"A priori il n'y a aucune crainte" de voir une pénurie de kérosène dans le transport aérien en mai et juin, a assuré mercredi le ministre de l'Economie Roland Lescure.
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Aérien : "aucune crainte" de pénurie de kérosène en mai et juin, assure Lescure

"A priori il n'y a aucune crainte" de voir une pénurie de kérosène dans le transport aérien en mai et juin, et "sans doute peu de risque" pour la suite, a assuré mercredi le ministre de l'Economie Roland Lescure.

"On a à la fois +ceinture+ - tout se passe bien, on a réussi à s'adapter -, et +bretelles+ - les stocks stratégiques", a ajouté le ministre lors d'un point-presse organisé à l'issue d'une réunion gouvernementale avec les acteurs du secteur. Le secteur aérien est particulièrement touché par la flambée des prix du pétrole depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Plusieurs compagnies aériennes à bas coût, comme Transavia, ont commencé fin avril à annuler des vols.

"Les cas d'annulation sont pour l'instant assez exceptionnels", a précisé le ministre des Transports Philippe Tabarot. "Concernant le droit des passagers, ça a été rappelé : respect du droit des usagers, maintien des liaisons" pour assurer dans certaines régions "une continuité territoriale", a-t-il souligné, évoquant notamment la Corse et les départements et territoires d'outre-mer. "Le secteur aérien est satisfait de cette réunion", a commenté Pascal de Izaguirre, président de la Fnam (Fédération nationale de l'aviation, qui représente les compagnies aériennes en France) et de Corsair, à des journalistes après la conférence de presse.

Une augmentation des prix "très modérée"

"On a obtenu la garantie" que certaines "compagnies aériennes pourraient avoir des reports de charges pour leur trésorerie", a-t-il précisé. Il a par ailleurs assuré que "les augmentations de prix (seraient) très modérées". "Notre intérêt, c'est d'avoir une bonne saison d'été", et "les annulations de vol sont extrêmement faibles, moins de 2 %". Philippe Tabarot a souligné que le gouvernement avait "très rapidement avancé sur trois mesures qui sont opérationnelles, avec des effets très rapides".

Ainsi, les compagnies pourront supprimer des vols sans que "les créneaux ne leur soient pas retirés les années suivantes, (...) c'est une démarche que nous avons pu faire au niveau de la Commission européenne, qui probablement se traduira dans les jours qui viennent par un accord", et permettra d'éviter "un gaspillage de carburant". Par ailleurs, les compagnies "ont souhaité aussi plus de flexibilité sur (...) les règles qui encadrent la quantité de carburant que les avions peuvent emporter", une mesure que le gouvernement souhaite "faire évoluer au niveau européen, et ce sera très probablement le cas". Il a enfin évoqué la possibilité d'avoir "recours à un autre type de kérosène".

Philippe Tabarot a par ailleurs souligné avoir eu "un échange" avec les représentants de la compagnie espagnole Volotea, qui a mis en place un mécanisme afin de pouvoir modifier le prix du billet après paiement. "Nous considérons que quand le billet est acheté et que la transaction a été réalisée, il ne faut pas revenir sur cet accord", a-t-il dit. Selon le ministre, "les autres compagnies (...) ne pratiqueront pas ce qu'a fait Volotea ou ce que propose Volotea aujourd'hui".

Avec AFP.