Des banques centrales et superviseurs financiers montrent dans un vaste rapport publié mardi que la multiplication des événements climatiques extrêmes coûte cher à l'économie mondiale.
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Climat

Les événements climatiques extrêmes pèsent sur le système financier, alertent des banques centrales

Incendies, tempêtes, sécheresses : des banques centrales et superviseurs financiers montrent dans un vaste rapport publié mardi que la multiplication des événements climatiques extrêmes coûte cher à l'économie mondiale et pénalise les systèmes financiers, appelant à "accompagner la transition".

Le réseau de banques centrales et superviseurs pour verdir le système financier, le Network for Greening the Financial System (NGFS), a étudié les impacts économiques et financiers d'événements climatiques extrêmes dans 28 pays, entre 2015 et 2025. "Les études de cas montrent systématiquement que les événements climatiques extrêmes affectent la production, l'emploi et les prix", selon un communiqué.

Les effets inflationnistes peuvent atteindre jusqu'à 17 points de pourcentage, tandis que les impacts annuels estimés sur le PIB varient de 0,03 % à 57 %, "reflétant les différences d'exposition, de structure économique et de résilience" des différents pays. "L'analyse souligne également le rôle des retombées internationales, à travers le commerce, les chaînes de valeur et d'approvisionnement mondiales, ainsi que les liens financiers", souligne le rapport.

"Accompagner la transition vers un avenir plus durable"

Sabine Mauderer, présidente du NGFS et première vice-gouverneure de la Deutsche Bundesbank, juge que "face à l'intensification des risques climatiques, les banques centrales et les autorités de surveillance doivent continuer d'améliorer leurs méthodes d'évaluation de ces risques et accompagner la transition vers un avenir plus durable". Le rapport souligne en effet que "les scénarios du NGFS montrent que les risques physiques (...) devraient augmenter avec le temps. Ceci souligne l'importance de développer des approches de gestion des risques prospectives afin de mieux mesurer et anticiper l'ampleur des impacts futurs". 

"À long terme, la réduction des impacts des événements climatiques extrêmes nécessitera de limiter le réchauffement climatique", est-il encore indiqué. Sabine Mauderer sera remplacée à la tête du NGFS par Olaf Sleijpen, président de la banque centrale néerlandaise. Le NGFS regroupe 171 membres et observateurs.

La Réserve fédérale américaine, banque centrale de la première économie du monde les Etats-Unis, était sortie en janvier 2025 du NGFS, qu'elle avait rejoint en décembre 2020. Et depuis le mois d'octobre, les agences de régulation des Etats-Unis, dont la Fed, ont supprimé une série de recommandations, et depuis, les grandes banques américaines ne sont plus tenues de porter une attention particulière aux risques liés au changement climatique qui pèsent sur leur activité.

Avec AFP.