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Anti-gaspi : un producteur d'abricots ardéchois organise un ramasse solidaire de fruits grêlés

©Mathia Coco/Shutterstock

Un exploitant de Glun en Ardèche fait don de sa récolte à des associations. Les fruits sont invendables en l’état mais tout à fait consommables.

Le 15 juin 2019, un orage de grêle s’abat en France du Massif central jusqu’aux Alpes : la Drôme et sa voisine l’Ardèche sont particulièrement touchées. Régis Gonnet produit des abricots à Glun en bord de Rhône. Sa récolte est en partie dévastée et l’exploitant se fait vite à l’idée qu’il ne pourra pas présenter à la vente ces fruits grêlés.

Une récolte engagée

Il est nécessaire de récolter les fruits pour soulager les arbres qui souffriraient s’ils pourrissent dessus. Autant que cette récolte soit optimisée. Régis, après s’être entretenu avec ses collègues de la Confédération Paysanne, décide d’en faire don. Les restos du cœur, le Secours populaire ainsi que les banques alimentaires et d’autres associations locales sont mobilisées. Les bénévoles deviennent cueilleurs le temps d’une récolte qui affiche 2 tonnes sur la balance. Ces abricots seront ensuite redistribués pour être consommés tels quel ou transformés en confiture.

Martine Fortin, bénévole dans l’association Réseau Éducation Sans Frontière et amie de Régis Gonnet, dénonce dans son interview à France Bleue le "gaspillage organisé par les circuits de vente habituels". Si l’on prend en considération qu'en 2018, d'après l'observatoire des inégalités, 14 % de la population en France, vit sous le seuil de pauvreté, on imagine aisément qu’un tel gâchis alimentaire pourrait être bénéfique à un grand nombre. 

Abîmés mais pas mauvais

Sous prétexte que les fruits sont abîmés, ils ne peuvent être sélectionnés pour la vente, surtout dans la grande distribution. Dans cette logique, les producteurs rivalisent d’idées pour conserver les denrées fragiles en utilisant, par exemple, des produits ou cires sur les fruits et légumes. Ces procédés inquiètent l’opinion publique qui s’interroge sur leur éventuelle toxicité. Mais cela implique aussi que les fruits abîmés lors du transport ou, comme pour Régis, avant la récolte, ne sont pas vendables. Un manque a gagné pour le producteur mais aussi un vaste gâchis de nourriture. 

Les alternatives au circuit traditionnel 

Depuis quelques années, la généralisation des ventes en circuit-court et les prises de conscience liées aux mouvements "anti-gaspi" ont fait évoluer les usages. Des associations, des appli ou des entreprises de vente "au panier" récupèrent les fruits et légumes encore consommables mais ne pouvant être vendus pour lutter contre le gaspillage alimentaire à l'échelle du consommateur. Ils sont distribués gratuitement, transformés en confiture - à l’image des abricots ardéchois - ou vendus à moindre coût, ainsi l’anti-gaspi va de pair avec l’initiative solidaire. L’initiative a intéressé France Bleue Ardèche qui s’est rendu sur place le jour de la récolte.

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