Humeur

Le gouvernement fait la sourde oreille à la question animale

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Conditions d'abattage et d'élevage, protection des animaux sauvages. Les actions du gouvernement ne seraient pas à la hauteur des attentes des Français.

A l'évidence, il y a une discordance criante entre la volonté des Français et l'attitude du gouvernement. Les multiples sondages réalisés sur le thème de la nature et de la condition animale en témoignent.

Conditions d'abattage et d'élevage

Ainsi, 89 % des Français considèrent que la protection animale est une cause importante. Or, elle n'est toujours pas intégrée dans les priorités à traiter. Environ 72 % s'opposent à l'abattage sans étourdissement dans les abattoirs. Qu'importe, l'abattage rituel se poursuit sans même qu'il soit mentionné sur les emballages. Dans le même secteur, 85 % des Français réclament une vidéo surveillance dans les abattoirs. L'idée a, par ailleurs, été validée à l'Assemblée Nationale en 2017, mais elle est tombée dans les oubliettes. Les 3 millions d'animaux abattus chaque jour en France devront s'accommoder du manque de transparence... Avant de passer de vie à trépas, les animaux sont élevés dans des conditions parfois inacceptables. En tous cas, concernant les poules pondeuses en batterie, dont 90 % des Français veulent l'interdiction. En réponse, le gouvernement a déjà annoncé qu'il ne changerait rien concernant les œufs inclus dans les produits industriels.

Protection des animaux sauvages

A propos de la chasse, le constat d’iniquité est encore plus flagrant. 84 % des Français réclament l'abolition de la chasse à courre, alors que le Président de la République veut maintenir les chasses traditionnelles et s'apprête à rétablir les chasses présidentielles. Quant au loup il est clairement dans la ligne de mire du gouvernement, alors que 80 % des Français demandent l'arrêt immédiat des tirs à son encontre. Et dans la série des « grands fauves », 84 % des Français soutiennent le maintien d’une population d'ours dans les Pyrénées avec 73 % des locaux favorables à des lâchers de nouvelles femelles en Béarn. Pas d'échos du côté du Ministère de la Transition Ecologique et de la Solidarité. Au passage, la présence des animaux sauvages dans les cirques est condamnée par 67 % des personnes interrogées, tandis que les ministères concernés ne disent mot. On pourrait ajouter le rejet à 74 % de la corrida ou l'interdiction des élevages d'animaux pour la fourrure souhaités par 86 %, mais comme le soulignait le juge Gérard Charollois, auteur d'une lettre ouverte au Président Macron, sur le gouffre existant entre les aspirations des citoyens et l'attitude du pouvoir : nous sommes en marche vers la régression...