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Lundi vert : "En France, il y a une sorte de rapport métaphysique à la viande"

Laurent Begue-Shankland, co-initiateur du projet "Lundi vert" en France
©DR

Dans deux semaines, tous les restaurants universitaires de France rejoindront le "lundi vert" en France. Ce principe est assez simple : il consiste à ne manger ni viande, ni poisson, une fois par semaine, le lundi. Entretien avec le co-initiateur de ce mouvement, Laurent Bègue-Shankland.     

Comment vous est venue cette idée de projet "lundi vert"? 

C'est avec Nicolas Treich que nous avons coordonné, en janvier, l'appel pour un lundi vert, cela grâce à la signature de 500 personnalités issues de divers domaines. Cet appel est inspiré du meatless monday, un projet présent dans une quarantaine de pays et qui consiste à modifier son alimentation une fois par semaine. 

Quel est le but de cette initiative? 

L'idée est de modifier son alimentation et de remplacer la viande et le poisson par une alimentation végétale. La mise en œuvre en France est partie d'un projet de recherches consistant à suivre des personnes inscrites sur le site lundi-vert.fr afin de mieux cerner leurs profils et de déterminer les facteurs qui favorisent le maintien du changement.

Quand est-ce qu'aura lieu le lancement du "lundi vert" dans les restaurants universitaires ? 

Le lancement officiel se fera le 11 octobre prochain, ce n'est pas un lundi pour des raisons d'organisations. Le réel lundi vert, commencera le 14 octobre dans tous les restaurants universitaires. Le 11 octobre, il y aura un programme de conférences proposé pour développer une sorte de doctrine douce autour de la légitimité à manger moins de viande et à découvrir une autre alimentation.

Avez-vous un premier bilan qui évalue la démarche en France?

Oui, on a un premier bilan qui décrit la structure de la population qui s'est impliquée. Il y a tout d'abord les personnes qui se sont connectées sur le site internet : cette partie représente environ 25 000 personnes. En parallèle, une enquête générale a été réalisée auprès de 2 000 citoyens dans le but de déterminer le pourcentage de gens ayant entendu parler de ce projet. Celui-ci s'évalue à environ 50 %. Quant aux personnes qui ont décidé de mettre en œuvre cette initiative, celle-ci représenterait environ 10,5 % de la population. 

Le but serait de généraliser ce genre de projet.

Les résultats de cette enquête vous laissent-ils entendre que les Français pourraient-être plus sensibles à leur alimentation?

Oui, les Français sont très réceptifs à ce genre d'initiative. L'avantage du projet "lundi vert", est qu'il est relativement facile à mettre en œuvre et est plutôt rassurant. Le but serait, plus tard, de généraliser ce genre de projet. C'est pourquoi, dans quelques semaines, se tiendra un événement important : toute la restauration universitaire française proposera chaque lundi un menu végétarien aux étudiants. C'est une manière d'initier les jeunes à une alimentation différente et qui sort de leur cadre habituel. 

L'idée principale est de leur donner envie sans leur forcer la main. 

Les repas proposés lors du "lundi vert" ne seront pas uniquement végétariens ? 

L'idée du "lundi vert" est de proposer une option végétarienne pour la mettre en valeur et la rendre plus attractive mais sans pour autant obliger les personnes à la prendre. L'idée principale est de leur donner envie sans leur forcer la main. 

La population visée est-elle selon vous très investie sur la question de l'écologie ?

Oui, les étudiants sont très sensibles à la question de l'écologie. Il y a une dimension générationnelle beaucoup prise en compte également. Les jeunes sont très en phase avec les réseaux sociaux et se sont eux-mêmes emparés de ces questions. Par ailleurs, les étudiants inscrits sur le site lundi-vert.fr auront la possibilité, grâce à un simple clic, de demander à être suivis chaque semaine. 

Aviez-vous anticipé la passion française du "pour ou contre" la consommation de viande ? 

Oui, en France, il y a une sorte de dévotion, de rapport métaphysique à la viande. Il n'est donc pas surprenant qu'il y ait des résistances, même si la proposition du "lundi vert" est seulement de mettre en place une alimentation végétale dans le but de la découvrir. Ce n'est pas un combat pour une alimentation végétale générale. Nous pensons qu'il est intéressant de proposer un changement progressif. En France, s'attaquer à la viande c'est comme s'attaquer à un édifice sacré. Aujourd'hui encore, la viande est au cœur de l'assiette mais ceux qui ont essayé autre chose ne sont pas pour autant déçus. 

Une interview réalisée en partenariat avec France Inter. Pour écouter la chronique Social Lab, c'est par ici : 

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