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Cueillette Urbaine : des potagers participatifs pour plus de bien-être au travail

Mise en place d'un potager participatif d'entreprise pour le groupe Sanef, à Issy-les-Moulineaux.
©Cueillette Urbaine

La société "Cueillette Urbaine" met en place depuis 2016 des fermes urbaines ainsi que des potagers participatifs pour entreprises, permettant de créer du bien-être au travail tout en végétalisant et en dépolluant la ville. 

Paul Rousselin a co-fondé "Cueillette Urbaine" dans un souci de dépollution de la ville notamment, mais également pour améliorer les conditions de travail des salariés en entreprise. Il a constitué, avec son associé, une équipe d’agronomes chargée de réfléchir à des modes de production agricole adaptés au milieu urbain, et respectueux de l’environnement. ID s'est entretenu avec ce dernier pour connaître la nature exacte et le bilan de ses activités. 

Que propose votre entreprise "Cueillette Urbaine" ? 

Nous déployons des fermes urbaines ainsi que des potagers participatifs pour entreprises, en mettant en place des outils de production de fruits, de légumes et même de poissons en ville. Cela permet de produire en ville, de dépolluer la ville, et de créer du lien social.

Quelle est la typologie des clients avec lesquels vous travaillez ? 

Nous travaillons avec deux types de clients : certains veulent des fermes productives, c'est-à-dire un véritable outil de production. Dans ces cas-là nous parlons alors d'aéroponie, d'hydroponie ou d'aquaponie, qui sont des techniques adaptées à l'espace urbain. Ces clients sont soit des promoteurs, soit des collectivités, soit des groupes faisant partie des secteurs de la restauration ou de la distribution comme Carrefour, Auchan, Sodexo, mais aussi des grands restaurants. Le deuxième type de clients avec lequel nous travaillons correspond à toute entreprise souhaitant créer un potager participatif. Il s'agit d'un projet en partie paysager, mais qui intègre de l'agriculture urbaine. Le seul pré-requis est de disposer d'assez d'espace pour accueillir l'installation.

Quelles sont les motivations de ces entreprises ?

Ces entreprises ont toutes envie de créer du bien-être pour leurs employés et sont convaincues que développer des activités annexes, étrangères au besoin primaire de l'entreprise, permet d'améliorer leur productivité. 

Que mettez-vous en place concrètement pour développer ces activités annexes ?

C'est à cette période-ci de l'année que l'on nous contacte le plus fréquemment. Nous venons alors dans les entreprises pour installer des bacs, ou bien pour développer des cultures "hors-sol", sous forme de colonnes de production. Nous organisons un atelier de lancement de ces potagers, un "atelier jardinage" lors duquel nous choisissons avec les employés les espèces à cultiver, qu'ils pourront ensuite récolter. Nous les plantons avec eux : ces ateliers s'étendent généralement sur une heure ou deux. Puis nous proposons de nouveaux ateliers en septembre et en octobre, au moment des récoltes. Nous les aidons à faire transformer les produits, en crème ou en baumes grâce aux plantes médicinales, ou en confiture pour les fruits. Un coach en cuisine nous accompagne et nous guide, puis nous dégustons tous ensemble.

La mode est au "happy management", aussi connu comme le "syndrome du baby-foot"... Votre solution ne s'inscrit-elle pas dans la lignée des "gadgets" destinés à assurer le bien-être des employés ? 

Notre projet s'inscrit également dans un objectif durable : dépolluer la ville. En effet, l'agriculture urbaine permet de faire de la rétention d'eau, de recycler les déchets du bâtiment et de réduire les îlots de chaleur. De plus, notre empreinte carbone est nulle puisque nous produisons en local et qu'aucun transport n'est associé à notre production. Ce lien avec la transition écologique nous permettra, il me semble, d'inscrire notre projet dans la durée. 

Quelle plus-value apporte exactement "Cueillette Urbaine" au bien-être et au lien social sur les lieux de travail ? 

Des études ont été faites et, effectivement, le fait de travailler dans un environnement vert et végétal permet de favoriser les micro-siestes. C'est-à-dire que ces potagers permettent aux employés de s'échapper, l'espace de quelques secondes, pour revenir plus sereins et plus productifs. De plus, ces potagers créent un lien social. Tous les salariés ne vont pas s'approprier le potager : cette activité créée donc une communauté autour d'un objectif ne correspondant pas à l'objectif premier de l'entreprise. Cela permet par exemple de créer un lien entre, disons, un livreur et un responsable des RH : ils ne se croisent habituellement pas, mais pourront ici se retrouver autour d'un sujet commun.

La chronique du Social Lab est à retrouver sur France Inter :