Face à une explosion des coûts liés aux sinistres climatiques, la Cour des comptes appelle "à agir dès maintenant" pour préserver la soutenabilité du régime d'indemnisation des catastrophes naturelles (Cat-Nat). Imaginé en 1982, le dispositif couvre les sécheresses, les inondations, les séismes et les vents cycloniques. Dans leur rapport, les Sages décrivent un système "à l'efficacité indéniable", qui "assure une mutualisation des risques entre les assurés, une solidarité entre les territoires et garantit une indemnisation rapide, pour un coût encore contenu".
Mais le rapport met en lumière une soutenabilité financière "fragilisée" par les effets du dérèglement climatique. En cause : des catastrophes naturelles dont le coût pourrait augmenter de 47 % à 85 % d'ici 2050. Selon France Assureurs, le montant des indemnisations liées à ces sinistres a atteint en moyenne 7,16 milliards d'euros par an en France sur la période 2022-24. Il n'était que de 3,2 milliards d’euros/an en moyenne sur la période 2019-21.
L'économie et les entreprises en danger
Si la Cour des comptes tire la sonnette d'alarme, c'est que le dérèglement climatique pourrait frapper l'économie française entière. Des particuliers sinistrés, mais aussi des entreprises. Pour les TPE, PME ou auto-entrepreneurs, les bouleversements climatiques pèsent directement sur le budget d'assurance professionnelle, notamment à travers la surprime catastrophes naturelles. Une charge supplémentaire qui fragilise leur trésorerie et peut, dans certains cas, remettre en cause la pérennité de leur activité.
L'explosion des sinistres climatiques met les assureurs sous pression. Leur ratio combiné pour la branche catastrophes naturelles a notamment frôlé les 190 % en 2023, un niveau critique. Pour rétablir l'équilibre financier, ils n'ont alors d'autre choix que d'augmenter les tarifs. Au 1er janvier 2025, la surprime Cat-Nat est ainsi passée de 12 % à 20 % pour les contrats d'assurance de dommages aux biens d'habitation et professionnels.
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Prévenir et s'adapter
Cette surprime pourrait toutefois continuer à augmenter au vu des recommandations de la Cour des comptes. Le rapport recommande une réévaluation régulière du "taux d'évolution souhaitable de la surprime" afin de continuer à financer le régime Cat-Nat. En parallèle, il conseille de miser sur la prévention, jugée comme un "levier crucial" pour "alléger l'équation financière". Une carte prospective des risques pourrait ainsi voir le jour. L'objectif : "une information claire sur les risques passés, actuels et futurs à une maille géographique fine, accessible à l'ensemble des acteurs".
Autre composante majeure : l'adaptation. L'évolution des risques climatiques pousse nos sociétés à adapter notre façon de vivre. Cela concerne notamment les règles d'urbanisme avec les plans de prévention des risques naturels (PPR). Ceux-ci réglementent les constructions et interdisent les projets dans certaines zones menacées. Face à des risques appelés à s'intensifier, l'adaptation du territoire devient donc incontournable. Reste à savoir si les acteurs publics et privés sauront accélérer à la hauteur de l'urgence climatique.