Sous l'effet combiné du phénomène El Niño et du réchauffement climatique, les océans viennent de connaître leur mois de juin le plus chaud jamais enregistré.
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Climat

Chaleur record des océans : ce que cela change pour le climat

Sous l'effet combiné du phénomène El Niño et du réchauffement climatique, les océans viennent de connaître leur mois de juin le plus chaud jamais enregistré, a annoncé ce mercredi l'observatoire européen Copernicus Marine. Un nouveau record qui illustre l'accélération du dérèglement climatique. On fait le point.

Avec une température moyenne de 20,98 °C, le mois de juin devient le plus chaud jamais enregistré pour les océans, dépassant le précédent record de 20,89 °C établi en juin 2024. Cette nouvelle hausse s'inscrit dans une tendance de réchauffement de long terme, principalement liée au changement climatique, à laquelle des phénomènes naturels comme El Niño peuvent ponctuellement s'ajouter. 

Les vagues de chaleur

Dans le détail, les hausses de température de l'océan se traduisent notamment par des vagues de chaleur océaniques, des périodes prolongées durant lesquelles l'eau reste anormalement chaude. Elles peuvent survenir dans différentes régions du globe, et leur fréquence comme leur intensité ont augmenté au cours des deux dernières décennies, avec de lourdes conséquences sur les écosystèmes.

Elles favorisent également des événements climatiques extrêmes, comme les cyclones ou les fortes pluies. Selon l'IPCC, l'influence humaine est le principal facteur de l'augmentation de la température des océans observée depuis les années 1970.

La Méditerranée est la zone la plus touchée par les vagues de chaleur marine, car la région a connu un réchauffement important au cours des dernières décennies à cause de l’activité humaine.

La montée des eaux

Le réchauffement des océans contribue également à la montée du niveau de la mer. D'une part, la hausse des températures accélère la fonte des glaciers et des calottes glaciaires. D'autre part, l'eau se dilate lorsqu'elle se réchauffe, ce qui accentue encore cette élévation. Conséquence : le risque d'inondations dans les zones côtières augmente. Selon le GIEC, le niveau des océans pourrait s'élever jusqu'à 1,1 mètre d'ici à 2100 si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas fortement réduites.

Cette tendance est déjà observable. D'après les dernières données de l'Organisation météorologique mondiale, le niveau moyen de la mer a atteint un nouveau record, avec une hausse moyenne de 4,5 millimètres par an entre 2013 et 2021.

En plus d’intensifier les cyclones tropicaux, l’élévation du niveau de la mer a aggravé les phénomènes extrêmes comme les inondations, l’érosion et les glissements de terrain, qui devraient à présent se produire au moins une fois par an dans de nombreux endroits. Historiquement, ce type de phénomènes survenait une fois par siècle.

La biodiversité marine en danger

Le réchauffement des océans fragilise également la biodiversité marine. L'absorption d'une partie du dioxyde de carbone présent dans l'atmosphère entraîne une acidification des eaux, tandis que la hausse des températures favorise le blanchissement des coraux. À terme, de nombreuses espèces marines sont contraintes de migrer ou disparaissent, menaçant les ressources halieutiques, les moyens de subsistance des populations côtières et la sécurité alimentaire.

Les dernières estimations de l'Organisation des Nations Unies alertent sur le fait que plus de la moitié des espèces marines pourraient être au bord de l'extinction d'ici à 2100 si le réchauffement climatique se poursuit. Selon l'ONU, près de 60 % des écosystèmes marins de la planète sont déjà dégradés ou exploités de manière non durable. Les récifs coralliens figurent parmi les milieux les plus menacés : un réchauffement de 1,5 °C pourrait entraîner la disparition de 70 à 90 % d'entre eux, tandis qu'une hausse de 2 °C conduirait à la perte de près de la totalité des récifs, franchissant un point de non-retour.

Quelles solutions ?

Face à ces enjeux, la communauté internationale tente d'agir. L'Accord de Paris fixe notamment l'objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C par rapport à l'ère préindustrielle. De son côté, l'Union européenne s'est dotée du Pacte vert, une feuille de route visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à accélérer la transition vers une économie plus durable.

En parallèle, les scientifiques surveillent en continu la température des océans grâce aux satellites et aux réseaux de bouées. Ces observations sont essentielles pour suivre l'évolution du réchauffement climatique et mieux anticiper ses conséquences.