Le changement climatique doit désormais être abordé comme un enjeu de santé publique. C'est le constat que fait la Commission paneuropéenne sur le climat et la santé. Cet organe consultatif indépendant réunissant 13 scientifiques et anciens ministres a publié son Appel à l'action le 17 mai 2026. Alors que la région paneuropéenne se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde, ces experts interpellent l'Organisation mondiale de la santé à renforcer sa réponse face aux impacts sanitaires du dérèglement climatique.
Selon la Commission, la pollution atmosphérique liée aux énergies fossiles provoque chaque année plus de 600 000 décès dans la région. Les particules fines aggravent notamment les maladies respiratoires et cardiovasculaires, tout en augmentant les risques de cancers. La chaleur, qui frappe de plus en plus le Vieux Continent en été, affecte également la santé de la population. Le changement climatique aurait été responsable de près de 70 % des décès associés aux vagues de chaleur estivales dans 854 villes européennes en 2025.
Un changement de paradigme politique
Face à un lien de plus en plus difficile à ignorer entre climat et santé, les discours politiques tendent à évoluer. C’est notamment le cas en France avec le "One Health Summit" le 7 avril à Lyon. Organisé par l'État français, cet événement a mis en avant l'idée d'une santé commune : le "One Health". Ainsi, les santés humaine, animale et environnementale sont étroitement liées. Cette approche appelle donc à des politiques publiques plus transversales pour prévenir les crises sanitaires et écologiques.
Si le terme fait beaucoup parler aujourd'hui, il n'est pourtant pas nouveau. "C'est un concept très à la mode en politique depuis quelques années", explique Jean-Yves Madec, directeur scientifique à l'Anses, au journal Libération. "Il y a eu un déclic au moment du Covid. Mais beaucoup de scientifiques avaient déjà en tête qu'un être vivant en bonne santé ne peut l'être que si ce qui l'entoure est aussi en bonne santé", poursuit-il.
Des engagements encore insuffisants
Dans ce contexte, l'assemblée générale des Nations unies a adopté, mercredi 20 mai, une résolution portée par des États insulaires sur le respect des engagements internationaux dans la lutte contre le réchauffement. "Cette résolution vise à traduire la clarté juridique en action politique", s'en réjouit Shiva Gounden, responsable de Greenpeace Australie Pacifique.
Les petits États insulaires, particulièrement exposés à la destruction des écosystèmes et aux catastrophes climatiques, espèrent ainsi accentuer la pression sur les grandes puissances émettrices de gaz à effet de serre. Pour ces territoires vulnérables, l'inaction climatique menace directement la santé et les conditions de vie des populations. Alors que les alertes scientifiques se multiplient, la reconnaissance du changement climatique comme urgence sanitaire pourrait transformer la manière dont les États abordent la crise écologique.