Cette année est propicie aux cadeaux engagés, solidaires et économiques.
©Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Pour Noël, une ressourcerie s'invite dans un temple de la consommation marseillais

Dans une allée bondée d'un des plus grands centres commerciaux de Marseille, entre les marques de "fast-fashion" et de jouets, se niche un magasin atypique : une ressourcerie qui incite les clients à acheter objets d'occasion ou invendus pour des cadeaux plus responsables.

A une semaine de Noël, les clients se pressent sur les escalators illuminés du centre des Terrasses du Port, vêtus de gros manteaux, les mains pleines de sacs cadeaux.

Au deuxième étage, une vitrine se démarque : ici, pas de mannequins revêtus de paillettes ou de coffrets brillants emballés de rubans, mais un bric-à-brac d'objets de décoration, de vaisselle de grand-mère, de mobilier et de vêtements anciens : la ressourcerie Rien Ne Se Perd présente uniquement des objets d'occasion.

"Ça détonne", remarque Catherine Pasqualini, qui regarde les jeans empilés avec sa fille Elisa. "Mais entre un Levi's à 20 euros ici et un neuf à 120 euros en bas, il n'y a pas photo", poursuit-elle.

Le magasin a été créé par quatre "ressourceries" des Bouches-du-Rhône pour présenter leur concept au grand public : des lieux pour collecter des objets inutilisés ou invendus, les valoriser et les revendre.

A la différence des friperies classiques, elles ne cherchent pas à faire de profits mais à vendre au plus petit prix possible. Elles donnent aussi une chance à des personnes éloignées de l'emploi dans le cadre d'un parcours d'insertion professionnelle.

52 000 tonnes d'objets récupérées en France en 2021

La France compte au total 201 ressourceries : elles ont récupéré 52 000 tonnes d'objets en 2021, dont 38% ont pu être réemployés, selon le Réseau national des ressourceries et recycleries.

Le local a été proposé pour un bail de trois mois renouvelable par le centre commercial situé en bord de mer, qui accueille jusqu'à 10 millions de visiteurs par an. Il avait déjà accueilli une initiative similaire entre juillet 2020 et début 2022 avec Frip'Insertion, une friperie du mouvement Emmaüs et Hospitalité Pour les Femmes.

"Ce n'est pas du greenwashing (verdissement de façade, Ndlr)", soutient Marie Canton, directrice du centre commercial, qui dit vouloir proposer à ses clients un moyen de "faire des cadeaux différemment".

"C'est indispensable que les centres commerciaux se positionnent sur ce type de consommation", poursuit-elle, alors que la seconde main, popularisée par des sites comme Vinted ou Le Bon Coin, grappille chaque année des parts de marché sur le neuf.

Donner le goût de l'occasion

Tous ne sont pas prêts pour autant à offrir de l'occasion. "J'aurais un peu de mal", "je fais un blocage", confessent des clients du centre commercial.

"Surtout pour les enfants, je préfère le neuf, c'est plus propre", soutient Gilbert Ledoux, 58 ans, qui est pourtant un chineur aguerri.

Quelques clients ont sauté le pas, comme Claire Lizée, qui a choisi des petits pots en argent pour offrir à ses parents. "Les ressourceries normalement ça pue un peu et les vêtements sont froissés, ça peut rebuter. Là, c'est beaucoup mieux présenté", se réjouit cette habituée des achats d'occasion, qui cherche à limiter son impact environnemental.

Pour cette boutique éphémère, les quatre ressourceries ont fait un effort : "On envoie nos plus belles choses pour donner envie et rassurer les gens qui ne connaissent pas", explique Adrien Detomasi, l'un des responsables du magasin.

L'inflation pourrait aussi tourner à leur avantage. "Si ça augmente de plus en plus, même pour un cadeau je vais acheter beaucoup plus d'occasion", assure Chiara Febbraro, une adolescente de 14 ans, qui a tout de même les bras chargés de maquillage et de vêtements neufs achetés dans d'autres boutiques.

Dans la ressourcerie, qui ne désemplit pas, le panier moyen est d'un peu moins de 10 euros, avec une centaine de passages en caisse par jour. Une goutte d'eau à l'échelle du centre commercial, qui enregistre un panier moyen à 127 euros pour l'ensemble de ses 190 boutiques et un chiffre d'affaires d'environ 230 millions d'euros par an, dont plus de 13% sont réalisé sur la période de Noël.

Avec AFP.

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