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TRIBUNE

Le tourisme est mort, vive l’écotourisme !

Mélanie Mambré, fondatrice de Vaovert.
©Antoine Martel

Début des années 2000, nous étions 700 millions à voyager selon l'Organisation mondiale du tourisme. En 20 ans, ce chiffre a doublé. Pollution, dégradation des sites et de la biodiversité, le tourisme de masse a atteint ses limites. 

Dans le même temps, l’impact de cette crise sanitaire sans précédent nous oblige à repenser le modèle. Et peut devenir, pour les professionnels les plus engagés, une véritable opportunité.

Le tourisme durable n’est pas une utopie : c’est l’avenir du tourisme

Jusqu’ici, l’industrie touristique a toujours fait preuve d’agilité pour répondre aux besoins des voyageurs. C’est d’ailleurs en scrutant les envies des consommateurs que la filière a évolué en proposant une offre de services toujours plus digitale et adaptée à chaque segment de marché.

Or il se trouve qu’aujourd’hui, 7 Français sur 10 souhaitent partir en voyage durable selon une étude Harris Interactive de 2018. Le tourisme durable (ou responsable) induit un voyage de proximité qui contribue à la fois à limiter le réchauffement climatique, protéger la biodiversité, valoriser les circuits courts et les savoir-faire locaux.

Plus qu’une simple mode, le tourisme durable s’impose largement. Ainsi, 90 % des Français se déclarent attentifs à respecter l’environnement lorsqu’ils partent en voyage, tandis que 39% se déclarent très attentifs au respect de la faune, de la flore et des ressources. En réalité, la clientèle touristique suit les nouvelles aspirations de la société toute entière et tend à opter pour des séjours plus authentiques, moins lointains, plus responsables. La crise du Covid-19 a d’ailleurs amplifié cette tendance de fond en incitant les Français à (re)découvrir leur patrimoine touristique cet été.

De l’intention à l’action des professionnels du secteur

À l’heure actuelle, seulement 1 % du marché du tourisme en France relève du tourisme durable, alors que ce segment représente une vraie opportunité pour la filière. La transformation du tourisme ne pourra pas se réaliser sans les professionnels du secteur - tours opérateurs, hôteliers, offices de tourisme et institutionnels - qui ont une vraie partition à jouer. L’enjeu écologique et économique est de taille !

-Ainsi, la mise en place par les voyagistes de programmes d’absorption des émissions de CO2 gagnerait à devenir systématique. Selon une étude conduite par Orchestra en octobre dernier, 2/3 des touristes souhaitent s’appuyer sur les professionnels du tourisme pour s’assurer que leur voyage est bel et bien durable.

-Du côté des hôteliers et hébergeurs, la transition écologique des établissements doit s’accélérer. Le cahier des charges d’une certification est un outil pratique pour enclencher une transformation concrète, mesurable, et surtout valorisable auprès de la clientèle. L’Écolabel européen (qui impose des mesures d’économie d’eau et d’énergie, le tri des déchets en interne, l’utilisation de produits d’entretien écologiques ainsi qu’une offre de restauration bio ou locale) ou la Clef Verte (attribuée aux établissements qui sensibilisent, en plus, les employés et les clients à la protection de l’environnement) sont un premier pas pour initier une démarche de labellisation.

Quant aux offices de tourisme et aux institutionnels, l’heure est à la sensibilisation et à l’accompagnement des prestataires du territoire dans leur virage écoresponsable. Le rôle des équipes dans l’orientation des visiteurs est tout aussi décisif : valorisation des campagnes environnantes pour mieux répartir les flux et donner à voir une autre expérience, promotion des mobilités douces, conseil de consommation locale, etc.

Aujourd’hui, le tourisme émet 8 % des gaz à effet de serre de la planète. Ce chiffre, en constante augmentation, s’explique par le nombre croissant de voyageurs : selon l’OMT, nous pourrions être 1,8 milliard de touristes en 2030. L’urgence climatique à son paroxysme couplée à la crise sanitaire obligent les professionnels du secteur à s’engager dans ce mouvement sociétal et à faire de l’écotourisme la nouvelle norme de qualité. Car seules la solidarité et la coopération entre l’ensemble des acteurs du tourisme français et européens permettront d’avancer intelligemment afin de répondre aux nouvelles exigences écologiques et sanitaires.

Par Mélanie Mambré, fondatrice de Vaovert, première plateforme d'hébergements écoresponsables de France.

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