Humeur

C'est l'année du chien, et pourtant il passe à la casserole !

En Chine, manger du chien commence à faire débat
©Jan Dix/Shutterstock

Voilà donc que le chien va s'inviter dans notre quotidien dès vendredi prochain par la volonté divine chinoise. Il incarne des valeurs positives mais continue d'être un aliment.

Des douze animaux qui incarnent le zodiac, ce n'est pas le premier venu. Il arrive même en avant dernière position (avant le porc) dans la course initiée par le céleste empereur de Jade. Peu importe, il figure parmi les animaux référents et on lui reconnaît des qualités essentielles : la loyauté, la générosité et la confiance. Ainsi l'année du chien devrait favoriser l'optimisme et la chaleur des relations humaines.

Le paradoxe

Comment se fait il qu'un tel esprit positif dégagé par le chien ne lui épargne pas une mort abominable ? N'oublions pas que l'on estime à quelque 10 à 20 millions le nombre de chiens mangés en Chine, chaque année, après avoir enduré des souffrances inqualifiables, avant d'être délivrés par la mort. Il existe même, à Yulin, dans le sud du pays, le festival de la viande de chien qui conduit 10 000 canidés à passer à la casserole en quelques jours. « La cynophagie se perd dans la nuit de la domestication » tente de justifier les adeptes du « dog meat ». De fait, la consommation de viande de chien semble être avérée dans l'antiquité romaine, la civilisation Aztèque et même chez les compagnons d'Astérix. Les grandes guerres favorisent son essor, tandis qu'à Paris, on trouve encore des « Boucheries canines » au début du XXème siècle.

Le hot-dog n'a rien à voir avec le sujet

Le hot-dog serait il issu de ce triste commerce ? Pas du tout ! Il remonte à l'initiative d'un certain Harry M. Stevens qui, au début du siècle dernier, devait assurer le ravitaillement des spectateurs assistant aux rencontres de football au stade de New-York. A l'époque, on vendait des saucisses dans les gradins et les consommateurs ne savaient comment s'essuyer les doigts. Notre homme eut l'idée de glisser les saucisses dans de petits pains chauds, le succès fut immédiat. Mais le nom « hot dog » s'imposera en 1903, alors que le caricaturiste Tod fait un dessin représentant un teckel fourré dans un petit pain. Les américains pensèrent alors que la viande de chien entrait dans la composition du « hot dog » et les ventes s'effondrèrent.

L'appellation « hot dog » fut interdite par la chambre de commerce mais l'habitude était prise et le « chien chaud » resta dans le vocabulaire courant. A l’autre bout de la planète, en Chine, des voix s'élèvent désormais pour mettre un terme à la tradition. L'année du chien pourrait contribuer à accélérer la prise de conscience.