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Entreprises

EcoTree : devenir propriétaire d'un arbre pour soutenir la forêt française

L'équipe derrière EcoTree.
©EcoTree

Posséder un chêne dans la Sarthe ou un pin maritime dans le Morbihan, pouvoir suivre le déroulement de sa vie et même en tirer des bénéfices : sur EcoTree, la plateforme et start-up française née en 2016, cette aventure est bel et bien possible. 

Sur EcoTree, on achète l'arbre de son choix (épicéa, mélèze, châtaignier, chêne rouge...) en Bretagne, Pays de Loire, en Île-de-France, ou dans le Limousin par exemple, et l'on obtient un espace personnel dédié avec un tableau d’absorption de CO2, la valorisation dans le temps, des photos du massif forestier, sa géolocalisation…

Les six cofondateurs d'EcoTree se sont lancés dans une entreprise ambitieuse : racheter des forêts abandonnées à leurs propriétaires et les revaloriser avec un véritable plan d'ingénierie forestière. Ils proposent à l'achat les arbres présents dans celles-ci à des particuliers ou à des entreprises, sans vendre le foncier. L'objectif : revaloriser la forêt française.

"75 % de la forêt française est privée, très souvent c’est de l’héritage, un hectare par ci, un autre par là, et vous ne connaissez même pas le cadastre, donc vous ne vous en occupez pas. Ce sont des forêts qui ne sont pas entretenues, qui ne remplissent pas leur office écologique. Nous avons donc racheté à leurs propriétaires ces forêts abandonnées, en friches, ou même des terres agricoles à reboiser", précise Théophane Le Méné, directeur général de la start-up.

Un investissement durable

EcoTree supporte toutes les charges du foncier et la gestion de l’arbre, qui sera entretenu sur tout son cycle de vie. En sus de son apport écologique, l’arbre prend aussi une valeur financière, avec un rendement espéré d'environ 2 % par an (sans garantie). On perçoit donc – à plus forte raison les générations à venir - 100 % de la valeur de l'exploitation. Par exemple, si l'on achète un chêne sessile dans la forêt de Ruillé dans la Sarthe pour 29 €, celui-ci devrait être coupé dans 70 à 75 ans, pour un gain espéré de 116 € - la plateforme, classée parmi les 1000 start-ups qui feront l’économie de demain par la génération French Tech, a reçu un agrément de l’Autorité des Marchés Financiers en tant qu’intermédiaire en biens divers. EcoTree compte par ailleurs proposer prochainement de la formation forestière afin de sensibiliser davantage les propriétaires à la valorisation de la forêt.

L'équipe derrière EcoTree affirme avoir planté depuis le lancement de cette plateforme plus de 74 000 arbres, qui ont absorbé près d'1 700 000 kg de CO2, ce qui représente l'équivalent de 3380 vols Paris/New York. Les arbres améliorent la qualité de l'air "en agissant comme de véritables filtres à air", précisent les cofondateurs : ils permettent de lutter contre le dérèglement climatique en séquestrant du CO2 et ils tempèrent les variations extrêmes du climat. 

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Le saviez-vous ?

Selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), la déforestation est à l’origine de 17 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre : chaque année, entre 13 et 15 millions d'hectares de forêt disparaissent, soit la surface de la Belgique. Aujourd'hui, la filière du bois connaît un déficit "alors même que la surface forestière en France est la 3ème des pays de l’Union Européenne et que la demande ne cesse d’augmenter".

©EcoTree

Trois questions à Théophane Le Méné, directeur général d'EcoTree

Comment est née votre idée de lancer EcoTree ?

L'idée nous est venue, avec les autres cofondateurs, à l'occasion d'un voyage à Copenhague. Là-bas, quand on ramasse les bouteilles en plastique par terre, on les met dans une machine et on obtient de l’argent en retour. Il y a vraiment un cercle vertueux qui n’existe pas en France. Ici, si vous jetez un mégot par terre, vous avez une amende. Nous sommes sur un système répressif. Nous voulions inciter les gens à faire une bonne action, récompensée. En tant que passionnés de la forêt, nous avons donc imaginé l'idée de la rendre accessible à tous, pour que tout le monde puisse d’une manière ou d’une autre devenir propriétaire forestier à moindre coût et participer à la restauration et à la préservation d’un patrimoine mondial de l’humanité.

Notre job, quelque part, est de sensibiliser les gens au sort de la forêt française." - Théophane Le Méné

Avec votre concept, vous proposez aux futurs propriétaires d'arbres de faire une bonne action, en quelque sorte...

C’est plus qu’une bonne action : aujourd’hui il y a plein d’associations en France qui vous proposent de planter des arbres. Mais il n'y a jamais de récompense. On est quand même dans une période où les gens n’ont plus beaucoup d’argent et en ont marre d’être les vaches à lait de toutes les bonnes causes. Nous leur proposons une équation vertueuse :  aider à valoriser des massifs forestiers qui n’existaient pas ou qui étaient en déshérence, ce qui est super bon pour la planète et en plus, récupérer de l’argent là-dessus.

Mais les gens ne le font pas forcément pour l’argent : si l’arbre est exploité dans 60 ans, ce sera pour leurs enfants. Ils se disent qu’ils investissent dans une logique patrimoniale, à la fois pour le patrimoine commun de l’humanité, mais également pour le celui de leurs enfants ou de leurs petits-enfants, qui seront contents d’avoir un petit pécule à un moment. Notre job, quelque part, est de sensibiliser les gens au sort de la forêt : on ne manque pas de forêts en Europe mais on manque de gestion. Écologiquement, ce n'est pas le top, mais économiquement non plus. On est en train d’importer du bois de l'étranger, c’est du délire ! Il faut qu’on l’entretienne.

Vous vous engagez par ailleurs à replanter trois arbres dès qu'un seul est acheté ?

Oui, quand l'arbre est exploité, donc quand on coupe. Car il faut couper durant certaines périodes : ce bois va servir à faire du parquet, de la charpente, qui en plus stocke le CO2 quand il est utilisé comme bois d’œuvre. On s’engage bien sûr à replanter : le but n’est pas de couper pour ensuite laisser un champ de ruines. Pour gérer une forêt, il convient de ne pas ignorer le passé pour imaginer l’avenir tout en maîtrisant le présent. La forêt est une ressource renouvelable dont on peut prélever les produits à condition d’en assurer la pérennité. Et la pérennité d’une forêt, c’est sa capacité de régénération (si possible naturelle), c’est-à-dire le remplacement d’un peuplement vieillissant (ou arrivé au terme de son exploitabilité) par un peuplement nouveau.

Article rédigé en partenariat avec EcoTree.