Le soutien de l'État aux énergies renouvelables devrait atteindre 10,67 milliards d'euros.
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Economie

Énergies renouvelables : comprendre la hausse du soutien public prévue en 2027

La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a dévoilé ses prévisions pour les charges de service public de l'énergie en 2027. Verdict : le soutien de l'État aux énergies renouvelables devrait atteindre 10,67 milliards d'euros, soit une hausse de 11 % par rapport à 2026. Un chiffre qui peut sembler spectaculaire. Mais cette augmentation traduit-elle un emballement des dépenses publiques ou le développement attendu des énergies renouvelables ?

Au total, les charges de service public de l'énergie devraient s'élever à 14,2 milliards d’euros en 2027, contre 12,3 milliards un an plus tôt selon la CRE (commission de régulation de l'énergie).  

Une partie importante du budget est consacrée au soutien des énergies renouvelables électriques et du biométhane, mais ces charges couvrent aussi la péréquation tarifaire dans les zones non interconnectées – notamment en Corse et dans les territoires d'outre-mer –, où produire de l'électricité coûte beaucoup plus cher qu'en métropole. Grâce à ce mécanisme, les habitants de ces territoires paient leur électricité au même tarif que les consommateurs de l'Hexagone.

Sur les 14,2 milliards d'euros prévus, 10,67 milliards seront financés par le budget de l'État pour soutenir les énergies renouvelables, tandis que 3,56 milliards proviendront d'une fraction de l'accise (taxe sur l’électricité) acquittée par les consommateurs.

Pourquoi les dépenses augmentent-elles ?

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, cette hausse ne s'explique pas par une explosion du coût des technologies renouvelables. La principale raison est beaucoup plus simple : la France produit davantage d'électricité renouvelable.

La CRE prévoit une augmentation de près de 9,7 térawattheures (TWh) des volumes d'électricité renouvelable bénéficiant d'un soutien public entre 2026 et 2027. Le biométhane suit la même tendance, avec une hausse des volumes injectés dans le réseau estimée à 1,6 TWh, entraînant environ 300 millions d'euros de dépenses supplémentaires.

Cette évolution est cohérente avec la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), la feuille de route de la France qui prévoit une montée en puissance progressive de l'éolien, du solaire et du biométhane afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre et la dépendance aux énergies fossiles.

Comment fonctionne le soutien public ?

Depuis plusieurs années, l'État accompagne le développement des énergies renouvelables grâce à différents mécanismes de soutien. Le plus courant repose sur le contrat pour différence.

Concrètement, un prix de référence est fixé lors de l'attribution d'un projet. Si le prix de l'électricité sur le marché est inférieur à ce tarif, l'État verse au producteur la différence afin de garantir la rentabilité de son installation. En revanche, lorsque les prix de marché dépassent le tarif garanti, le producteur reverse l'excédent à la puissance publique.

Le coût du soutien dépend donc largement des prix de l'électricité. Lorsque ceux-ci sont faibles, les dépenses publiques augmentent. À l'inverse, lors de la crise énergétique de 2022 et 2023, marquée par une envolée des prix de l'électricité, les producteurs d'énergies renouvelables ont reversé plusieurs milliards d'euros à l'État.

Les renouvelables sont-elles encore dépendantes des aides ?

La hausse des dépenses invite à s’interroger sur l’évolution du soutien public aux énergies renouvelables, alors que certaines filières gagnent progressivement en maturité.

Ces dispositifs ont accompagné leur développement en France. En quelques années, la production d'électricité renouvelable a fortement progressé grâce à l'essor du solaire et de l'éolien, tandis que la filière biométhane s'est structurée.

Dans le même temps, les coûts de production ont nettement diminué. Les appels d'offres organisés par l'État montrent que les nouveaux projets sont désormais bien plus compétitifs qu'il y a une dizaine d'années. Pour de nombreux économistes, cette baisse des coûts pose la question d'une évolution progressive des mécanismes de soutien, afin de mieux tenir compte de la maturité de certaines filières.

Un enjeu pour la transition énergétique

Pour autant, mettre fin brutalement aux aides n'est pas envisagé. Les contrats conclus s'étendent souvent sur une quinzaine ou une vingtaine d'années et garantissent la stabilité nécessaire aux investissements.

Le véritable enjeu porte davantage sur l'évolution des dispositifs. Plusieurs pistes sont régulièrement évoquées, comme une meilleure prise en compte des besoins du système électrique, le développement du stockage ou encore l'adaptation des mécanismes de soutien lors des périodes où les prix de l'électricité deviennent négatifs.

L'augmentation prévue des dépenses en 2027 reflète ainsi moins un dérapage budgétaire qu'une conséquence directe du déploiement des énergies renouvelables prévu par la stratégie énergétique française. Reste à savoir comment adapter les aides publiques à des filières désormais plus matures, tout en poursuivant les objectifs de décarbonation du système énergétique.