Un constat alarme la fédération: la consommation de produits bio reprend après des années d'inflation difficile mais les surfaces et le nombre de fermes engagées dans cette production sans pesticides ni engrais de synthèse reculent.
La Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat veut porter la part du bio à 12% des achats alimentaires d'ici 2030, contre 5,8% actuellement, et la loi ambitionne de passer les surfaces agricoles en bio de 10% à 21%.
"Plusieurs pays européens démontrent déjà qu'un tel niveau (de consommation) est accessible lorsque les politiques publiques, les acteurs économiques et les consommateurs avancent dans la même direction", explique la Maison de la Bio en préambule de ses propositions pour les candidats à la présidentielle.
"Le bio, c'est le bouclier face aux pesticides chimiques. C'est le gardien des ressources et en particulier de l'eau. On a une souveraineté plus forte (...) Et la santé, la santé environnementale et l'économie vertueuse, ce n'est pas de l'idéologie", a déclaré à l'AFP Christophe Barnouin, coprésident de la fédération, qui appelle au dialogue avec les politiques.
Prioriser l'agriculture bio
Parmi les propositions figurent deux points actuellement discutés au Sénat dans le cadre du projet de loi d'urgence agricole.
Prioriser l'agriculture bio dans les aires de captage d'eau potable - le gouvernement est favorable à ce que ce soit une solution parmi d'autres mais pas la seule - et exiger de la distribution et de la restauration qu'elles communiquent la part annuelle de leurs achats en produits "durables et de qualité".
La fédération demande aussi une "fiscalité différenciée selon l'impact écologique et social" des entreprises et l'installation d'une interprofession bio ainsi que de référents dans les ministères de l'Economie, de la Santé et de l'Education en plus de l'Agriculture.
Elle souhaite aussi un renforcement de l'Agence Bio, qui dépend du ministère de l'Agriculture et a un temps été menacée de disparition lors des débats budgétaires 2025. Depuis un changement de gouvernance, l'Agence Bio ne prend plus frontalement position sur des sujets politiques.
Parmi ses autres propositions, la fédération défend un renforcement des aides européennes de la politique agricole commune (PAC) pour le bio et l'application réelle des lois existantes sur la part du bio dans les cantines et sur les revenus des agriculteurs (Egalim).
La Maison de la Bio veut enfin généraliser l'expérimentation d'une "ordonnance" de paniers de produits bio gratuits pour les femmes enceintes, établir un indicateur sur le degré de transformation des produits, généraliser le savon bio dans les institutions et lieux publics ou encore rendre obligatoire l'éducation à l'alimentation du primaire au lycée.
Avec AFP