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"Ma Bouteille s’appelle Reviens" : la Drôme et l'Ardèche misent sur la consigne du verre !

©Ma Bouteille s'appelle reviens

Ma Bouteille s’appelle Reviens propose ses services de collecte et de lavage de bouteilles, à partir de mai prochain, dans la Drôme et en Ardèche. Cette consigne est organisée avec des producteurs locaux pour encourager, en prime, les circuits courts.  

Les acteurs du timide renouveau de la consigne en France ont le sens de l’humour. L’entreprise Jean Bouteille a démarré à Lille. Aujourd'hui, elle est présente partout dans l’Hexagone avec une marque en forme de joli jeu de mots. Et voilà que dans la Drôme et en Ardèche, on nous annonce pour ce printemps la naissance d’un service de consigne nommé « Ma bouteille s’appelle reviens ! ». Le message est clair et sympathique.

Réutiliser au lieu de recycler : une évidence

L’association Locaverre, qui porte le projet drômois et ardéchois, rassemble des producteurs et consommateurs de la région qui trouvent que le recyclage du verre a quelque chose d’absurde. « Vous savez ce qu’on fait aujourd’hui avec une bouteille en verre vide ?, soulignent-ils. On la jette, on la brise en petits morceaux, on la met dans un four à 1 500 °C, on la fait fondre, on récupère la matière, on la place dans des moules, on refroidit le tout et au final, qu’obtient-on ? Une nouvelle bouteille vide ! »

Les avantages de la consigne, comparée au recyclage, sont régulièrement démontrés. En octobre 2018 par exemple, une étude de l’Ademe analysait 10 systèmes de consigne en France en comptant notamment les dépenses d’eau et d’énergie nécessaires au lavage, au transport. L’impact global était positif.

Ma Bouteille s’appelle Reviens propose donc aux consommateurs de rapporter la bouteille au point de vente après usage. Elle sera lavée puis revendue au producteur. Le service démarre au mois de mai avec 12 magasins et 25 producteurs, tous locaux, de bière artisanale, de jus de fruits et de vin.

Un beau potentiel

L’objectif est évidemment de réduire les dépenses énergétiques liées au traitement du verre, mais aussi de promouvoir l’agriculture locale et les circuits courts. Et il y a de quoi faire sur ce territoire : 15 millions de bouteilles y sont produites et consommées localement chaque année. Locaverre a calculé que l’activité serait rentable en atteignant 10 % de ce potentiel. À la clé, entre 7 et 10 emplois seront créés, dont une partie pour des personnes en insertion.

Une campagne de crowdfunding est en cours pour soutenir la démarche. Elle a déjà atteint un premier objectif de 5000 euros. Cela va permettre à Ma Bouteille s’appelle Reviens d’investir dans des caisses de collecte dotées du logo de la marque. Si le deuxième palier de 8000 euros est dépassé, l'entreprise s’équipera d’un outil de lavage de pots et pourra ainsi proposer son service de consigne pour les yaourts, les confitures, le miel, etc. Et ça ferait encore moins de verre brisé.

Que pensez-vous de la généralisation de la consigne en France ?

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