Selon SNCF Voyageurs, 168 millions de passagers ont été transportés par des TGV Inoui, Ouigo et Eurostar en 2025.
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Environnement

Le TGV est-il vraiment le mode de transport "le plus écologique" ?

Présenté comme un allié du climat, le train à grande vitesse (TGV) séduit de plus en plus de Français. Mais derrière cet argument environnemental, les prix des billets interrogent.  

"Merci d'avoir choisi le mode de transport le plus écologique." Cette phrase, vous l'entendez à chaque fois que vous arrivez à la fin de votre trajet en TGV. La SNCF met particulièrement en avant les bienfaits environnementaux de son transport phare, notamment en affirmant qu'il s’agit du meilleur choix pour notre planète. Les chiffres semblent donner raison à cette stratégie de communication.

Le train n'a jamais autant été utilisé en France qu'aujourd’hui. Selon SNCF Voyageurs, 168 millions de passagers ont été transportés par des TGV Inoui, Ouigo et Eurostar en 2025. Une hausse de 3,5 % par rapport à 2024, ce qui encourage l'entreprise ferroviaire publique. Dans un contexte où la crise climatique s'accentue, la population est de plus en plus soucieuse de son impact environnemental. 

Moyen de transport le plus écologique…

Si le train attire de plus en plus de voyageurs, le secteur de l’aviation se porte tout aussi bien. La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) dénombre 183 millions de voyages aériens individuels au départ ou à l'arrivée du territoire français sur des vols commerciaux. Il s'agit d’une hausse de 2,8 % sur un an, qui dépasse le sommet de quasi 180 millions atteint en 2019. 

Mais alors lequel est le plus respectueux de l'environnement ? Sans réel suspense, le train est évidemment moins polluant que l'avion. Plus étonnant, l'écart est très important. Selon l'outil de comparaison des transports de l'ADEME, un trajet aller-retour en train entre Paris et Barcelone émet 6,45 kg d'équivalent CO2 par personne. Ce chiffre grimpe à 373 kg de CO2 par personne lorsqu'un passager prend l'avion. Même dans le cas d'un covoiturage à quatre, la voiture émet 90,2 kg de CO2 par personne. 

…mais pas le moins cher

Alors que la SNCF vante les qualités environnementales du train, le prix d'un billet reste relativement cher. Sur le site de la compagnie ferroviaire, il faut débourser au minimum 350 euros pour un aller-retour vers la ville espagnole. Le billet d'avion sur cette période est à 69 euros. Une différence qui peut décourager de nombreux Français à faire un geste pour la planète.

Mais comment expliquer ces prix ? Selon une enquête du mensuel Le Monde, le voyage en train est structurellement plus cher parce que l'aviation bénéficie d'avantages particuliers. Les redevances de circulation sont notamment quasi-nulles lorsque vous prenez l’avion (12€ pour un Paris-Barcelone). Du côté du sol, le train paie le prix fort : "La SNCF doit verser une redevance aux gestionnaires des réseaux ferrés français et espagnols (55 € par passager) pour pouvoir emprunter les 1 050 kilomètres de voies qui séparent Paris et Barcelone", explique le journaliste. 

Certes, le coût des rails est important, mais les choix politiques en faveur de l'aviation jouent également un rôle majeur dans le prix de votre billet. Le kérosène, carburant de l'avion, est exonéré de TVA (la taxe, normalement fixée à 20 %, qui frappe tous les biens de consommation) et de TICPE (la taxe française sur les produits pétroliers). Dans ces conditions, difficile de demander aux voyageurs de privilégier le train.