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Ne jetez plus vos brosses à dents : Terracycle les recycle !

©Evgeny Atamanenko/Shutterstock

Signal, la marque de produits destinés à l’hygiène bucco-dentaire, s’est associé à TerraCycle - entreprise spécialisée dans le traitement des déchets difficiles à recycler - en acceptant de sponsoriser la création d’une nouvelle filière de recyclage en France : celle des brosses à dents et des tubes de dentifrice. 

"C’était LE produit" qu'il fallait recycler. Les brosses à dents, comme les tubes de dentifrice sont des déchets plastiques dits "complexes". L'association de TerraCycle - entreprise spécialisée dans le recyclage - et Signal - marque spécialisée dans les produits d'hygiène bucco-dentaire - offre désormais la possibilité de traiter ces déchets qui, jusqu’ici, n’étaient pas recyclés.

Ce partenariat s’inscrit à la fois dans une dimension écologique mais aussi solidaire."

Comment ce nouveau programme va-t-il fonctionner ? ID a posé la question à Julien Tremblin, directeur des partenariats pour TerraCycle Europe.

Sur quoi repose le nouveau partenariat entre Signal et TerraCycle ?

Nous nous sommes associés pour créer un programme de recyclage national qui permettra aux français de recycler leurs brosses à dents et leurs tubes de dentifrice : Signal sponsorise la création de cette première filière. Le programme fonctionnera grâce à des points de collecte créés bénévolement par des citoyens volontaires qui collecteront les déchets de leur communauté et nous les enverrons. Les personnes s’inscrivent sur la base du volontariat sur notre site et notre équipe sélectionne ensuite ceux qui sont les plus accessibles en termes de distance et d’horaires d’ouverture. Des cabinets de dentaires auront par exemple la possibilité de s’inscrire en tant que points de collecte, il y aura également sûrement des écoles, des associations et pourquoi pas des entreprises. De plus, comme dans les autres programmes de TerraCycle, nous offrons aux participants des bons points, convertibles en dons pour les associations caritatives de leur choix. Ce partenariat s’inscrit donc à la fois dans une dimension écologique mais aussi solidaire.

Pourquoi ces produits n’étaient jusqu’ici pas recyclés ?

Le problème repose sur la différence entre un déchet "simple" et un déchet "complexe". C’est une question de mélange de différents matériaux. La brosse à dents par exemple pourrait être recyclée sans les fibres qui servent à brosser les dents. TerraCycle prend en charge ce genre de déchets car nous avons la capacité, en travaillant avec des recycleurs efficaces, d’utiliser des caisses de flottaison qui nous permettent de séparer les différents matériaux pour pouvoir ensuite les recycler. En ce qui concerne les plastiques "flexibles", comme les tubes de dentifrice, le problème repose avant tout sur une question de rentabilité. Les flexibles sont difficiles à recycler dans le sens où il faut trouver des débouchés. 

Que deviennent donc les brosses à dents et les tubes de dentifrice une fois recyclés ?

Les brosses à dents sont transformées en granules de plastique et les emballages flexibles des tubes de dentifrice nous permettent de créer de la matière agglomérée. Ces matériaux peuvent ensuite être utilisés dans des techniques de moulage ou d’extrusion et être transformés en mobilier urbain ou en matériaux de construction. L’utilisation durable du plastique recyclé permet d’éviter l’utilisation de plastique dit "vierge".

Il s’agit d’un cercle vertueux : plus il y aura de volume, plus le programme sera efficace et plus nous pourrons recycler à terme."

Pouvez-vous nous donner des précisions sur la répartition des points de collecte sur le territoire français ? 

Les 500 points de collecte qui seront installés nous permettrons d’avoir une importante couverture géographique. Nous l’avons expérimenté lors de nos autres programmes de recyclage : les Français auront accès à un point de collecte à moins de 15 kilomètres en moyenne de leur lieu de résidence. Notre ambition est de recycler le plus localement possible. Nous sommes actuellement dans la phase de mise en place du réseau. Nos programmes sont de petites tailles au début, mais pour ceux qui ont déjà plusieurs années nous sommes passés de quelques tonnes de déchets à plusieurs centaines de tonnes recyclées, notamment pour les capsules de café par exemple. Si l’engouement des consommateurs est au rendez-vous - ce que nous espérons car c’était LE produit qu’ils demandaient le plus à faire recycler - cela va nous permettre de trier des gros volumes et donc de créer des économies d’échelle, sur le transport et le stockage par exemple. Il s’agit d’un cercle vertueux : plus il y aura de volume, plus le programme sera efficace et plus nous pourrons recycler à terme.

Comment s’articulent les enjeux d’impact environnemental et de stratégie de marketing pour les marques ? 

Évidemment, il est toujours important pour entreprise d’être vue comme actrice de l’innovation en matière de recyclage. Notre approche à TerraCycle est collaborative : nous travaillons avec les entreprises qui souhaitent faire la différence. Nous souhaitons inciter le plus de marques possibles à faire cette transition écologique : elles doivent s’assurer que leurs produits soient recyclés et doivent être actrices de la création d’une filière qui, à terme, doit intéresser les autorités locales et pourrait être intégrée dans les nouvelles consignes de tri qui apparaîtront dans cinq, dix, vingt ans peut-être. 

Le descriptif complet du programme ainsi que la carte interactive des points de collecte sont à retrouver sur le site de TerraCycle

Voici la chronique du Social Lab sur France Inter :