Chronique "Rien de neuf"

Rien de neuf en février : peut-on tout réparer ?

L'atelier de René, à La Recyclerie, Paris 18e
©Gaëlle Coudert/ID

L'association Zero Waste France a lancé le défi "Rien de neuf" en début d'année. L'objectif : n'acheter aucun objet neuf en 2018. Gaëlle, notre rédactrice en chef, a décidé de se lancer et de faire le point chaque mois sur son expérience.

Deux mois de défi "Rien de neuf". Pour l'instant, je tiens le coup. Ce n'est pas faute d'avoir eu de terribles obstacles à affronter. La panne du chargeur de piles de la rédaction par exemple... Ou l'anéantissement de mon parapluie, achevé par une grosse bourrasque de vent. Plutôt que d'en racheter - et c'est clairement ce que j'aurais fait il y a seulement quelques semaines - j'ai décidé de tenter l'aventure de la réparation. Ca ne doit pas être si compliqué...

Donner une seconde vie à ses objets

Direction La Recyclerie, dans le 18e arrondissement de Paris. Un lieu collaboratif, où l'on peut notamment trouver "l'atelier de René". Un espace réservé au bricolage, pour faire réparer ou réparer soi-même toutes sortes d'objets, voire emprunter du matériel : perceuses à percussion, ponceuses ou scies circulaires, entre autres, sont à disposition. Pour pouvoir en bénéficier, il suffit de devenir membre de l'"association des amis recycleurs", au tarif de 25 euros par an. Les non-adhérents peuvent également venir faire réparer leurs objets défectueux, pour 5 à 15 euros, plus le prix de la pièce à changer. Aujourd'hui, Thierry est aux manettes. Installé au fond de l'atelier, entre les grille-pains, machines à expresso et autres appareils mal-en-point. Il ausculte mon chargeur de piles, après l'avoir démonté, et m'explique quel est le problème. La LED est fendue, et comme elle est conductrice dans le circuit de l'appareil, plus rien ne marche. Il faudrait la changer, mais je n'ai pas de chance, Thierry n'a pas la LED qu'il me faut. Retour à la case départ.

Je ne désespère pas, il doit y avoir quelques bribes de souvenirs de soudure et de circuits imprimés au fond de ma mémoire, datant des cours de techno de troisième ? Ce sera même l'occasion de tester d'autres solutions de réparation, pourquoi pas via l'association Repair Café, qui organise des ateliers pour réparer ou faire réparer gratuitement, en compagnie d'experts bénévoles, ses objets en mauvais état. Ou bien les tutoriels que l'on peut trouver sur Internet : sur le site de Spareka par exemple ou sur la plateforme SOSav. Autre option : solliciter ses voisins bricoleurs grâce au site Allovoisins. Affaire à suivre...

La réparation du parapluie, plus simple, a été un succès. Un peu d'huile de coude et d'huile tout court ont suffi à le remettre droit.

Irréparable obsolescence

Mais le sort s'acharne et les obstacles s'enchainent ! Il n'y a plus de lumière dans mon salon... Toutes les ampoules ont grillé en même temps. J'aimerais bien trouver une solution pour éviter d'en acheter des neuves, mais ça risque d'être compliqué. A priori, une ampoule, ça ne se répare pas...

Dommage, elles ont tendance à ne pas faire long feu. Encore une victime directe de l'obsolescence programmée. L'ampoule est même souvent citée comme l'un des premiers cas d'obsolescence programmée, qui serait issu de l'accord de plusieurs fabricants de lampes, en 1924, de limiter la durée de vie de leurs ampoules à 1000 heures, dans l'objectif de multiplier leurs profits. On parle du "cartel de Phoebus". C'est bien frustrant en tout cas, quand on voit qu'en réalité elles pourraient durer bien plus longtemps. La preuve : l'ampoule de la caserne de Livermore, en Californie, qui brille depuis bientôt 120 ans. Un record homologué par le livre Guinness des records.

En attendant que les ampoules ne se retrouvent sur le banc des accusés comme les cartouches d'encre ou les iPhones - l'association Halte à l'obsolescence programmée ayant porté plainte contre Apple et plusieurs fabricants d'imprimantes pour délit d'obsolescence programmée - je vais tout de même tenter d'acheter les ampoules les plus écologiques et économiques possibles. D'après le guide proposé par l'UFC Que choisir, il faut privilégier les ampoules à LED, qui durent bien plus longtemps que les ampoules classiques et consomment 10 fois moins d’électricité que celles à incandescence, 6 à 8 fois moins que les halogènes.

A part ce petit écart - difficilement surmontable - février a été un succès. Je me demande déjà quels terribles obstacles la société de consommation me réserve pour le mois prochain !

A lire aussi
Poster un commentaire
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.
Déjà membre ? Je me connecte.
Je ne suis pas encore membre, Je crée mon compte.