau, selon l'Ademe : il est préconisé d'ouvrir les fenêtres et d'utiliser des ventilateurs, qui consomment moins. Pour le chauffage, on parle de 50 % de consommation d'énergie. Aussi, son utilisation requiert de nombreuses précautions : ne pas obstruer les chauffages et ne pas laisser les portes ouvertes vers des couloirs, par exemple.

Du côté de l'éclairage, chacun a aussi un rôle à jouer au travail, à savoir : on pense à éteindre la lumière dès que l'on sort d'une salle de réunion par exemple. L'Ademe précise que 10 minutes d'éclairage inutile trois fois par jour représente cinq jours d'éclairage en continu au bout d'un an.

4. Penser éco-mobilité pour se rendre au travail

Vous vivez à cinq kilomètres ou moins de votre travail ? Dans ce cas, l'Ademe précise que le vélo sera tout aussi rapide que les transports motorisés, surtout en présence de pistes cyclables, et que l'on est en moyenne 2 à 3 fois moins exposés aux polluants de l'air à vélo qu'en voiture. Si vous êtes salarié d'une entreprise du secteur privé, avez-vous pensé à l'indemnité kilométrique vélo ? Plus de détails sur le site de l'URSSAF. Une option qui ne pollue pas, contrairement à la voiture, qui elle est utilisée par 74 % des Français pour se rendre au travail, souvent seuls. Seulement 11 % choisissent les transports en commun, et 3 % le vélo.

Pour trouver le moyen de transport le moins polluant afin de se rendre au travail, l'Ademe propose un éco-calculateur à cette adresse. On pense évidemment aux options du covoiturage ou de l'auto-partage

La pollution au bureau

-15 000 km est la distance moyenne parcourue par une donnée numérique ;

-120 à 140 kg de déchets par an sont produits par un salarié du secteur tertiaire dont 3/4 de papiers ;

-Les 2/3 de la consommation d'électricité dans un bureau se produisent en période d’inactivité.

Source : Ademe (données pour la France)

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Commentaires
Par frédéric bordage - le 10/06/2018

Bonjour,

En entreprise, les principaux impacts liés au numérique ont lieu lors de la fabrication des équipements des utilisateurs et au niveau du service informatique (déplacements domicile-travail et m2 de bureau). Les impressions n'arrivent bien souvent qu'en 3ème ou 4ème position. Elles représentent en moyenne 18 % des émissions de gaz à effet de serre et 24 % du bilan eau (eau bleue) du système d'information. source : https://club.greenit.fr/benchmark2017.html

Fort de constat, les conseils que vous donnez en "1. Eviter d'envoyer 1000 mails à tout-va " ne sont pas les principaux gestes clés qui permettent de réduire notre empreinte numérique au bureau. On devrait plutôt, en priorité :
1. Conserver le plus longtemps possible nos équipements
2. Accepter d'utiliser des équipements reconditionnés (c'est à dire d'occasion remis à neuf)
3. Réduire son taux d'équipement (a-t-on réellement besoin d'un smartphone, d'une tablette, d'un laptop et de 2 écrans externes ?)
4. Collecter les équipements sans les abîmer (pour favoriser leur réemploi).
5. Collecter le papier graphique sans le froisser ni le mélanger.

Par ailleurs :

1. Les impacts environnementaux lié au stockage des e-mails est négligeable / epsilonesque comparé à la durée de vie des équipements, à la taille des écrans et plus généralement au taux d'équipement des utilisateurs, et à la nature de l'électricité utilisée pour alimenter les ordinateurs. Sur l'ensemble de ces points (sauf le dernier), les utilisateurs ont une part directe de responsabilité.

2. La plupart du temps, le fait de vider le cache de son navigateur augmente les impacts environnementaux. Idem pour l'historique de navigation qui impose de rechercher à nouveau l'adresse d'un site web ou d'une page précise sur un site web ce qui augmente le temps de navigation sur le site et donc les impacts environnementaux associés. Il faut arrêter de propager ces contre-vérités !

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