To do de l'été

Alsace : un parcours d’art, entre culture et nature

Devant l'œuvre "Wendfàwrek" de Jonathan Naas. Stuwa 2018.
©Stuwa

Pour sa quatrième édition, Stuwa propose un parcours d’art contemporain en extérieur autour de l’énergie durable. À découvrir tout l’été dans le Pays du Sundgau (Alsace).

Lancé en 2015, sous la direction artistique de COAL (Art et développement durable), le parcours compte 23 œuvres réparties sur 21 communes du territoire. Inaugurée le 3 juin dernier, cette édition présente quatre nouvelles œuvres, à Hagenbach, Durmenach et Illtal. Un programme de médiation estival prévoit de nombreuses activités pour découvrir les installations et sensibiliser au développement durable. L'occasion d'une sortie culturelle et engagée cet été ?

Interview avec la chargée de mission Stuwa du Pays du Sundgau, Angèle Evrard.

L’art permet de se réunir, de mener une réflexion tous ensemble, de développer sa curiosité sur les alternatives possibles…

Comment est né le projet Stuwa ?

Stuwa en est à sa quatrième édition depuis 2015, mais l’idée est plus ancienne. L’objectif initial était de proposer un projet d’art contemporain dans un territoire rural et en dehors des lieux d’exposition habituels. En 2008, le Pays du Sundgau a mené une expertise, qui établissait le constat suivant : le territoire jouit d’une identité culturelle forte, à l’extérieur comme à l’intérieur du Pays.

Par le prisme de la culture, l’objectif est également de dialoguer avec le public sur des questions de développement durable. Chaque édition de Stuwa met en avant une thématique sur laquelle travaille le Pays du Sundgau : la réduction des émissions de gaz à effet de serre, les énergies renouvelables ou encore la mobilité durable.

Au cœur de l'œuvre de Laurent Gongora, "Elemental". Stuwa 2018.
©Stuwa

Pour la petite info, la “Stuwa” était la pièce à vivre de la maison sundgauvienne traditionnelle. C’était un lieu de rassemblement, là où se partageaient les contes, l’histoire, la cuisine, la langue… en somme, la culture du territoire. Les œuvres du parcours, grâce à leur dimension participative ou symbolique qui invite aux échanges, sont autant de “Stuwa” collectives !

Pourquoi cette idée au départ de lier art et nature ?

Parce que le Pays du Sundgau est doté de paysages naturels appréciés des habitants. Le lien à la nature y est très fort. Et à l’heure où les questions de développement durable sont devenues cruciales pour l’avenir, comment conjuguer l’émergence d’une “culture de l’écologie” avec la pérennité et la force de l’identité locale ? Ce parcours d’art contemporain cherche à explorer ce questionnement et met en perspective la nouvelle dimension merveilleuse de la nature à l’aune de la conscience environnementale. Une dimension qui mérite d’être réinvestie par l’imaginaire.

En quoi consiste le parcours exactement ?

Quand on parle de parcours, ce n’est pas au sens propre. Les œuvres sont éparpillées sur le territoire – qui est assez grand, le Pays du Sundgau comptant 108 communes. À chaque édition, Stuwa présente cinq à sept nouvelles œuvres, qui s’additionnent aux anciennes.

Il y a d’abord un appel à projets. Les communes qui se portent volontaires sélectionnent les projets, sans connaître le nom des artistes. Cette année, finalement, beaucoup d’artistes choisis viennent du territoire. Ensuite, l’artiste est hébergé chez l’habitant. Il crée son œuvre en mettant en lien des entreprises locales. La commune lui trouve un “référent local” avec lequel il sera quotidiennement en contact. Nous mettons aussi à disposition un directeur technique pour l’aider à passer du papier à la mise en œuvre. C’est vraiment une démarche de co-construction.

"La flamme commune" de Stéphane Ruch. Stuwa 2018.
©Stuwa

Quelles sont les œuvres à voir cette année ?

En 2018, la thématique tourne autour de l’énergie. À Durmenach, Stéphane Ruch a conçu un méthaniseur, qu’on alimente par des biodéchets, près d’un verger participatif. L’œuvre s’appelle La flamme commune. Charlène Chemin a, elle, installé une cloche le long de la piste cyclable, Le tocsin de l’écologie, pour pouvoir sonner l’alerte environnementale. L’artiste Jonathan Naas, quant à lui, a voulu souligner le côté parfois ridicule de la lutte pour l’environnement : il a fabriqué une éolienne alimentée par… un ventilateur !

On a aussi invité trois artistes danois. Le Danemark a été mis à l’honneur cette année, comme c’est un pays pionnier en termes de transition énergétique.

Tout l’été, on propose également un programme de médiation. Il y a notamment un parcours en bus et un parcours à vélo, pour découvrir le territoire et les œuvres en même temps. Le 17 juin dernier déjà, on a fait un atelier mini-méthaniseur pour les enfants en compagnie de l’artiste. Il y aura d’autres animations où l’on donne la parole aux artistes. L’idée, c’est de faire vivre les œuvres, de les faire connaître aux habitants d’autres communes, de mieux les comprendre pour se les approprier, mais aussi de sensibiliser au développement durable.

Dans quelle mesure l’art est-il un vecteur de changement vers une société plus durable, selon vous ?

La lutte environnementale, c’est énormément de questions et de thématiques ; parfois on ne sait plus trop quel avis avoir. L’art permet de se réunir, de mener une réflexion tous ensemble. Cela permet aussi de se renseigner davantage sur les alternatives possibles, les différents points de vue, et de développer sa curiosité sur des sujets difficiles à aborder, parfois complexes et techniques, comme peut l’être l’environnement.

Stuwa
Programme de médiation jusqu'au 26 août 2018
Pays du Sundgau, Alsace
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Retrouvez toutes nos propositions de sorties culturelles (et durables) dans notre agenda participatif.