Culture

La poule, animal tendance du moment

The Chicken Collection
©Moreno Monti and Matteo Tranchellini

Elles se révèlent aujourd'hui plus intelligentes, affectueuses et photogéniques que jamais. La preuve avec ces quelques projets.

Le 23 janvier dernier, un avis de décès plutôt hors du commun a attiré l'attention des médias Outre-Atlantique. Au Texas en effet, les lecteurs du journal local The Eagle ont découvert ce jour-là l'encart suivant, dans lequel les compagnons de Big Mama reviennent (en anglais dans le texte) sur la manière dont cette poule domestique a été sauvée par un vétérinaire à qui on avait demandé de l'euthanasier, avant d'arriver chez eux...

La famille à l'origine de cet hommage, Stephanie and Gregory Sword, explique avoir récupéré leur animal domestique en 2013, alors que ses précédents propriétaires s'étaient lassés de sa compagnie et souhaitaient s'en débarrasser. Ne pensant pas attirer ainsi l'attention des médias, les Sword ont simplement déclaré que la compagnie de Big Mama avait été importante dans leur vie, et que sa mort méritait autant d'hommages que la vie de quiconque.

Un compagnon comme les autres

L'histoire pourrait en rester là, mais il semblerait que le nombre de foyers accueillant des gallinacés va croissant. L'histoire de Janet Holmes est, en ce sens, significative : avocate pendant des années, cette Américaine passionnée de photographie a fait de la protection animale son sujet de prédilection. C'est ainsi qu'elle adopte une poule en 2017 après avoir été bénévole dans une clinique vétérinaire spécialisée dans le secours aux animaux maltraités, à New York. En acceptant de la prendre en charge après son opération (la poule souffrait d'une infection à l'estomac), Janet Holmes découvre qu'avoir une poule comme compagnon domestique n'a rien d'inédit : il existe même des communautés qui échangent à ce sujet sur Facebook ! En leur sein, de nombreuses femmes avec lesquelles elle sympathise, et qu'elle décide de photographier pour réaliser un livre intitulé "Why would anyone rescue a chicken" ("Pourquoi chacun pourrait sauver une poule"). Au total une trentaine de poules, une douzaine de femmes et quelques hommes y ont participé, figurant dans des mises en scène aussi surprenantes que dans la photo suivante :

Un rapport d'égal à égal
Janet Holmes

Des poules de compét'

Mais en matière de photographie, c'est l'ouvrage de deux photographes italiens qui a surtout fait parler de lui récemment. Moreno Monti et Matteo Tranchellini ont en effet eu l'idée de photographier des top-modèles de poules comme jamais cela n'avait été fait auparavant. Désireux d'offrir un beau livre dans lequel présenter près de 200 photos de leurs 62 divas, leur campagne de pré-financement du livre, qui doit se terminer le 13 avril 2018, a déjà largement dépassé le montant initial espéré (à l'heure actuelle, la mise est 14 fois plus importante que la somme initiale demandée). Bien conscients de leur succès, ils proposent même des dérivés (calendriers, fausses une de journaux féminins, portraits personnalisés...) et un compte instagram dédié.

The chicken collection
Moreno Monti and Matteo Tranchellini
The chicken collection
Moreno Monti and Matteo Tranchellini
The chicken collection
Moreno Monti and Matteo Tranchellini
The chicken collection
Moreno Monti and Matteo Tranchellini
The chicken collection
Moreno Monti and Matteo Tranchellini
The chicken collection
Moreno Monti and Matteo Tranchellini
The chicken collection
Moreno Monti and Matteo Tranchellini
The chicken collection
Moreno Monti and Matteo Tranchellini
The chicken collection
Moreno Monti and Matteo Tranchellini
The chicken collection
Moreno Monti and Matteo Tranchellini

Le plus fascinant est le processus de domestication

Cerise sur le gâteau (ou plutôt crête sur le cerveau !), c'est une autre Italienne qui publie aussi un livre sur sa vie avec les poules : dans My chickens and I (Mes poules et moi), l'actrice Isabella Rossellini est désireuse de transmettre ce qu'elle a appris au contact de sa volée de 40 gallinacés (photo ci-dessous), située dans sa ferme de la côte est des Etats-Unis. Comme elle l'a confié à Vanity Fair, elle s'est initialement sentie dépourvue face à ces animaux que l'on côtoie depuis toujours, et cela lui a beaucoup appris : "Le plus fascinant est le processus de domestication. Le livre peut être lu en dix minutes (...)  mais j'essaye surtout de faire comprendre à quel point notre façon de domestiquer les animaux a influencé leur développement. Les poules ne produisaient sans doute pas autant d'oeufs auparavant. Elles savaient sans doute voler un peu plus. Mais quand elles volent leur chair devient plus dure (...) et donc nous les avons sélectionnées pour qu'elles ne volent pas trop haut, pour que leur viande soit plus tendre, pour qu'on puisse les attraper plus aisément..." partage la fille d"Ingrid Bergmann et Roberto Rossellini.

My Chickens and I, Isabella Rossellini
Isabella Rosselini

Pas si bête que ça

De telles démarches résultent-elles d'une meilleure prise en compte du bien-être animal ? Peut être. Et sans doute y participent-elles. Il demeure, comme le rappelait Mathieu Vidard le 30 janvier dernier sur France Inter, que les poules n'ont pas fini de nous surprendre : leur répertoire vocal serait bien plus développé qu'on ne le croit, écoutez plutôt :

Pensez-y la prochaine fois que vous passez devant un poulailler, et préférez donc des poules en chocolat ce week-end ! ;)