Dossier

La Petite Rockette : la récup’ à l’œuvre

Delphine Terlizzi, coordinatrice de La Petite Roquette.
©CamilleDufétel/ID

Parmi les 28 recycleries et ressourceries présentes en Île-de-France, ID s’est rendu à La Petite Rockette, dans le 11e arrondissement de Paris, afin de comprendre son fonctionnement.

La coordinatrice de La Petite Rockette, Delphine Terlizzi, a accepté de répondre à nos questions. Elle estime que les Français sont de plus en plus prêts à redonner une seconde vie à leurs objets.

Depuis quand La Petite Rockette existe-t-elle et en quoi consiste-t-elle ?

DT : La Petit Rockette existe depuis 2006, mais le projet « ressourcerie » en son sein a été monté il y a cinq ans, car ce n’était pas sa vocation première, on faisait de l’accueil de gens dans la rue avec une mise à disposition d’espaces culturels pour des compagnies. On a un café atelier qui existe depuis trois ans et un atelier vélo depuis le mois de mai. Après plusieurs déménagements, on est arrivés ici [ndlr : au 125, rue du Chemin Vert, 11e]. Les gens du quartier viennent déposer des objets dont ils n’ont plus l’utilité ou dont ils n’ont plus envie, en bon ou en mauvais état. Même s’ils sont en mauvais état, on s’occupe de les mettre dans la bonne filière de recyclage. On n’écrème pas à la base de la collecte.

Que recevez-vous surtout ?

On pèse tous nos objets et la plus grosse catégorie c’est le textile à 40 %, ensuite c’est la vaisselle, les objets décoratifs, le mobilier, puis les jouets, les livres et les objets électriques et électroniques… On ne prend pas les matériaux ni les matelas pour des raisons d’hygiène et de place, et pas les produits dangereux non plus. Tous ces objets vont ensuite à leur poste et sont triés par des salariés et des bénévoles. En dehors des filières de recyclage, on fait beaucoup de dons aussi, 25 tonnes l’an dernier aux associations et aux particuliers : des gens viennent d’un organisme social avec un papier disant qu’ils sont dans le besoin et on les rhabille de la tête aux pieds. On a aussi un projet spécifique pour les mamans qui viennent d’accoucher, on fournit du matériel de puériculture. Le but est toujours d’éviter la poubelle.

Combien de tonnes d’objets et de textiles récupérez-vous chaque année, et quelle part sauvez-vous ?

On reçoit environ 250 tonnes par année, on a environ une tonne d’objets qui rentrent par jour. Beaucoup de gens apportent des affaires mais on a aussi beaucoup de clients : on revend tout ça à bas prix pour évacuer un maximum d’affaires, on ne peut pas tout stocker. Notre taux de revalorisation est de 90 %, donc 10 % de poubelle pure.

Sentez-vous une augmentation de la fréquentation au fil des années, des gens plus sensibles à la réduction des déchets ?

Notre chiffre d’affaires augmente de 8 % chaque année, parce que je pense que les gens sont prêts : notre projet est concret et les gens voient ce qu’on fait de leurs produits, c’est pratique et ça contribue je pense à l’augmentation de la fréquentation. Les gens viennent de partout dans Paris et plus seulement du quartier pour déposer leurs objets ici. Nous faisons d’ailleurs aussi de la sensibilisation, c’est une des missions des ressourceries.

Le saviez-vous ?

Cette année, la mairie de Paris a soutenu quatre initiatives pour le réemploi et l’économie circulaire avec un budget de 194 000 euros : La Bricolette, dans le 10è arrondissement, Du bleu dans les yeux dans le 20e, l’atelier vélo de la Petite Rockette dans le 11e et L’atelier vélo d’Etudes et Chantiers, sous le Pont d’Arcole.

Les différentes activités de La Petite Rockette se retrouvent à l’adresse : lapetiterockette.org