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Culture

"Le Temps Presse" : un festival international de cinéma engagé et citoyen

©Capture écran/ trailer You Tube / "Panta Rhei" de Wouter Bongaerts, Belgique

La huitième édition du festival "Le Temps Presse" se déroule à Paris au cinéma Publicis, du 29 janvier au 1er février. Il met en compétition des courts métrages engagés provenant de 18 pays. Les différents prix décernés mettent à l'honneur les objectifs de développement durable fixés par l'ONU en 2000.   

Cette année, trente-neuf courts métrages seront en compétition et répartis dans huit catégories différentes. Le festival organise également des séances de ciné-débats autour de thématiques engagées. Le jury cette année est présidé par Juliette Binoche. ID a interrogé Marc Obéron, fondateur du festival

Comment est né le festival ? 

Il est né d’un long métrage que j’ai produit : "8". Cela remonte à la toute première campagne des Nations Unies, qui ont listé 17 thématiques importantes sur lesquelles 191 gouvernements se sont engagés à travailler. Lancée en 2000, cette "campagne du millénaire" a été mise en place par Kofi Annan (ndlr : alors Secrétaire général de l’ONU) et a permis de fixer huit objectifs à partir de ces thématiques : ceux du millénaire pour le développement (ndlr : les OMD). Nous avons proposé à huit réalisateurs - Jane Campion, Wim Wenders, Gus Van Sant, Gael Garcia Bernal, Abderrahmane Sissako, Mira Nair, Gaspar Noé et Jan Kounen - de tourner chacun un court métrage lié à un de ces objectifs, racontant une histoire personnelle. Nous avons ensuite groupé ces courts métrages dans un film d’1h45, intitulé "8".

En 2010, nous avons eu de la peine à sortir le film "8" au cinéma mais nous avons été le premier long métrage à être diffusé sur Youtube en Europe. Nous avons généré plus de 2 500 000 vues en moins de deux mois. Cet intérêt du public nous a donné envie de continuer. Les huit réalisateurs sont devenus les jurys des trois premières éditions.

Comment les films en compétition sont-ils jugés ?

Concernant les trois premiers prix, des enfants, des lycéens et des étudiants, nous travaillons avec les jurys depuis le mois de septembre. Le principe est de sélectionner et de leur présenter cinq courts métrages pour chaque catégorie. Nous leur demandons de nous donner leurs coups de cœur et de donner une note sur la bonne compréhension du film. Le rôle de ces élèves est très important dans le festival. Le prix des étudiants concerne 1000 étudiants français et le prix des lycéens, lui, vient d’être lancé cette année : nous commençons avec deux classes

Les cinq autres prix sont remis par notre jury, composé de personnalités connues, concernées et engagées : l’idée était vraiment d’entretenir une diversité au sein du jury plutôt que de se restreindre au milieu du cinéma. Ils remettront les Prix de l’environnement, de la biodiversité, de l’égalité homme-femme, de la santé et du bien-être ainsi qu’un nouveau prix, le Prix Yunus Spirit, créé l’an dernier avec Muhammad Yunus (ndlr : Prix nobel de la paix en 2006), sur le sport et ses valeurs. 

Vous organisez également des débats autour de ces objectifs de développement durable...

Oui, le festival "Le Temps Presse" est aussi un lieu pour se rencontrer et échanger. Nous organisons cette année huit "ciné-débats". Le premier suivra la diffusion du film "Soleil Vert" de Richard Fleischer et portera sur l’alimentation, sur la question "Comment nourrir sept milliards d’individus ?". Notre idée est d’utiliser les émotions pour amener le dialogue et faire évoluer les mentalités. Même si le film est daté, il reste un outil formidable pour sensibiliser et éveiller les consciences. Nous avons la volonté d’utiliser le cinéma à bon escient, nous cherchons à présenter des films qui permettront au débat d’être mieux investi. 

Observez-vous une évolution depuis le lancement du festival, certaines thématiques prennent-elles plus d'importance actuellement ? 

Oui, je dirai même que l’on est un indicateur à ce niveau. Au tout début nous avons reçu beaucoup de films sur le sida et sur la pauvreté. Le thème dont on a toujours reçu des films, de manière très linéaire d’années en années, c’est l’égalité entre hommes et femmes. Cette année, nous avons créé le prix de l’environnement et le prix de la biodiversité qui étaient jusqu’ici intégrés au prix sur le climat, car nous avons reçu beaucoup de films sur ces sujets. Cela permet de voir les sujets sur lesquels les gens s’interrogent, selon l’ère du temps. 

Vous intéressez-vous aux conditions de tournage et de production des films présentés, à l'empreinte carbone générée notamment ? 

Oui, EcoProd est d'ailleurs l'un des partenaires du festival (ndlr : collectif créé par des acteurs du secteur audiovisuel pour engager la filière dans la prise en compte de son empreinte carbone, et proposant un guide pratique pour des productions respectueuses de l’environnement). J’espère que nous pourrons intégrer ce sujet sur la table l'an prochain. 

"Le Temps Presse" : site Web

Du 29 janvier au 1er février

Cinéma Publicis, 129 avenue des Champs Elysées, 75008 Paris