Au premier semestre 2026, les pertes économiques mondiales liées aux catastrophes naturelles ont diminué de plus d'un tiers.
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Economie

Catastrophes naturelles : la baisse des frais des assureurs au premier semestre masque un risque "grandissant", selon Swiss Re

Les dégâts et frais engendrés par les catastrophes naturelles ont nettement baissé pour les assureurs au premier semestre, selon une première estimation de Swiss Re, mais cette baisse masque un risque "grandissant" lié notamment aux records de températures, propices aux incendies.

Au premier semestre, les pertes économiques ont diminué de plus d'un tiers, à 100 milliards de dollars (86,6 milliards d'euros), la plus grosse catastrophe étant le double séisme au Venezuela qui a fait plus de 5 000 morts et engendré des dommages estimés à environ 20 milliards de dollars (17,3 milliards d'euros), a indiqué mardi le réassureur suisse dans un communiqué.

Au niveau mondial, les dommages couverts par les assureurs pour les catastrophes naturelles ont reculé à 42 milliards de dollars (36,3 milliards d'euros) selon ses estimations, soit 16 % de moins que la moyenne des dix dernières années.

En comparaison, la facture avait grimpé à 91 milliards de dollars (78,8 milliards d'euros) au premier semestre 2025 en raison des coûteux incendies de Los Angeles.

Mais "ce premier semestre 2026 bénin masque une montée du risque de catastrophe naturelle", prévient le groupe suisse, soulignant que "la chaleur record en juin et les conditions sèches persistantes ont créé un terrain propice à une saison active pour les incendies de forêt en Europe".

Effet multiplicateur

"Si juin 2026 a été le deuxième mois le plus chaud à l'échelle mondiale, il a marqué un record de chaleur pour l'Europe de l'Ouest", rappelle Swiss Re dans l'étude, ces périodes de canicule ayant des répercussions en termes de "surmortalité" mais aussi de "productivité agricole", de "pression sur les systèmes d'eau et d'énergie", de "dommages sur infrastructures" et de "productivité du travail".

Elles agissent également comme "un multiplicateur d'autres dangers naturels en créant des conditions plus propices aux sécheresses, aux feux de forêt et, dans certaines régions, aux crues soudaines", prévient le groupe, qui fait office d'assureur pour les assureurs.

Il note aussi que les précipitations "supérieures à la moyenne" durant l'hiver ont "stimulé la croissance de la végétation", ce qui, une fois la sécheresse installée, a créé "des conditions favorables" aux feux de forêt.

"L'Europe est le continent qui se réchauffe le plus vite", insiste le groupe suisse, qui estime que les incendies sont un risque grandissant que doivent surveiller les assureurs.

Swiss Re reste également prudent pour le second semestre à l'approche de la saison des ouragans dans l'Atlantique Nord.

Historiquement, la seconde moitié de l'année est plus coûteuse. En moyenne, 58 % de la facture annuelle des assureurs liée aux catastrophes naturelles se concentre sur cette période, en raison des ouragans, quantifie-t-il.

Même si le premier semestre a été moins coûteux pour les assureurs, "un ouragan, un tremblement de terre ou un incendie de forêt majeur peut rapidement changer la donne", insiste Balz Grollimund, responsable de la couverture des catastrophes naturelles de Swiss Re, cité dans le communiqué.

Le groupe suisse fournit chaque semestre une estimation des dégâts et frais pour l'ensemble du secteur de l'assurance au niveau mondial.

En tenant également compte de ce que les assureurs comptabilisent comme les désastres humains, comme par exemple les accidents industriels, la facture des assureurs au premier s'est chiffrée à 48 milliards de dollars (41,5 milliards d'euros), contre 98 milliards (84,9 milliards d'euros) au premier semestre l'an passé.

Pour les catastrophes naturelles, la facture a surtout été poussée par les orages sévères, qui ont représenté à eux seuls 28 milliards de dollars (24,2 milliards d'euros) de frais de dédommagements au premier semestre, sous le poids notamment d'orages aux Etats-Unis.

En revanche, "seule une petite partie des dommages" au Venezuela risque d'être assurée, précise Swiss Re, compte tenu du faible taux de couverture dans le pays. Le réassureur n'y dispose pas encore d'estimation des dégâts pris en charge par les assureurs.

Avec AFP