Pesticides, résistance aux antibiotiques, maladies d'origine animale… Plusieurs sujets sont abordés ce mardi 7 avril lors de la neuvième édition du One Planet Summit organisé par la France à Lyon. Ces sommets, qui réunissent des acteurs de nombreux pays, ont été lancés en 2017 à l'initiative d'Emmanuel Macron et de la Banque mondiale. L'objectif est clair : rassembler des acteurs de tous horizons afin d'accélérer les initiatives et de financer des solutions en faveur du climat et de l'environnement.
Cette année, l'événement est consacré au "One Health", un concept qui voit la santé comme un sujet global. Les humains, les plantes, les animaux domestiques et sauvages, ainsi que l'environnement sont interdépendants. Dès lors, la destruction des écosystèmes et l'effondrement de la biodiversité impactent directement nos conditions de vie. "De nombreuses maladies infectieuses affectant les humains ont des rapports étroits avec celles des animaux, qui elles-mêmes dépendent en grande partie de l'environnement dans lequel ils vivent", affirme le sociologue Emmanuel Didier, interrogé par l'ENS.
Une nouvelle découverte… ou pas
Si le terme fait beaucoup parler aujourd'hui, il n'est pourtant pas nouveau. "Le "One Health" est un concept très à la mode en politique depuis quelques années", explique Jean-Yves Madec, directeur scientifique à l'Anses, au journal Libération. "Il y a eu un déclic au moment du Covid. Mais beaucoup de scientifiques avaient déjà en tête qu'un être vivant en bonne santé ne peut l'être que si ce qui l'entoure est aussi en bonne santé", poursuit-il.
Une intuition ancienne puisque le philosophe et médecin Hippocrate évoquait déjà le lien étroit entre environnement et santé durant l'Antiquité. "Pour approfondir la médecine, il faut considérer d'abord les saisons, connaître la qualité des eaux, des vents, étudier les divers états du sol et le genre de vie des habitants", écrivait-il dans un court traité. L'approche naît toutefois en 2004 lors de la conférence "Un monde, une santé", dans un contexte de lutte contre les épidémies liées à l’environnement. Le SRAS a notamment marqué la Chine entre 2002 et 2004, affectant plus de 8 000 personnes en seulement deux mois.
"Des décisions ambitieuses"
Même si les épizooties, zoonoses et épidémies frappent fortement les populations et les économies, de nombreux acteurs souhaitent aborder la question des pesticides pendant le sommet. Alors qu'Atmo France alerte sur leur présence "dans l'air sur l'ensemble du territoire", 700 scientifiques et personnalités politiques insistent sur l'urgence de réglementer leur usage. Dans une tribune du journal Le Monde, ils appellent à "des décisions ambitieuses, à la hauteur des enjeux aujourd'hui bien documentés par la science".
En attendant, Emmanuel Macron est attendu ce mardi pour conclure le sommet. Il devrait notamment préciser les engagements de la France en matière d'environnement et de santé publique. Reste à savoir si ces annonces se traduiront rapidement par des mesures concrètes et contraignantes. Car derrière le concept de "One Health", c'est bien une transformation en profondeur des politiques publiques qui est en jeu.