Abonnez-vous

En vous abonnant, vous acceptez notre politique de confidentialité.

Culture

Climat : Pourquoi le film "Don't look up" cartonne sur Netflix

Le réalisateur Adam McKay, lors de l'avant-première du film "Don't look up" au Lincoln Center, à New-York, le 5 décembre 2021.
© DIMITRIOS KAMBOURIS GETTY IMAGES NORTH AMERICAGetty Images via AFP

Deux chercheurs en astronomie découvrent qu’une comète se dirige droit vers la Terre, et personne ne veut les entendre. Métaphore de la lutte contre le changement climatique, le nouveau film de Adam McKay, "Don’t look up : déni cosmique", a battu des records de visionnage sur Netflix ces dernières semaines. ID vous explique pourquoi. 

Deux astrophysiciens américains, le docteur Randall Mindy (Leonardo Di Caprio) et sa doctorante Kate Dibiasky (Jennifer Lawrence) font la découverte d'une comète qui fonce tout droit sur la Terre et qui devrait provoquer l'extinction de l'espèce humaine d’ici six mois. Désireux d’alerter l’opinion sur cette catastrophe annoncée, ils sont rapidement confrontés au cynisme de la présidente des Etats-Unis (Meryl Streep) et à l'humour décontracté des présentateurs télé qui ne semblent pas prendre au sérieux leurs déclarations.

Sorti le 24 décembre 2021 sur Netflix, le film Don't look up : déni cosmique, est une satire du déni des politiques, du grand public et des médias face à la crise climatique. Dans cette comédie apocalyptique, le réalisateur Adam McKay brosse le portrait d'une Amérique divisée entre ceux qui décident de lever les yeux et de regarder cette comète, et les autres, qui font le choix de se voiler la face et d'ignorer la catastrophe qui les guette. Avec 263 millions d’heures de visionnage depuis sa sortie, Don’t look up est devenu le troisième film le plus vu de l’histoire de Netflix. ID revient sur les raisons d’un tel succès.    

Don't look up : déni cosmique

La force du casting 

Leonardo Di Caprio incarne Randall Mindy, un astrophysicien mal à l'aise devant les caméras mais qui plait au public. Les chaînes de télévision américaines en ont bien conscience, le professeur devient alors une icône médiatique. A travers ce personnage, le réalisateur met en avant la théâtralisation des figures scientifiques qui se doivent d'être photogéniques pour être écoutées.

La présence de Leonardo Di Caprio dans ce film aux accents écologiques n'est pas un hasard. La star hollywoodienne se sert de sa notoriété et de son image pour la cause environnementale depuis la création, en 1998, de la Leonardo Di Caprio Foundation qui soutient les organisations dédiées au développement durable. Il s'est également engagé en 2020 pour la préservation de la forêt d'Ebo au Cameroun. Pour saluer son action, un arbre tropical de cette forêt a été baptisé de son nom le 6 janvier dernier. 

Au casting, on retrouve aussi la popstar Ariana Grande qui semble jouer son propre rôle. Dans le film, sa présence médiatique est utilisée pour faire passer un message important, celui d'une prise de conscience face à la menace à venir. Elle représente également l'engagement factice de certaines célébrités qui profitent de causes politiques pour redorer leur image, notamment sur les réseaux sociaux.

La satire du déni des politiques...

Dans le film, la présidente américaine, Janie Orlean, décide, face à l'extinction imminente de l'humanité de “patienter et d'aviser”. Une attitude qui n'est pas sans rappeler l'inaction des politiques face à la crise climatique. Des échéances qui ne sont pas respectées, des promesses non tenues, les parallèles avec la réalité sont multiples. 

...et des médias

 

Dans une longue série de tweets publiée le 4 janvier et consacrée au film, la chercheuse en sciences du climat et co-présidente du Giec (groupe d'experts international sur l'évolution du climat), Valérie Masson-Delmotte mentionne également les difficultés qu'elle a pu rencontrer lors de ses interventions dans les médias. “Comment parler de la problématique très préoccupante du changement climatique dans un monde médiatique qui cherche constamment la distraction, la simplicité, les disputes ? ”.

Dans un article de The Conversation, publié le 6 janvier, elle raconte également cette anecdote : "Le dernier rapport du GIEC a été publié le jour de l’annonce du transfert de Lionel Messi au PSG… à votre avis, entre le destin d’un joueur de ballon rond et celui de la planète, qu’est-ce qui a 'fait le buzz' ?" Le film aborde cette question de la priorité de l'information. Entre la rupture amoureuse d'une popstar et la fin du monde, quel sera le sujet à la Une ?

Au regard de cette “dissonance” causée par les médias, comment le discours scientifique est-il reçu par la population ? Le personnage de Leonardo Di Caprio se voit forcé de prendre des cours de media training (entraînement aux médias). Il doit apprendre à adapter sa manière de parler au public. Le discours scientifique complexe et rationnel doit devenir rassurant et ludique. La co-présidente du Giec, Valérie Masson-Delmotte dans un tweet publié le 4 janvier avoir eu des difficultés à se faire entendre auprès des politiques avec lesquels les échanges sont trop brefs et ne permettent pas de développer tous les aspects de ses recherches : "Par exemple, j'ai déjà eu seulement 3 minutes pour présenter les éléments clés d'un rapport du Giec à un dirigeant, un ministre ou un élu. C'est très court".

Elle se dit également touchée par le personnage de la doctorante Kate Dibiasky qui illustre parfaitement la réalité des femmes dans la science, qui lorsqu'elles montrent leurs émotions sont rapidement traitées d'hystériques. 

Vous avez apprécié cette information ? Abonnez-vous à notre newsletter en cliquant ici ! 

Pour aller plus loin et agir à votre échelle, découvrez notre guide Idées Pratiques #9 : Comment vivre presque sans plastique ?

Au sommaire : état des lieux de la place du plastique dans nos vies, conséquences sur l'Homme et l'environnement, solutions pour s'en débarrasser... 68 pages de solutions pour passer à l'action.

Cliquez ici pour découvrir et commander votre guide Idées Pratiques.