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DOSSIER

"Nous recevons tous les jours des sollicitations qui nous poussent à acheter sans en avoir conscience"

Florence Clément, coordinatrice du pôle public et jeunes à l'ADEME.
©DR

Florence Clément est coordinatrice du pôle public et jeunes à l’ADEME, partenaire de notre guide Idées Pratiques consacré à l’écologie à la maison. À l’heure où la “transition” est sur toutes les lèvres, les Français sont-ils prêts à reprendre le contrôle de leur quotidien ? Entretien.  

On n’a sans doute jamais autant parlé de consommation responsable, est-ce que les choses changent vraiment dans les comportements ? 

Les consommateurs sont de plus en plus conscients des impacts environnementaux de leurs achats et souhaitent en effet consommer des produits plus respectueux de l’environnement et de leur santé. Ils répondent souvent positivement quand l’offre de produits est disponible dans une large gamme de prix et de marques. Ils semblent également prêts à consommer moins mais mieux. Une récente étude de l’ADEME montre d’ailleurs que pour plus de 4 Français sur 5, la protection de l’environnement représente un critère d’achat important ou essentiel après la qualité du produit, le prix et l’impact sur la santé. 

Le baromètre de la consommation responsable affirme lui aussi que les citoyens sont en train de transformer leur rapport à la consommation. 67 % des personnes interrogées déclarent d’ores et déjà acheter moins et avoir changé certaines de leurs pratiques et 57 % qu’il faut changer notre modèle de consommation. 

On achète 60 % de vêtements de plus qu’il y a 15 ans et on les garde deux fois moins longtemps.

Pourtant, on observe dans le même temps que certains secteurs ne bénéficient pas encore de cette prise de conscience. Poussés par le marketing, la publicité et les offres promotionnelles, les citoyens continuent de renouveler fréquemment des produits qui fonctionnement pourtant encore ; par exemple, 88 % des Français remplacent leur téléphone portable alors que l’ancien fonctionne encore. Autre exemple, on achète 60 % de vêtements de plus qu’il y a 15 ans et on les garde deux fois moins longtemps. Il existe donc encore une belle marge de progrès ! 

Sommes-nous à armes égales pour résister à un modèle de société basé sur l’avoir ?  

Depuis les années 60, notre modèle de consommation s’est développé pour nous offrir toujours plus de produits et services. Les techniques pour capter l’attention des consommateurs et les encourager à la consommation se sont affinées. Nous recevons tous les jours et à travers de nombreux canaux des sollicitations qui nous poussent à acheter ou renouveler des biens sans même que nous en ayons conscience. Certaines ventes flash nous encouragent de plus à choisir vite, ne laissant que peu de temps à la réflexion, proposant des possibilités de retours gratuits et tout cela ne fait en réalité que générer de la surconsommation. 

59 % des Français récupèrent, réutilisent, réparent déjà des produits ou matériaux.

Les consommateurs subissent souvent ces techniques de marketing et ne sont pas toujours conscients des impacts environnementaux et sociaux de leurs achats. Nous ne sommes clairement pas tous égaux devant un modèle qui nous propose le bonheur dans la possession. 

Réparer, chiner, réutiliser… Ce sont vraiment des gestes faciles alors que le temps manque au quotidien pour nombre d’entre nous ? 

Ces pratiques séduisent de plus en plus de monde. 59 % des Français récupèrent, réutilisent, réparent déjà des produits ou matériaux (Baromètre de la consommation responsable 2019). C’est pour un certain nombre même un plaisir ! 

Cependant, on note encore des freins pour que les citoyens réparent plus leurs objets. 81 % d’entre eux ont pourtant une bonne image de la réparation mais le passage à l’action reste encore assez faible car ils jugent le coût de la réparation non-incitatif par rapport au prix du produit neuf, ne souhaitent pas attendre trop longtemps pour récupérer un produit en fonctionnement et bien souvent ils manquent d’informations sur la réparation et pour trouver un réparateur. 

Les choses devraient s’arranger car il devient de plus en plus facile de trouver des solutions pour éviter de jeter et apprendre à réparer soi-même, en participant par exemple à des Repair cafés. Pour faciliter la recherche d’information des particuliers, l’ADEME a développé un site internet qui est une mine de bons conseils et de bonnes adresses : longuevieauxobjets.gouv.fr 

L’occasion fait un peu peur au grand public, non ? 

Ça c’était avant ! L’occasion a le vent en poupe. Des sites Internet, les magasins vintage, les ventes d’occasion en magasins qui ne proposaient auparavant que des objets neufs… Toutes ces solutions permettent de trouver de nombreux produits encore en très bon état. Désormais, de nombreux Français se tournent aussi vers des produits reconditionnés plutôt que vers le neuf, pour acheter un téléphone portable par exemple. 

Ces derniers temps, les Français ont également marqué leur intérêt pour le DIY et la remise à neuf ou la customisation d’objets qui reprennent ainsi une deuxième vie. 

Le marketing des objets nous a complètement déconnecté de leur réalité : ressources naturelles, lieux de production, conditions de fabrication… ? 

Pour mesurer les impacts environnementaux de nos objets, il faut prendre le temps de fouiller et d’explorer plusieurs sites mais on n’en a pas toujours le temps. 

Plusieurs marques de distributeurs ont développé une gamme étendue de produits labellisés proposés à des prix parfois moins élevés que les produits de marques nationales. 

Pourtant, savoir que 3/4 des impacts environnementaux d’un téléphone portable sont dus à sa fabrication, permettrait peut-être à de nombreuses personnes de s’accorder un temps de réflexion supplémentaire avant de céder à un coup de cœur. 

Pour aider les citoyens à y voir plus clair, l’ADEME propose de nombreuses explications et des pistes d’achats sur son site Internet https://agirpourlatransition.ademe.fr/particuliers/conso. En aidant les consommateurs à être mieux informés, nous pouvons les aider à mieux choisir, sans céder aux sirènes de la publicité et du marketing. 

On nous suggère souvent de favoriser la présence de labels pour faire nos choix de consommateurs, n’est-ce pas une proposition pour les plus aisés d’entre nous ? 

Cette idée que des produits porteurs de labels environnementaux sont forcément plus chers est fausse. Il existe de nombreux labels environnementaux et ils sont disponibles sur de nombreux produits et dans toutes les gammes de prix. Plusieurs marques de distributeurs ont développé une gamme étendue de produits labellisés proposés à des prix parfois moins élevés que les produits de marques nationales. 

De plus, pour équilibrer son budget alimentation par exemple, d’autres gestes écologiques sont à la portée de tous : consommer local et de saison permet souvent de profiter de produits savoureux et à moindre prix, manger moins de viande et plus de légumineuses permet aussi d’équilibrer son budget. 

Les Français montrent d’ailleurs de plus en plus d’intérêt pour les produits qui portent un label. Selon une étude de l’ADEME, près d’un quart des Français (23 %) considèrent que la présence d’un label (label de qualité, biologique, équitable, biologique, ou environnemental) est essentielle au moment du choix quand ils achètent un produit non alimentaire et 55 % estiment par ailleurs que c’est important mais pas essentiel. Les Français sont finalement très nombreux (78 % en cumulant les items "essentiels" et "importants mais pas essentiels") à accorder de l’importance à la présence d’un label lors des achats de produits non alimentaires. 

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